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3o8 ÉTATS DE TOURS

Ces ()|)('i";ilimis accomplies, chaque scctidii se rclir;i dans une salle séparée S la grande salle demeurant réservée aux délibérations générales. On convint que Tordre des travaux serait réglé suivant lindication (lu chancelier : les afi'aires intéressant le royaume tout entier auraient le pas sur les affaires particulières des provinces. Un cahier serait rédigé dans chaque section, et après la lecture publique de ces six cahiers s'ouvrirait la discussion.

Pendant plusieurs jours en effet (19, 20, 21, 22 janvier), les bureaux consacrèrent tout leur temps à refondre les cahiers des bailliages.

Le vendredi 23, se tint une assemblée générale. Les députés de Paris lurent les premiers leurs doléances sur les abus et la réformation de V Église, puis après eux chaque section en fit autant. On lut ensuite et dans le même ordre les chapitres concernant la noblesse.

Le samedi 2i, on fit connaître les griefs du peuple et les remèdes proposés par ses mandataires; puis on écouta les chapitres de ]-d police, de Injustice et du commerce. Ainsi finit en deux jours cette lecture, qvii comprenait six cahiers contenant dans leur ensemble trente-six chapitres.

Le lundi 20. la marche des travaux et leur ordre fui'ciil (le nouveau débattus. Ktait-il possible de présenter au roi la répétition fastidieuse de tant de doléances ? Cdiinuent devait-on résumer les cahiers? Sous quelle f(UMne fallait-il les faire connaître? Ces difficultés intérieures furent promptement résolues. On convint qu'il serait rédigé un cahier général, et dans chaque bureau on chargea de cette mission

1. Chaque bureau nomma son président : IMris clioisit Joaa i!c Ilély, la Uourgognc l'abbc do Cileaux, la Normandie Jeau Masselin.

HKDACTION DES CAHIERS, JANVIEH 1484 :{o9

ilriix (léput(!'S (lu clergé, dnix (Irpulcs de la iinhlcssc >'[. deux, du tiers état, ee qui formait un nombre total de trente-six membres. A peine nommé-e, cette commission dut prêter serment de transcrire fidèlement les articles et de les tenir secrets; ce dernier point était de la plus haute importance, car on commençait à savoir que les remontrances prématurément connues soulevaient le mécontentement, ainsi quil arrive toujours pour toutes les réformes.

On décida ensuite, après un long débat, qu'un seul orateur serait chargé de résumer en un discours prononcé en séance solennelle le rapport de la conuiiission des Trente-six. Cette détermination était fâcheuse : on imposait ainsi une tâche excessive à un seul député. Il eût été préférable de substituer à ce discours d'apparat le système proposé par Masselin. Il voulait confier à différents députés chacun des six objets traités dans les remontrances, provoquer ainsi six discours soigneusement préparés, dont le but spécial aurait produit des résultats féconds. Deux bureaux seulement suivirent son opinion, les (juatre autres marchèrent imprudemment dans la voie ouverte par les précédents États généraux.

Avant la lin de la séance, on agita la question de savoir si l'on procéderait tout d'abord à l'organisation du conseil du roi. Les députés, certains que cette atTaire tlélicate exciterait les jalousies et le ressentiment des grands, préférèrent en retarder la discussion, et décidèrent, malgré le discours du chancelier, (|u'ils s'occuperaient en premier lieu du cahier général des remontrances.

Les cinq derniers jours du mois ' furent consacrés aux travaux de la connnissiou des Trente-six, qui

