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Etals rjcncraiu; l. IX, p. 22i

pas l)(iaiicoup le souverain, qui en avait provoque la nomination. Sa première mission fut d'informer ofliciellement les ducs de Bretagne et de Bourgogne d^ la décision à laqurdle Tunanimité de l'assemblée donnait la valeur d'une déclaration nationale.

Nous n'avons pu rencontrer nulle part les résultats positifs de ses travaux, et quoi qu'en puisse penser un historien un peu trop prévenu, M. Ro'derer. nous sommes tenté de croire que cette connnission, si elle a provoqué quelques édits, a vu son influence rapidement absorbée par la volonté unique du roi, jaloux de se réserver la popularité des réformes. Ce n'est point, en efTet, à cette commission, mais directement au chancelier que devaient être remises les requêtes apportées au début de la session par les députés. On trouve ici une preuiière ébauche des cahiers de bailliages, mandats individuels, qu'on n'avait pas pris la peine de fondre en un seul résumé, comme devaient le faire les grands États de Tours, et à leur suite les assemblées du xv!*" siècle *.

Si le résultat apparent des Etats fut de dégager la parole du roi et d'imposer l'abandon de la Normandie à son frère, auquel allait être offert en com-

1. « Messieurs des Etats supplient le roi qu'il lui plaise commettre et ordonner telles gens qu'il lui plaira, pour recevoir les supplications et requêtes particulières que aucuns de ceux des pays ont à bailler, et dont ils se sont complaints, selon la charge qui leur en a été baillée par ceux de par qui ils ont été envojés, et qui requièrent prompte provision, et sur ce leur faire donner telle provision que son bon plaisir sera. Et pour ce qu'il leur a été dit que le roi, de sa grâce, a jà ordonné mondit sieur le chancelier et aucuns de son conseil, pour recevoir lesdites supplications et y donner provision, mesdits sieurs des Etats l'en remercient très humblement. « (Fin du procès-verbal du greffier des États.) A la suite du récit fait par le député de Rodez se trouve le cahier des doléances du pays de Roucrgue remis le 16 avril. (Voir .archives de Rodez.)

lîTAÎS DR TOURS, 1468 34o

pensiilinii le i;(iiiV('i'ucmeiil (l<^ la (liiyciiiic . celte vicloire lualérii'lle étail elle-iiK'iiie liieii |jeu de clioso auprès du l'ail considérable (|ui <arae|i'rise l'assenil)I(''e (le li68. Les liisloi'iens de Louis XI n'ont vu dans le succès di^s Liais que l'iiabilelé du prince el Tespi'it monarc]u(|ue des députés '. N'"v a-t-il pas pour Lhisloirc un autre enseij;ueuient à tirer île celle session? Llle JKUis nionire. p(tui' la |)reuiiére l'ois, el sans iiileruiédiaire ni ri'serve d'aucune s(ute. l'alliance de la nation et de la royauté, se renciuilrant dans la niènie pensée, et marchant vers le nit'ine but. .laniais les circonstances n'avaient mieux pri'-pan- une union ((ui est un des faits permanents de notre histoire, mais dont les manifestations éclatent à certaines périodes avec des caractères plus saillants.

D'un céjté. nous voyons un roi régnant depuis six ans à peine, et déjà dominé par une pensée (pii sera le but de sa vie : abaisser la noblesse. Mieux (pi'aueun autre, il a connu les aud)itions féodales : ayant naguère partagé les luttes des seigneurs, il a saisi le secret de leurs aspirations. Ce souvenir s'est gravé dans l'àme du prince. A cette puissamx' en déclin, mais encore dangereuse, de la n(d)lesse. trouvant dans le sein même du royaume des griinds vassaux prêts à se mettre à la tt'le du nmuvement et à exciter par de fortes alliances la vanité sans cesse en éveil des princes et des seigneurs, il fallait opposer une digue inébranlable. En face de ces esprits remuants, toujours prêts à devenir rebelles, il s'agissait de constituer la nation, celle coalition fornddable du peuple et du roi. unis vers uu même Juil. Telle était la lâche que se donnait Louis XL

1. Duclos, Ui.si. dr. Louis XI. t. I. \>. ;iC() : — Garnier, (. XVli, p. 2.j4 et suiv.; — Mézeray, t. IV. 1(3(37, iii-4f', t. 11, p. 72(3.

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Le sciiliinciil di; la France répondait complètement à la pensée du prince. En aucun temps, depuis dt-ux siècles, elle n'avait été plus disposée à se donner au roi : c'était pour elle l'imaLçe vivante de l'unité; par lui, elle espérait voir l'ordre public à jamais assuré. Aussi ne craignait-elle pas une main de fer, pourvu que la noblesse dût en sentir le poids. Déchirée par la guerre de Cent ans. ruinée par les Anglais, opprimée par les seigneurs, livrée sous Charles VI, mal défendue pendant cinquante ans, sauvée de l'invasion par un miracle, la nation n'avait repris confiance en la royauté que dans la seconde moitié du règne de Charles VU. Louis XI était jeune; on disait sa volonté inébranlable; il n'aimait pas les nobles : c'était le roi que devait rêver le tiers état.

