‹ Histoire des États-GénérauxChapitre 175 sur 202 · Masselin, p. ■j · texte numérisé non relu

Masselin, p. ■j

do Injustice, il adressait aux dépuirs l'appel le plus ardent à la concorde, leur rappelant le fameux mot de César : « Si les Gaulois étaient d'accord entre eux, l'univers entier ne pourrait leur résister. »

Kiitiii il terminait son discours en traçant à rassemblée l'ordre de ses délibérations, qui porteraient d'abord sur les matières concernant le bien général du royaume et la personne du roi, ensuite sur les affaires qui ne rej^ardaient qu'une province, une ville ou un particulier '.

Ce discours, Iruit d'un art consommé, devait agir fortement sur les députés. Son premier mérite était de poser netteineut les ([iiestions; malgré les réminiscences de l'antiquité, multipliées par suite du goiH du temps, la pensée était claire, et l'importance de la session s'en dégageait nettement : on ne sentait aucune réticence; le pouvoir avait cette attitude calme et confiante qui, jointe à l'honnêteté des vues, lui donne tant de force. Il n'y avait pas un mot, pas une nuance qui indiquât cette défiance qu'on s'attendait à trouver dans le langage de la royauté, encore pleine des souvenirs de la fin du dernier règne. Cette forme grave et loyale était toute nouvelle dans notre histoire.

Le fond même de cette harangue et le but qu'elle poursuit sont pour le moins aussi dignes de remarque. C'est le premier discours qu'un chancelier de France ait prononcé à l'ouverture des États sans demander tout d'abord des subsides. Depuis Philippe le Bel, presque toutes les assemblées nationales avaient été convoquées uniquement en vue de ce résultat, et on pouvait dire avec raison que, sans l'impérieuse nécessité de l'impôt, les États n'auraient jamais été réunis. Il y avait donc là une situation sans précé-

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