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L'année 1468 commença le 11 avril

■i.U) ÉTATS DE LOUIS XI

celte, (''po((U(' les l('ii(l;iiii-cs fie Louis XI '. J'jiliii. il arrive aux députés choisis par la nation : ce n'étaient ni les provinces ni les bailliages (jui les avaient délégués. A s'en tenir aux termes du procès- verbal, chaque ville aurait élu un clerc et deux laïcs. Ainsi les soixante -quatre villes citées par le greffier avaient envoyé cent quatre-vingt-douze députés^.

C'est en présence de cette assemblée que le chancelier Guillaume Juvénal des Ursins ' prit la parole au nom du roi, pour exposer le sujet de la convocation. Son discours dura deux heures''. Après d'interminables digressions, le chancelier concluait en rétluisant à trois points les demandes du roi : Premièrement, si le duché de Normandie doit être séparé de la couronne « et qu'il soit advisé ce que devra raisonnablement estre baillé à monseigneur Charles pour apanage ». — Secondement, comment le duc de Bretagne doit être chassé des places de Normandie qu'il

1. Adam Fumcc, Guillaume Compains, Pierre Glutin, Jean Vigés, Jean Clioart, Mathurin Baudet, etc. Voir le procès-verbal de le Prévost, Paris, 1789. Rec. des États qénéraux. t. IX, p. 204-226.

2. Nous n'entrerons point, à la suite dr M. Roedercr, dans l'examen du mode d'élection. Ce savant fait remarquer que le procès-verbal parait faire deux parts des membres de l'assemblée de 1467, et (jue les premiers semblent choisis par le roi, tandis que les 192 tiennent leur mandat des communes consultées par le roi. C'est la seule assemblée qui nous offre ce caractère mixte. Voy. Rœderer, Œuvres complètes, t. II, p. 32.

3. Guillaume Juvénal des Ursins, fils du fameux prévôt des marchands qui avait été sous Charles VI l'adversaire de l'anarchie et des Anfrlais. était né en 1400. Il occupait la charge de chancelier depuis l'année 1445.

4. Nous nous sommes servi de trois documents : le procèsverbal de le Prévost, Rec. des États généraiu-, t. IX; une relation inédite émanée du député de Rodez, conservée aux Archives de l'Aveyron (B. B. 3). et un récit tiré des Archives municipales de Rouen. (Doc. inédits, .Mélanges, Champollion-Figeac, t. 111, p. 494.)

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ne veut riMiflrc au roi, malgré ses pi'omosses. — Tiercemciit. (les intelligences du due île Bretagne avec les Anglais pour les faire descendre en <;e royaume et oecupi'r les places de la Normandie. Tels étaient les Irois points sur lesquels le roi, par la bouche du cliain-cliiM'. demandait aux Etats « conseil, confort et aidr n.

Le roi se leva, rassembla autour de lui les seigneurs, les prélats et les députés. Le roi de Sicile remercia le roi du discours du cliaui rdiei- au nom de l'assistance, et un ordre fut crié par le grcfliiT île se réunir le lendemain pour délibérer.

Le 7 avril, à 8 heun-s du matin, les Irois ordres se léunirent, mais le roi, son conseil et ses officiers étaient absents. Les députés ne tardèrent pas à sentir la nécessité d'appeler dans leur sein les représentants de la couronne pour mieux connaître les intentions du roi. Le roi René et le cardinal fui-ent chargés de supplier le roi d'envoyer le chancelier et les gens de son conseil à la séance du lemlemain.

Le 8 avril, les conseillers du roi assistèrent à la délibération. (îuillaume Gousinot. l'un des membres les plus importants du conseil, fut snllicili' par les députés d'expli({uer la pensée royale. Ayant insisté sur l'importance de la Normandie, la richesse de cette province, qui donnait au roi un revenu de 600 000 francs, l'inaliénabilité déclarée par les rois et confirmée par le pape, il déclara que M. Charles ne pouvait recevoir un apanage si considérable et que le duc de Bretagne devait être sommé de restituer les places qu'il détenait en Normandie.

L'archevêque de Reims ^ tint le même langage.

