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Relig. de Saint-Denis, t. IV, p

le gouvernement et qu'on avait en délinilive yrand intérêt à ménager * ».

On constate, dans cette seconde assemblée, la persistance de rUnivei'sité, qui tient à jouer un rôle politique : nous la verrons bientôt tenter une démarche plus décisive.

La querelle des princes, un instant calmée, avait repris avec plus de fureur. Paris entouré par les .\rmagnacs, les campagnes désolées, la ville réduite à la famine, tels étaient les maux qui avaient ranimé les passions. Le pouvoir était tombé aux mains les plus viles : les bouchers et les écorcheurs. maîtres pendant un an de la capitale, y avaient fait régner la terreur; les plus riches bourgeois s'étaient éloignés devant cette tyrannie démagogique qui menaçait incessamment leur vie, sous prétexte de défendre la cité. Enfin la paix d'Auxerre, en terminant la guerre civile (août 1412), laissait entrevoir le terme de tous ces maux, quand on apprit qu'une invasion anglaise allait fondre sur la France. C'en était trop pour le conseil du roi : il fit un appel désespéré à la nation, en convoquant les États généraux, oubliés depuis plus de trente ans.

Les termes dont se sert cette fois le Religieux de Saint-Denis indiquent clairement combien cette réunion difïerait des assemblées de notables, si arbitrairement composées et si légèrement consultées : ici, c'est la nation qui envoie ses vrais délégués *.

1. Bibliothèque île l'École des Charles, janv. , fév. 1845, p. 219.

2. Tandem tamen attendentes quod ad regnicolarum facilitâtes, (jitamvis tenues occusione precedentium r/uerranim, erat neeessario rccurrendum , ideo unanbniter mittere statuerunt, qui ex provinciis rer/ni cives in certo numéro auctoritate regia Parisius preciperent convenire, ut sciscitarelur ab eis quam viam tenere considèrent, tanta vicissitudine rerum perdurante. — YA

ÉTATS DE 14i:{ 24;i

Le 30 jaiiviei' 1413 (n. s.) ', l'assemblée se réunit en présence du roi, en l'hôtel Saint-Paul. Jean de Nesles, chancelier de Guyenne, prit la parole pour faire connaître les intentions du roi. Dans un long discours, il exposa la situation du royaume, la réconciliation des princes, et les nécessités do la guerre étrangère, qui contraignaient Charles YI à convoquer les députés; en un mot, il concluait en leur deman-. dant, suivant l'expression de Juvénal des Ursins, une bonne grosse taille. On accordait aux États six jours pour délibérer.

La chambre du clergé fut prête lu première : le 3 février-, les députés du clergé des provinces de Reims, de Rouen et de Lyon furent admis à développer leurs réponses. L'administration de la justice, les abus et les exactions des officiers royaux furent successivement dénoncés au roi; mais au milieu de toutes ces voix courageuses domina celle de l'abbé du Moustier-Saint-Jean (Lyon). La question des impots était le fond même du débat. Les premiers

plus loin le Religieux ne parle pas seulement des citoyens, mais des trois ordres : Multi etiam comités , barones , cum prelatunim caterva non modica, convenenint, qui de provinciis regni acciti fuerant, causam evocationis eorum atqiie burqensiuni regni audituri. Relig. de Saint-Denis, t. IV, p. 734 et p. 136.

1. Tous les députés n'étaient point encore arrivés, car, le 3 février, l'archevêque de Bourges demande un délai pour répondre, parce « qu'il y en a si peu de venus par deçà qu'il n'a peu avoir leur deliberacion; et pour ce il supplya que le roy les ait pour excusés, et dit que hier il en arriva aulcuns, avec Jesquelz il assemblera ». (Rapp. de Jean Le Roy. Bib. de l'École des Chartes, loc. cit. Voir la note suivante.)

2. Nous avons adopté la date indiquée par Jean Le Roy, procureur du roi en son hôtel, dans le curieux rapport qu'il adressa au roi sur les doléances du clergé. Ce document, tiré des archives municipales de la ville de Dijon, a été publié pour la première fois dans la Bibl. de l'École des Chartes, par M. Marion, janv., fév. 1845, p. 277.

orateurs s'étaient abstenus de la traitei', allirmant que le peuple n'avait donné aux députés que le droit d'ouïr et do rapporter (Rouen). Seul, le député de Lyon discuta hardiment la nature des iuipùts et la distribution des recettes publiques. Il déclara que la province qu'il représentait avait résolu de dire nettement au roi comment il pourrait trouver une grande finance : l'incapacité des officiers, leur cupidité, la vénalité de leurs charges, enfin leur nombre incessamment et inutilement accru, tel était le vice fondamental : « Ainsi le peuple est mangié et les finances du Roi perdues. » Réduire les gages, supprimer les pensions, empêcher le cumul, surveiller et contrôler les gestions, « mettre partout de bons prud'hommes, sans avarice, qui tendent au bien publi({ue et au proffit commun, tel est le remède ». Mais pour maintenir dans le devoir et l'honneur tous ces officiers, il faut réformer non seulement « les petits, mais les grands, et commencer par secouer la court de Parlement en mettant partout de bons officiers, experts, non affamés et qui ne soient pas gens de néant ». Enfin il termina vn parlant du luxe désordonné dont la cour donnait l'exemple *. Tel est le résumé de ce curieux discoui's, qui servit de prélude aux plaintes plus développées de l'Université. Enfin, le 9 février, le roi donna audience à l'Université et aux bourgeois dans le cloître qui entourait la cour de l'hôtel Saint-Paul '. L'Université devait parler au nom des bourge(Ms; l'iHaut de grouper en un faisceau toutes les foi'ces du tiers état, elle avait invité le Parlement à se joindi-e à elle, mais elle avait

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