J. 27-31 janvier.

360 i':tat3 ï)E ToL'rs

acheva la rédaction des six cahiers le 31 janvirr. Que se passait-il alors autour du roi? Un incident, survenu à la fin de cette semaine, éclaire d'une vivr lumière la situation des princes. Les seigneurs réuni> à Tours s'étaient assez vite rendu compte de Tinlluence que pouvait prendre une assemblée déterminée à réformer lEtat. Les p(diliques, et parmi eux au premier rang le comte de Dunois, sentirent aussi ti)t quel parti, dans le présent ou dans l'avenir, pouvait en tirer le duc d'Orléans, qui se plaçait à la tèlr des mécontents et se montrait déterminé à lutter contre l'influence des Beaujeu. Si l'entreprise était aisée à concevoir, l'exécution en était difficile : les députés se trouvaient dispersés; la commission de> Trente-six, qui était rânic de leurs travaux, était réunie pendant des journées entières, et ses membres inaccessibles comme en un conclave. De tels obstacles n'étaient point faits pour arrêter le vieux comte de Dunois; sous ses auspices, plusieurs seigneurs se réunirent au duc d'Orléans et députèrent l'évéque du Mans, Philippe de Luxembourg ', qui pénétra en leur nom au milieu de la commission, et tint aux députés le langage le plus insinuant et le plus adroit : — Les princes, dit-il, avaient su que, siuigeant à soulager les Français, les députés avaient pris certaines résolutions dont ils projetaient de faire un exposé public: les princes ne voulaient pas rester étrangers à une telle œuvre: ils tenaicnl à honneur de s'y joindre. L'évéque était chargé en leur nom d'exhorter les députés à ne se préoccuper d'aucun intérêt personnel, et. pour en donner l'exemple, les princes, dont il était l'ambassadeur, lavaient chargé dan-

1. Philippe de Luxeiuijourg, cvèqiie de Tcrouenne et du Mans, cardinal en 1497, mort en 1-J19.

rî;daction riKs cahiers, février lisi Ml

iKHiccr ((u'ils (''laicnl pi-rls à subir toutes les diuiinutinns ou suppressions de pensions qu'il plairait aux Ktats (rdrildimor pour soulaj^er le peuple. Ils deman- (laifiil rii iiuli-i' (|iii' 1(^ conseil royal fiU composé d'hiunuies probes et expi''rimcntés. A ces conditions, les princes du sang pronidlaicnt leur plus actif concours.

Ce discours eut un plein suc<'rs : non seulement des reuicrcienienls turent adressés à l'envoyé, mais quatre membres de la commission furent délégués vers les princes pour témoigner une profonde reconnaissance (\r Irur générosité, qui cependant cachait plus d'amhilioii que de véritable amour du l)ien public.

Le lundi ^ février, on tint une assemblée pour entendre la lecture du cahier général rédigé par les trente-six commissaires. On adopta les chapitres du clergé, de la noblesse et du tiers état. Celui de la justi(;e parut trop diffus : après une délibération de chaque section, le président, ayant recueilli les voix, déclara qu'il n'était ni opportun ni habile de fatiguer le roi et les princes en les contraijinant d'écouter un document d'une telle longueur; aussi fut-il résolu que cette matière serait réduite à un petit nombre d'articles.

Le mardi ."]. on nomma des commissaires spéciaux, qui corrigèrent dans la séance même le ciiapitre de la justice.

Le seigneur de Croy '. le comte d'Armagnac ^ et le

1. Pliilippe I, sire de Croy. Ses terres avaient été confisquées par Louis XI eQ 1476. (Voir le P. Anselme. V. 638.)

2. Charles, comte d'Armagnac, frère de Louis d'Armagnac, duc de ^'emours, demeura quinze ans à la Bastille et n'en sortit qu'à la mort de Louis XL Ses biens avaient été confisqués et donnés au sire d'Albret. Il obtint des lettres datées d'Amhoise, 7 avril 1484, pour être réintéi,'ré en tous les biens de la maison d'Armagnac. (P. Anselme, 111, 424.)

;tr.> in'ATs mi tours

(lue (le l.diM'.iiiic ' ;iv;nil cnvrivi'' siiccessivi'incnt des anibassailriirs imiii' exposer ;in\ Kt.its leurs griefs personnels, (ni dut (l(''liljérer sur le sort de ces requêtes, qui s'él.iienf multipliées les jours précédents et menaeaient d'entraver les travaux de l'assemblée, J^e nombre des princes et des seigneurs écartés, dépouillés et exilés par Louis XI était énorme; tous arrivaient autour du nouveau roi, cherchant à recouvrer leurs biens et intercédant auprès de ceux qui avaient quelque part dans le gouvernement. Les députés confirmèrent sagement leur première décision, en déclarant que c'étaient là des affaires particulières auxquelles on songerait plus tard, et rpTil fallait d'abord ti-aiterles affaires générales.