1. Jean Jiivénal des Ursins, frùre aîné de Guillaume, aé vers 1388. Avocat général avi Parlement en 1425, lorsqu'il se tenait À Poitiers, il était devenu archevêque de Reims en 1449. C'est

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Sou discours psI le s<'ul qui soil parvenu jnsiiuà nous. Singulier mélange de longueurs et de hardiesses, cette harangue ressemble à toutes celles que produisit le xv" siècle. Sous une foule de citations latines accumulées sans ordre et sans goût, on découvre quelques remontrances vigoureuses perdues au milieu de banalités. Ce morceau, qui avait produit un grand effet, nous a été conservé par les contemporains, et, à tout prendre, certains passages ont de la fernu'té : l'aggravation des impôts, l'élévation des (ailles, la perception des gabelles, la rareté du numéraire, l'augmentation des pensions et le défaut de conlrùle (le la (chambre des Comptes servirent de lexle au vieux prélat, qui, tout en s'excusant sur son âge, n'omit auiiin des abus qui pouvaient donner prise aux criticiues '.

Le 9 avril, on entendit Pierre dOriolle, qui rappela les précédents et démontra les périls des apanages. Il entra dans le détail des trahisons du duc de Bretagne profitant d'un pèlerinage du roi pour enlever le duc de Berry, pénétrant à l'improviste dans les villes de Normandie; il invoqua l'opinion des députés de cette province et proposa aux États de supplier le roi de déclarer l'inaliénabilité de la Normandie, d'appeler son frère auprès de lui et de marcher contre le duc de Bretagne. En terminant, l'orateur eut soin de faire remarquer que le roi ne demandait point d'aide. Après l'évèque de Langres et le sire de Torcy, qui s'exprimèrent dans le même sens, les députés

au crédit dont il jouissait que sou frcre (iuiliaume dut les sceaux. 11 composa l'Histoire de Charles 17. que nous avons souvent citée, ainsi qu'un grand nombre de remontrances dont la publication jetterait la plus vive lumière sur l'histoire du xv^ siècle.

1. Voir celle harangue : lire, des Étals gniiérauT, t. IX, p. 231.

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(le l'.iris piirciil h's prt'iiiiri-s la parole : ils opinèr(?nl l'orli'uiciil dans le sfiis des conseilliTS du roi. et émirent l'avis ({Uf le roi permit aux Etats de signifier aux ducs de Brrry. de lirolagne et de Bourii,'Oi4ne. réunis à Ciunhrni. Irs décisions prises. Avant de terminer, ils firent le tableau des charges sous lesquelles succombait le peu|)le et réclamèrent une meilleure justice.

Dans la séance de ['a|irès-(liner, les députés de Bouen élevèrent conli-e l'apanage les protestation:^ les plus vives et sunirent à l'opinion des députés de l'aris. ainsi (jue ceux de Toulouse, de Bordeaux, de Lyon et de Beims.

Le 10 avril, après un discours de M^' Fr;iiicois Halle, avo(-at du roi, furent entendus les gens de Tournai, ceux (le Sens, d'Orléans, de Langres et d'Auxei-re. (|ui opinèrent tous dans le même sens. Jean de l'o pincourt exposa le système des apanages, tel (pu- (Iharji's y l'avait fixé, au taux maximum de 1:2 OOU livres.

La séance du 11 et la matinée du lendemain avaient été consacrées à écouter les députés, lorsque le 12, vers 10 heures du matin, le roi entra à l'improviste dans la salle, suivi des seigneurs du sang et de tout le conseil; s'étant assemblés, ils parlèrent à voix basse pendant une demi-heure, puis le roi Bené. le cardinal, les sires de Bourbon et de Foix s'appro- (dièrent des prélats, des nobles' et des gens des bonnes villes pour savoir s'ils ne jugeraient pas à propos de profiter de la présence du roi pour le prier de faire connaître l'apanage qu'il [)ensait attribuer à •son frère.

Les députés ayant adhéré à cette proposition, le roi leur ordonna de s'avancer autour de lui : debout au milieu d'eux, le roi se mit à leur parler « doulcement et bénignement ». 11 n'était, dit-il. qu'iui simple

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