‹ Histoire des États-GénérauxChapitre 136 sur 202 · Rapp. de Jean Le Roy, loc. cit · texte numérisé non relu

Rapp. de Jean Le Roy, loc. cit

2 Cu7n aida regia (,1a grand'ehainbre du Parlement) tantse

capacitatis non esset quod posset accedentihus locum dure... Relis, de Saint-Denis, t. lY, p. 739.

ÙISCOUftS DE GENTIEN 24o

essuyé un relus. « Il no convient pas, àvait-il répondu, à une cour établie pour rendra la justice au nom du roi, de se rendre partie plaignante pour la demander. Au surplus, le Parlement est toujours prêt, toutes et quantes fois il plaira au roi de choisir quelques-uns de ses membres pour s'occuper des affaires du royaume. L'Université et le corps de ville sauront bien ne faire nulle chose qui ne soit à faire *. » Cette timide réserve du Parlement de Paris est curieuse à rapprocher des hardiesses qui ont marqué la suite de son existence politique.

Ce fut M" Benoit Gentien ', savant professeur de théologie, qui porta la parole au nom de l'Université. Il commença par un pompeux éloge de la paix d'Auxerre, et lit des maux de la guerre civile une peinture qui blessa vivement le duc de Bourgogne. L'irritation des partisans du duc troubla-t-elle l'orateur? Son àme fut-elle envahie par la crainte? Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il négligea de lire des documents du plus haut intérêt, sur lesquels l'Université comptait pour émouvoir les princes : au lieu de produire l'état des pensions royales et de dénoncer exactement au roi les abus et les dilapidations dont la preuve était entre ses mains, l'orateur fit de la mauvaise situation des finances un tableau vague et déclamatoire qui produisit peu d'effet et irrita sans convaincre •'.

1. Registres du Parlement, cités par M. de Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, t. III, p. 299.

2. Religieux de l'abbaye de Saint-Denis. Il devait être député l'année suivante par rt'niversité au concile de Constance. On a prétendu qu'il était auteur de VHistoire de Charles VI.

3. « Or, de la grande et excessive mangerie des finances, Gentien n'avoit rien particularisé, ni nommé aucuns particuliers, lesquels avoient grand proftit et excessif. » ^Juvénal des Ursins, p. 248.)

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Après lui, les députés du Berry, exprimant la même opinion, insistèrent auprès du roi pour qu'il leur promît de ne point auj^menter les charges. Ij' roi y consentit, et fit répondre par son chancelier que les ordonnances préparées en conseil satisferaient à toutes les plaintes '.

A partir de ce moment, que devinrent les députés? Furent-ils congédiés? Donnèrent-ils à l'Université la mission de résumer on un corps toutes leurs remontrances? Nul document ne fournit sur ce point une lumière satisfaisante. Cependant, on sait qu'ils ne s'éloignèrent pas et que, voulant accomplir jusqu'au hout leur mandat, ils cherchèrent à surveiller de près la mise à exécution de leurs vœux. Il était facile de voir que leurs doléances n'avaient pu rien décider. Personne n'était content de la session. Le discours du docteur en théologie était l'objet de toutes les critiques : le parti do Bourgogne et la cour trouvaient « bien impertinent que des gens qui faisoient le trafic de doctrines étendissent l'autorité des classes jusqu'au gouvernement de l'État ^ ». Les bourgeois, au contraire, et, à leur tète, l'Université, pensaient que l'orateur avait obéi à un sentiment de faiblesse et trahi tous ses devoirs, en se contentant de plaintes générales dans une matière où il ne pouvait convaincre qu'en précisant les abus et en nommant publiquement ceux qui en profitaient. L'agitation des esprits était universelle : rien ne se trouvait achevé, et on sentait si bien que tout ce trouble devait avoir un prochain dénouement, que la plupart des députés demeurèrent à Paris.

En effet, la semaine ne s'était pas écoulée que

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