L'assemblée de 1467 fut témoin de leur union. C'est aux acclamations des députés que cette alliance fut consacrée. Le peuple ne se souvenait plus des misères du despotisme royal. Les souffrances quotidiennes du vasselage l'attachaient avant tout au suzerain, qui pouvait le protéger contre ses oppresseurs immédiats. Louis XI promettait la paix et l'unité; il n'en fallait pas tant pour enflammer tous les cœurs. C'est là le secret de la nuihifllr satisfaction qui marqua la lin de la session.

A chaque période, les assemblées revêtent un caractère distinct : aux États du roi Jean et de Charles VI appartient l'eftort violent d'un peuple qui veut régler ses affaires ; aux premiers États de Charles VII. le vote de l'impôt; aux derniers, l'épuisement de la nation et plus tard son abdication; sous Louis XI. nous prenons sur le fait une des traditions de n<itre histoire, en constatant l'alliance du roi et du peuple contre la féodalité.

RÉCIT HISTORIQUE

So.MMAïuE. — Situalion du royaume après la inorl de Louis XI, p. IJ'iT. — Premières concessions au sentiment public : rapi^el des exilés, remises d'impùls, p. 340. — Convocation des lillals : élections, p. IJoO. — Les députés s'assemblent à Tours, 3 janvier 1484, p. 351. — Séance royale, 14 janvier, p. 352. — Discours du chancelier, p. 353. — Les députés se divisent eu six bureaux, p. 357. — Rédaction des cahiers généraux, p. 358.

— Couunission des Trente-six, p. 359. — Menées autour du roi; les États et les princes, p. 360. — Lecture du cahier général, p. 361. — Atiaire du conseil du roi, p. 363. — Discours de Philippe Pot, p. 364. — Seconde séance royale : Discours de Jean de Rély, p. 365. — Lecture des derniers chapitres, p. 366. — Seize députés mandés aux Montils : 14 février, p. 367. Discussion sur l'état militaire et les finances, p. 370. — Irritation des députés, p. 371. — Ils accordent pour deux ans Timpût perçu sous Charles VH, p. 372. — Le chancelier exige 300 000 livres de plus, p. 374. — Rejet des propositions, p. 375. — Eiïorls des princes, p. 376. — Résistance des députés, p. 376. — Us accordent les 300 000 livres comme don de joyeux avènement, p. 378. — Séance royale : 28 février, p. 378. — Discours solennel de .Masselin, p. 378. — Commission élue pour répartir l'impôt, p. 383. — Commission de la justice, p. 382. — Dernière séance royale : 7 mars, p. 383.

— Le chancelier annonce la clôture des Etats; 11 mars, p. 385.

— Les députés résistent et réclament des réponses au< cahiers, p. 385. — Indemnité supprimée : 14 mars,]». 387. — Les députés se hâtent de partir, en laissant des délégués, p. 388.

Louis XI v('n;iit ilc inourii' (,'}() août 148'î . La France, quil avait cunipriniée sous sa volonté de fer,

commenoiiil à n-spirer. Dans loulr-s les classes so manifestait le même senliinciit de joyeuse di-iivrance : (jonlraiiils à robrissance. les princes espcraicnl recouvrer sous un jeune roi leur ancienne intlnence; éloignée du pouvoir, la noblesse, soumise à des parvenus qu'elle s'indignait de voir au-dessus d'elle, attendait, reléguée dans les provinces et toute frémissante, la fin de son exil; le Parlement, attaché au respect des lois, les avait vues foulées aux pieds par Tristan l'Hermite et par les commissions chargées de juger tous les procès d'État; le clergé, peu touché des pratiques superstitieuses du roi, se souvenait des rigueurs et des violences dont l'Église avait été victime; le dernier ordre lui-même, qu'on s'est habitué à représenter comme le soutien de Louis XI, accueillait avec des cris de joie la nouvelle de sa fin : la bourgeoisie, quelque temps flattée des distinctions qui avaient tout d'un coup rapproché du prince plusieurs hommes d'une humble origine, avait perdu toute sympathie pour lui en voyant la capricieuse instabilité des préférences royales et en sentant s'appesantir le fardeau incessannnent accru des impositions et des charges puhiicjiu's; à cette réaction intelligente se joignait la protestation du peuple des campagnes, ruiné par le fisc et accablé par les exigences de la guerre.

Ainsi l'allégresse était universelle dans le royaume, où princes et clercs, nobles et magistrats, bourgeois et manants voyaient à la fois se tarir la source tle toutes leurs plaintes.

Mais en même temps chacun se demandait ce (juallait devenir le royaunu' et qui pourrait, à la place de Louis XI. porter le poids si lourd de son gouverjiement.

Charles VllI venait d'entrer dau^ sa quatorzième

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