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Histoire du Languedoc, p. itii

•2'.»S ETATS DE CUARLliS VII

lui .iLiitci' 1.1 (|ii('slinii (|(> la paix avcr le (lin- de Hom--

A la lin •!»■ raiiluimic. le ^diiIIVc (Iuiil' înliuiuislrulioii (l(''|)liii'al)l(> ayaiil cii^hiiili le produit de Taide, les Ktats furcMil foiivixpics, ceux de la Laui^ue d'Oïl à l'oiliers, et ceux du Languedoc à Meliun-sur-Yèvre. Tels étaient les besoins du Trésor que le connétable essaya de lever une aide de 1:20 000 livres en même temps (|u"il adressait les lettres de convocation (31 juillet l'(:2o). Sa tentative ne fut pas heureuse, et quand les députes se l'éuuii'ent à Poitiers, ils étaient chargés de l'aire entendre les doléances les plus vives. Le It» octobre, la session fut ouverte par le roi, en présence de la reine de Sicile, du connétable (le Hiehemont el de beaucoup de seigneurs. Du mardi 10 au samedi 'li), les députés « besoignèrent » activement; ils se réunissaient dès le matin, allaient diner à une heure et se rassemblaient jusqu'à huit lieures du soir ^. Le roi (it exposer ses « très gi'andes affaires » et demanda un large subside. Plusieurs d(q)ulés, des memhi'cs du parlement et à leur tète le procureur géiuM'al proteslèrent contre la dilapidalion des revenus du domaine pai* « grans dons, pensions et aliénations » et demandèrent au roi de déelai'ei' ([u'il n'en fei'aif plus à l'avenir. (Charles VII le promit par lettres du 18 octobre ^ puis il i-eprit avec pins de foi'ce la demande d'un subside dont il tîxait le montant à NOO ()()() livres. Les États accordèrent ce cliillVe. mais ne s'entendirent pas sur l'assiette de limprit. Les députi's du Midi voulaient un impôt

1. lleiiistres des délibcralions de la ville de Tours. 111,0" 13-23, cités par M. de Beaiieoiirt, Cliarles VIL t. II, p. 81-82.

2. Lettre de Houliii de Alascoii aux conseillers de la ville de Lyou. (Arcli. de Lyon, AA, 103, citées par A. Thomas, p. 46.)

3. Chrirtes l'oija/is, XIV. u» 35. Beaucourt, Charles VII, p. 586.

MEUUN-SUR-YÈVRE, OCTOBRE 142.) 2'.»'.t

direct ; ceux d'Angers, d'Orléans, de Blois cl de Tours préféraient des impôts indirects. Enfin, on s'en rapporta an roi, qui mit 700 000 francs snr les laïques et 100 000 sur le chargé. Tous les privilèges étaient sus|)endus. 11 n'y avait d'exempt ('s que les « vrais nobles vivant, noblement et fréquentant la guerre », les vrais écoliei's et les pauvi'es nuMidiants. L'impôt snr les laïques devait être pc^-cn sous deux formes : !25OO00 francs seraient payés au moyen d'un onzième ' imposé pendant un au sur tdutes les marchandises, et -450 000 francs - seraient ievc's au moyen d'une taille payable en trois termes : an ITi iM)vembre, 1" février et r'"" juin. La session fut close le :20 octobi'e. Le roi se rendit aussitôt à .Mehnn-sui'-Yèvre, où il arriva, le ^3 octobre; il y trouva les dé[)utcs du Languedoc décidés à ne voler des subsides (pi'en obtenant des réformes sérieuses. Un auleni" contemporain rapporte que les députés promirent d'accorder de fort bon cœur une taille générale au roi, pourvu qu'il lui plût de communiquer les dispositions et les moyens dont il prétemlait se servir pour arrêter le désordre universel de ses troupes, cf non autrement ^.

Ciiargé de portei- la parole pour le clergé, Hugues

1. Les inconvénients d'une taxe snr les marcliandises ue tardèrent pas à se prodnire : la perception étant devenue impossible, une assemblée de députés de Langue d'Oïl tenue à. ^lontluçon en avril 142(5 décida qne les 230 000 livres seraient perçues sous forme de taille. Voy. Beaucourt, loc. cit., p. .588, cl A. Thomas, p. 2IJ.

2. UIOOOO étaient destinés au payement des gens de guerre et oO 000 aux dettes du roi. Voy. Beaucourt, loc. cit., p. 587, notes.

