ORLÉANS, OCTOBRE
en très grande niulliliidc, « alin d'oiiyr parler et praliquor du bien et rrcouvrenient du royaume, et pourle pouvoir mettre en l)onne paix, justice et police ' ». On était au niUieu d'octobre : « le roy voulut eu s{jn luHel ouyr et sçavoir l'opinion de tous les députés, et furent mandes tous estre devers luy, et aussi pour respondre sur l'expression et demande au bien de la chose publique. L"assend)lée de tous les dessusdits étant venue audit liostel du roy -, » lai-chevêque de Heims, clianeeiiei' de France, i)rit la i)arole à louverture de la séance au nom du roi, et exposa " le bon vouloir ([ue le roy avoit pour le bien de la paix, et comme il y avoit de tout son pouvoir et vouloir toujours entendu, et encore estoit prost dy entendre, et pour ce faiVe avoit envoyé ses gens et ambassadeurs partout où les Anglois avoient voulu convenir, pour labourer et entendre au bien de la paix, et dernièrement en la ville de Saint-Omer... » Le chanctdier, qui avait assisté aux conférences de Saint- Omer, rendit compte de l'état des négociations. Les ambassadeurs avaient ai'rêtc d'accord une série de propositions qui formaient les bases du traité, et ils ('•taieut convenus de les porter « chacun devers leur roy )) pour les soumettre à son examen, et de revenir, « dedans le premier jour de may ensuivant, à Saint-Omer, pour là conclure ou toute paix ou toute guerre ». C'était pour comnmniquer aux États le texte de ces propositions, ajoutait en Unissant le chancelier, « que le roy avoit uuiudé tovde ladite compagnie, qui estoit pour cette heure assemblée audit lieu d'Orléans, pour par un chacun d'eux adviser au bien de la chose publique et au recouvre-
1. Berry, Hist. chron. de ('/tarifs Vif. p. 404. Rec. de Godefroy, in-fo.
± Bcrry. Godefroy, p. 404 et 403.
mont (lu royaunif. ot en dire en leurs consciences chacun leur bon et vray advis ».
Afin qu'aucun député « ne piU ignorer les demandes que faisoient l'une partie et l'autre, pour dein<Mirer les deux roys et leur royaume en bonne uiiioii cl paix, le chancelier de France fit bailler les articles par escrit à tous ceux qui en voulurent avoir, à celle fin qu'un chacun put mieux respondre, juger el parler sur chacun article selon leur entendement * ». On devait commencer à opiner dès le deuxième jour, mais la discussion se prolongea, et huit jours se passèrent en délibérations sans que la question séclaircit. Le nombre des orateurs ajoutait au désordre, car tous les députés voulaient développer leur vote, et réfuter l'opinion contraire éirtise avant leur tour de parole; la confusion de^int telle, qu'on prit le parti de former un comité « pour débattre lequel était meilleur de la paix ou de la guerre ». Tous les députés eurent le droit d'assister à ce débat solennel dont les orateurs étaient désignés d'avance par hroy, en son conseil. Juvénal des Ursins était l'avocat de la paix, tandis que M*" .Jean llaboteau, président au l'arlement, soutint le parti de la guerre. « Les- (jucls ouys bien au long, il fut finalement conclu quf le meilleur estoit de tirer au bien de la paix, et il fut ordonné et dit que le premier jour de may, Icsdits ambassadeurs retourneraient audict lieu Sainct-Onier, pour conclure et fermer la besogne de tous points, au cas qu'il arrivast que les Anglois y voudroient birn aussi entendre ^ »