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En s"appuyant dans ces deux ordonnances sur l'avis des députas, les princes étaient bien aises d'accréditer le bruit qu'une assemblée d'États généraux s'était réunie à Paris. Il en coûtait moins à leur orgueil d'avoir fait une concession aux députés du royaume qu'à l'émeute victorieuse ; en outre, ils comptaient que le commerce, atteint dans ses espérances par le rétablissement des droits d'exportation, s'inclinerait plus aisément devant la volonté du pays que devant le caprice des oncles du roi.

Ces ordonnances furent-elles exécutées? l'histoire ne le rapporte pas. Il faut convenir que les difficultés qui entouraient alors la régence étaient grandes. Les crimes et l'inintelligence des oncles du roi ont laissé de tels souvenirs et attiré sur la France de si longues calamités qu'on a volontiers rejeté sur ces princes toutes les responsabilités. Il est juste de reconnaître que le testament de Charles V, abolissant à la dernière heure de sa vie les impôts qui lui avaient permis d'assurer l'ordre et la sécurité du royaume, rendait impossible après lui tout gouvernement régulier. Appliquer sans trouble les ordonnances de janvier et de mars 1381, qui rétablissaient les droits domaniaux, était la seule espérance qu'il fût permis aux princes de concevoir raisonnablement. Or, que pouvait la régence, réduite aux revenus du domaine? Gouverner avec de tels impôts était impraticable, et le duc d'Anjou était moins tenté que personne d'en courir l'aventure. Aussi prit-on le parti de convoquer à Paris quelques personnes influentes, évéques et nobles ', pour proposer le rétablissement pur et simple des subsides généraux. Mais il fut

1 Cum 7ionnulif sujtimsp aiicloritalis civibus nobiles et

episcopos congregavit. Relig. de Saint-Denis, lib. I, cap. x, p. 66.

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impossible aux princes (rohlcnir ce qu'ils souhaitaient. Les députés n'accordèrent qu'un droit de douze deniei'S par livre sur toutes les marchandises '. C'était déjà beaucoup. Cette décision l'ut publiée à Paris, à Rouen, à Amiens, et dans les principales villes du royaunu!. Toutefois on ne put arriver à lever l'imposition : dans la plupart des villes, elle souleva le dédain, et dans quelques-unes l'indignation la plus vive. Les bourgeois répétaient qu'on ne ferait point exécuter l'ordonnance sans verser beaucoup de sang. L'irritation des esprits força donc le duc d'Anjou à dissimuler ses projets. Il reprit lentement ses négociations avec les Parisiens. Il leur envoya successivement Jean des Marets ^ et Pierre de Villiers ^ puis il réunit de nouveau les notables. Dans le cours de l'année, il avait assemblé au moins sept fois à Paris * les personnages les plus considérables de la noblesse et de la bourgeoisie afin de chercher les moyens et de saisir le moment opportun de rétablir les impôts. L'absence du clergé, aussi bien que le caractère restreint de ces convocations, indique suffisamment que le pou-

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