;i. a Ce n'était que pour avoir urgent, sous prétexte de faire cesser les pilleries et robberies, qui estoient bien grandes et trop desiruclives du peuple et du royaume. » Chronique de la l'ucelle. Godefroy, p. i92. Burhon, Chronir/. nat. franc., t. XXXIV. — Cousinot, p. 237. — Dise, de J. Juvénal des Ursins, mss. fr., 2701, f^ 4.J.

:j()ll ETATS DE CHARLES VII

(le (li)iuJjai'el, évèque de Poitiers, parla avec beaucoup (l'ardeur et « proposa de former un fonds suffisant pour la solde des troupes, seul moyen de prévenir In l)rigandage dont on gémissait et qui empêchait le peuple de contribuer autant que le salut de la France l'eût commandé ». Irrité de tant de hardiesse, le sire de Giac, favori du roi, proposa à Charles VII de jeter à la rivière les faiseurs de remontrances '.

Les députés votèrent enfin une aide de ioO 000 livres, plus une somme de 12 000 livres accordée au roi V pour en faire son plaisir et sa volonté * ».

En novembre et décembre 14:26, deux assemblées fractionnées de Langue d'Od eurent lieu à Mchun-sur- Yèvre et à Montluçon. Une somme totale de 1:20 000 fr. fut votée. L'Auvergne et le Lyonnais envoyèrent à Montluçon. tandis que la Tonraine et le Berry députèrent à Mehun-sur-Yèvre '\

La royauté multipliait les efforts pour réunir autour d'elle les représentants des provinces demeurées sous son obéissance. Les villes, fatiguées de convocations trop fréquentes, négligeaient de désigner des députés afin d'échapper à rimpùt; tantôt les envoyés d'une cité fidèle se trouvaient seuls au jour désigné et le roi devait les congédier sans délibérer*; lantùt des excuses dont le pi'étexte habituel était le

1 . Quelque temps après, Giac, ayant diverti les fonds provenant de riinpoi, apprenait à ses dépens que le châtiment destiné par lui au courai-'iux orateur était réservé à ses propres dilapidalious.

■2. D. Vaissete, t. IV, p. IGS.

3. Voir A. Thomas, loc. cit., p. 24 et l'erratum à la lin de la brochure. — Cf. Beaucourt, loc. cit., p. 589-o90.

4, Réunion de Saumur au 1<='' mai d426, Beaucourt, p. oS8. États de Poitiers, Itj novembre 1427. .\. Tliomas, p. 48. Voir le Rciristre des délibérations de Tours ;t. 111), au 10 novembre

CUINON, AVRIL 1428 TiOl

défaut de sérnrih' des routes, ohlii^eaicnt le i-ni ù ajourner le l'endez-vous '.

En l'i^T, Charles YII ne rerul de subsides que du Languedoc. En mai, les Etats réunis à Béziers accordèrent, apiTs un mois et demi d'orageuses délibérations, loi) ()()() livres seulement. Le comte de Foix. mécontent de n'avoii- pu ai'racher aux déput(''s un subside plus considérable, n'hésita pas à lever (mi sus, de sa propre autorité, une somme de ±2 UOO livres. La province tout entière prolesta contre cet acte aj'bitraire : ne pouvant obtenir justice de son lieutenant, elle envoya des ambassadeurs au roi. Ils lui rappelèrent que « de tout temps ils esloicut cw telle liberté et franchise, qu'aucune ayde ou taille ne doit, de par le roy, estre sur eux imposée, à quelque cause que ce soit, sans premièrement appeler à ce et faire assembler le conseil ou les députés des trois estats ». C'était au mépris de leurs droits que le comte de Foix, disaient-ils, avait levé les :22 0()0 livres. Le roi accueillit leurs plaintes, suspendit la perception jusqu'à la prochaine assemblée, et confirma par cet acte solennel le libre vote de l'impôt -.

L'année 1427 s'écoula sans assemblée de Langue d'Oïl, et le roi n'obtint que le 8 avril Li28 dans les États de Chinon une aide de 100 000 livres à percevoir sur l'Anjou, le Berry et la Touraine •' « pour faire cesser les pilleries et roberies * ».

1. Arch. d'Orléans, Comptes de la Couiniuiie, registre XXII. Beaucourt, p. o92.

2. Lettres de Charles VII sur la réclamation des États du Languedoc contre une aide imposée sans leur participation. Poitiers, 2 décembre 1427. Ord.. t. XIII, p. 133. Hist. du Languedoc, p. 471.

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