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Sully, OEconontics. in-i", t. III, p. o

1. Charles V avait réellement signé, quehiues heures avant sa mort, le \% septembre 1380, une ordonnance qui abolissait le droit de fouage. Secousse dit qu'elle se trouvait dans le registre E de la Chambre des comptes, détruit dans l'incendie de 1737. Un règlement de 1380, transcrit par lui à sa date, mentionne seulement le but de cette ordonnance {Ord.. t. VI, p. 534). Plus tard, il la retrouva et la publia dans le Vile volume, p. 710. Voir Froissart, liv. II, chap. lxx. Il faut lire les fortes objections de M. Vuitrv, Études sur le régime financier, t. II, p. 197.

bouche. Lémotioii tut trop profonde pour « permettre de continuer d'autorité la levée des subsides, aussi bien que pour en espérer la concession par les Etats généraux ' ». Les oncles du jeune roi essayèrent vainement, en cachant la nouvelle, de ditTérer la crise. Au retour de Reims, elle éclata avec une violence que nul ne soupçonnait : l'assemblée tumultueuse du Parloir aux Bourgeois, le discours d'un mégissier exhortant le peuple à ne plus souffrir d'impôts, le succès de son éloquence entraînant vers le Palais la foule et le prévôt des marchands, la rencontre avec le duc d'Anjou, forcé de promettre une réponse pour le lendemain, tous ces symptômes d'agitation laissaient deviner l'attitude de la population parisienne dans une lutte où elle se portait le champion de tous ceux qu'écrasait le poids des impôts.

Le lendemain (10 novembre) le peuple en masse se présenta de nouveau au Palais : il fallut céder. Le chancelier de Dormans annonça ofticiellement à la foule les concessions du roi. La fin de son discours est seule parvenue jusqu'à nous : pour la première fois un chancelier de France s'écriait : « Les rois auroient beau le nier cent fois, c'est par la volonté des peuples qu'ils régnent et c'est la force des peuples qui les rend redoutables -. »

Après cette profession de foi si nouvelle, il annonça la remise de tous les subsides sur l'entrée et la sortie des marchandises, de sorte que « dorénavant, ajoutait-il, personne ne sera plus forcé de rien payer sous prétexte d'impôt quelconque, et que chacun aura la libre faculté de vendre et d'acheter », Ces paroles furent couvertes d'applaudissements;

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