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Ord. d'Orléans, art

ORLKANS, OCTOiniE WM 32o

la ronslilulion di' la fiMidalitr, clic clail (Icincurco lo |irivilègc dos soigneurs. Si les coiiiimiiios, dans leurs luîtes, en avaienl rcsli'cinl la ([uolitc. jadis illiuutée, ce droit n'eu (''iail ]ias uioius dcnK'uré debout, survivant dans les eainpagnes aux misères et aux ruines popidaires. (l'est en lï'.i\) i\\\"\[ dispai'ait, sous lo double olTort de la myaidi'' cl des Ktats généraux.

A partir do eelte (■■|i(m|uc. l'inip(~>t fut-il pennanent? l/ordonnaneo ne le dit pai- l'oruiclieiiient, mais le fait est constant. Ind(''pendaninient de l'opinion manifostée par tous les liistoi'iens de la tin du xV' siècle *, ncnis pouvons iiiduii'O des teianes uu'mes de l'ordounancc riMahlisscmunt dos aides permanentes. Du niomciil (iii I autoi'ité royale suffisait, et l'article i4 lo disait clairomeul. il n'est pas douteux que le roi no se soit servi de son légitime pouvoir pour alimenter aussitôt le trésor \ D'ailleurs quel était l'objet de la taille? En vue de (pudles nécessités avait-oUo été (•réée? Tous les historiens de Chaides Vil nous le répètent, l/entrcticn i|c l'armée avait rendu l'impôt lu'-cessairc. (les deux (it)ji'ls turmcnl un tout (jui ne peut (Mrc divi>(''.

1. <i Le roi Cli;u-lcs septiesme fut le premier, dit Commincs (par le moyen de plusieurs saiges eL bons chevaliers qu'il avoil, cpii hiy avoicnt aydé et servy en sa conquesle de Normandie el de Guyenne, que les Anglois teuoient \ qui gaigna ce point d'imposer tailles à son plaisir, sans le consentement des Estais de son royaulme, et pour lors y avoit grans matière, tant pour garnir les pays conquis que pour desparlir les gens des corapaignies qui pilloient le royaulme, et à cecy se consentirent les seigneurs de France, pour certaines pensions qui leur furent promises pour les deniers qu'on levoit en leurs terres. » Edit. de la Société de i'Ili&toire de France, II, p. 22o.

2. Le roi devenait maître de la taille, qui passait entre ses mains telle qu'elle était dans celles des seigneurs. Jusque-là elle avait été permanente : par la force des choses, elle devait demenrer permanente entre les mains de la royauté.

32f> KTATS DE CBARLKS YII

Il n'ciilri' pns (l;ins noiro pliiii irrx.nnincr en détail l'organisalioii iiiililaii-c qui prit naissance sous ce prince ' : il nous suflit de répéter que \p principe des armées permanentes fut adopté dans l'assemblée d'Orléans, et que Timpôt destiné à li's organiser devait avoir nécessaircmcid le même caractère. L'origine de cptte double institution doit donc demeurer indissulublcmfnt wn'io dans le souvenir do la postérité.

H nous reste maintenant à voir connnent fui'cnl a<'i'U''illir's par les contemporains ces deux transformai iniis. (|ui devaient exercer une si grande influence sur l étal iutérii-nr du Jjays r[ sur la nature du gouvcrnemeiil .

Le licrsélat. ildélr au ré)lc (jui lui a toujours appartenu dans l'hisloirr. se laissa dominer par une seule pensée, qui al)soi-i)ait eu l't.'J!) toutes les autres : il voulail à toui prix rétablir l'ordre dans le royaume. N'était-ce pas en effet le premier besoin de la France après un siècle de guerre? N'aspirait-elle pas avant linil à jouir du calme et de la paix |)id)lique? La lutte contre l'invasion n'était pas. liélas! le seul lléau qui enl ravagi'' les campagnes : la discorde civile avait él('' II' iiiciijcur allii' des Angbiis; c'est elle qui les aval! coiiduil-. cl niaiiileiiusà Paris. Les deux factions qui s'étaient disputé le royaume sous un roi insensé avaient détruit l'ieuvre de Charles Y et replongé dans l'anarcliie lonle I^Hcndiii' du Icrriloire; sous le |)ré-

1. La cavalerie fut réorganisée eu 144.j. L'ordonnance du 2C mai (Arcli. Nat., K, 68, n°' 14 et 142) ot le mandement du 4 décembre 1445 (Bibl. Nat., F. Fr. 21427, n" 10) complètent sur ce point les notions très vagues données par les historiens du temps. L'infanterie ne fut organisée que le 28 avril 1448, sous le nom de Corps des francs-archers du roi, Ord.. t. XIV, p. 1; Berry. p. 432; Basiu, t. 1, p. 168.

