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Avons dernièrement commis et ordonnez certains

notables et saiges proud'hommes, de grand lecture et expérience; c'est assavoir prélats, chevaliers, docteurs et autres noz conseillers, lesquels par plusieurs journées y ont diligemment vacqué et entendu » (Préambule de la grande

ordonnance, t. X, p. 71.) Juv. des Ursins dit : « ... Ceux du Con-

EFFKT DliS REMONTRANCES 257

bail ail |)(iuv()ir du [)[us bas peuple. Les bouchers et les écorcheurs, le parti de Caboche et de Jean de ïroyes y étaient tout-puissants : rassemblant à leur gré la foule, et la trouvant toujoui's prête à aider leui's violences, tanl(H ils assiégeaient la Bastille, tant(H ils forçaient rh()tel de Guyenne. Le ii, ils parvinr(>nl jusqu'au roi, ([ui tenait son conseil. M^ Jean de ïroyes, ayant obtenu la permission de parler, s'exprima ainsi : « Très excellent prince, lorsque dernièrement nous nous sommes plaints de la négligence ([ui se fait sentir dans le gouvernement du royaume, des dilapidations de vos ofliciers de finances et des pensions excessives ([u'on paye chaque année, on a bien voulu nous répondre que Votre Majesté avait choisi des hommes de bien et d'honneur, craignant Dieu et affectionnés au bien du royaume, pour opérer de salutaires réformes dans l'Etat en se conformant de point en point aux ordonnances des rois vos prédécesseurs. Nous savons qu'ils ont composé à ce sujet un fort l)eau traité, en style très clair, et qu'ils ont divisé lesdites ordonnances par chapitres. Nous demandons humblement qu'elles soieiit publiées cette semaine au Palais, et que, pour donner plus d'éclat à cette publication, vous teniez un lit de justice sur votre trône royal, suivant la coutume de vos ancêtres K » Après avoir pris les ordres du roi, le chancelier accéda à cette requête si étrangement présentée.

Le surlendemain. 20 mai L413, le roi se rendit au

seil des dessusdicls feirent cercher, et quérir es chambre des comptes et du ïhrésor et au Chastellet, toutes les ordonnances royaulx anciennes et sur icelles eu formèrent une longue et prolixe, où il y avoit de bonnes et notables choses prinses sur les anciennes. » Juv. des Ursins, p. 319. ■1. Relig. de Saint-Denis, t. V, p. 49.

Palais, accompagné des princes. Ils porlaienl tous le chaperon blanc, signe de ralliement du parti des Caborhiens '. Le roi séant sur son trône en la chambre du l'arlement, le greffier de la cour du Châtelet lut l'ordonnance à haute et intelligible voix. Cette lecture achevée, le roi recommanda qu'elle fût strictement et inviolablement observée ; les princes et les pi-élats en firent le serment devant l'assemblée *.

Nous allons examiner en détail cette œuvre considérable, que le Religieux de Saint-Denis, malgré son horreur des agitations populaires, n'hésite pas à louer, et qu'il trouve digne d'être transmise au souvenir de la postéi'ité '.

1. Une ambassade de Gantois étant arrivée tout récemment à Paris, le parti de Jean de Troyes avait adopté, comme témoignage de l'alliance avec la ville flamande, le chaperon blanc que porlaienl les bourgeoi.s de Gand.

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