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lo\lc d'uiio guerre (jiii divisait chaque province, les roulicra et les écorcheura se leiiaieiit sur les fronlières, et, suivant leur degré de hardiesse, pillaient les voyageurs ou emportaient une citadelle; il y eut des chefs de bande qui devinrent maîtres de leur contrée, el le roi dut traiter avec ces h<''r()s de la force et du brigandage. Voilà l'état intérieur de la France après cette malheureuse guerre de Cent ans! Telles étaient les ruines (|ue voulurent réparer les ronseillers de (Iharles Vil. On comprend maintenant le but cpie montraient au [jeujdi' les créateiu'S de larmée et de rimp(H permanent.

Mais aux besoins qui provoipiaicuj l'initiative de l;i n.ilioii. se Joignaient les passions du tiers (Hat : l'ordonnance était la satisfaction immédiate de ses plus ardentes rancunes : le paysan n'était plus tailbibie par les seigneurs. Que lui importait que le souverain résumât en sa personn»^ l'autorité éparse des barons? (Jue pouvait-on ('raindr<' du roi? N'élait-il pas le défenseur et le protecteur du tiers état? Ne poursuivait-il pas comme lui l'abaissement du pouvoir seigneurial? Dès lors comment la masse de la nation se serait-elle doutée qu'elle se donnait un maitre et qu'elle préparait de loin tous les excès de l'ai'bitraire royal? Ses haines l'aveuglaient; au milieu de ses souvenirs, le cœur plein des souffrances humiliantes que le caprice des seigneurs avait fait naître et ([ue la force avait imposées à la faiblesse, le tiers état se réjouissait ardemment du triomphe qui assurait la toute-puissance de la royauté.

Seule, la noblesse perdait un de ses privilèges, sans rien gagner en échange. Aussi s'opposa-t-elle « de tout son pouviu'r à ces réfornn^s qui la frappaient au ca?ur et faisaient |»asser de ses mains dans celles de la royaut('' ce (pi'on a si bien niimmé le nerf

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de la giicrro, ainsi iiuc la Lçucrre rllc-iiirnir ' ■■. \.c coup porté à la chevalerie féodale ét.iil terrible. Hll<' en sentit toute la portée et tenta un suprême ell'ort.

A jteine Tordonnauce était-elle publiée que les princes se réunissaient, et. demandant à la violence dune rébellion ouverte ce qu'ils navaient pu obtenir autrement, se lançaient dans cette périlleuse aventure que riiistoire a nommée Praguerie *. Le bâtard de Bourbon, Dunois, La Trémoille, et quelques autres seigneurs puissants par leur fortune et leurs alliances, entraînèrent le dauphin Louis et le mirent à leur tête. Dès leurs premières tentatives ils échouèrent complètement. Après plus de six mois d'efforts, le dauphin et ses alliés rentraient en grâce auprès du roi.

Mais les seigneurs n'abandonnaient pas leurs projets : continuant par des voies pacifiques la lutte (poutre les ordoniiaiiccs, la ruiblesse s'assembla à Nevers en février L4i2 (n. s.). Elle envoya au roi un cahier de remontrances : prenant le masque du bien public, pour donner à leur vdix plus d'autorité, les princes soutenaient que li' roi faisait lever les tailles trois ou quatre fois par année et « non mye une fois par an, ainsi que les seigneurs ont accoustumé de faire à leurs hommes de condition ». Ils revendiquèrent liautcmeiil poiii- les trois Etats le droit de voter rimp(U i< ainsi (|ue de raison faire se doit et que les prédécesseurs roys de France ont accoustumé de faire le temps passé ^ ».

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