Près de quinze séances s'étaient déjà écoulées depuis l'ouverture de la session, et l'activité des députés ne se ralentissait pas. Les travaux des commissions, les discussions des bureaux et les résolutions communes témoignaient également de leur infatigable ardeur. Aucun nuage n'était venu voiler leurs espérances. Les défiances et les critiques étaient réduites au silence; la sympathie publique faisait taire le murmure des intérêts froissés. La nation attendait tout de cette assemblée, d'autant plus populaire que le mystère entouiait encore ses travaux. Des enfants orphelins du luallieureux duc de Nemours au paysan accablé d'impôts, tous les opprimés du royaume tenaient leurs regards fixés sur l'assemblée qui allait soulager leurs maux. Pendant ces quinze jours, (pii forment la première partie de la session, le prestige des Étals n'avait pas cessé de s'accroître.

1. René II de Vaudemont succéda en 1473 à ^'icolas, duc de I^orraine. Voir le détail de ses prétentions sur le duché de Har et sur la Provence dans le procos-verbal de .Masselin, p. 9J, cl dans Commynes, édit. Dupont, t. II, p. :J93.

DISCUSSION SLR LE CONSEIL, FÉVRIER 14S4 'Mï.i

.)iis(|irici les deux partis que nous allons voir on lui le pondant six semaines étaient demeurés purs de toute violence comme fie foule l)assesse; les députés étaient animés d'un i'i'iii,ii'(|u,ihle élan. De leur coté, les princes du sang, in((uiels d'une situation si nouvelle, se montrai(>nt tour à tour les protecteurs ("t les courtisans des Étals: et dans cette émulation de réformes qui emportait à la l'ois les grands et les mandataires de la nation, le soulagement des misères populaires semblait le seul hul cl le bien public Tunique pensée.

Malheureusement, ces vues liount'tes furent ti-ouhlées par la discorde, et ces nobb^s espérances souill(''es par d<! vulgaires ambitions.

Ija composition du conseil du roi fui la première difiiculb'' sérieuse contr*^ laquelb' viul se heurter la bonne volonté des États généraux. Cette question soulevait à elle seule toutes les jalousies des seigneurs qui s'agitaient depuis la mort de Louis XI autour lie son jeune successeur. De la solution qu'elle recevrait allaient dépendre, en effet, l'exercice du pouvoir et le gouvernement du royaume.

Le mercredi 4 commença la discussion, et, dès le début, deux questions continuellement confondues jclèrent le trouble dans les esprits. Au lieu de déciili'i- d'.ihord en principe (ce qui était le point important) si les États devaient élire une partie des conseillers du roi, on se jeta inconsidérément dans une série de détails. La proportion des conseillers à choisir dans chaque province devint en un instant le sujet irritant : derrière l'intérêt de l'Ile-de-France ou de la Bourgogne se cachaient les ambitions personnelles des seigneurs, et on devinait aisément à travers l'aeliarnement impuissant de la discussion les sourdes intrigues qui égaraient incessamment le débat.

364 KTATS DE TOURS

Tuiilc l;i jdiiriirp (lu jevidi o séroul.i au milieu i\r> h(''sil;iti(iiis croissaiilos des députés, qui craigaaieiil, en épui-aiil la lislo, do blossor les princes dont les créatures remplissaient le eonseil. et qui n'osaient pas cependant trahir leurs devoirs en laissant auprès du roi des hommes incapables ou notoirement corrompus. Dès ce moment, on put prévoir que les haines personnelles des grands qui entouraient le roi exerceraient sur les députés la plus pernicieuse influence.

Le vendredi (i, le r<ii lit porter aux États la lisl(> exacte de ses conseillers. L'assemblée résolut d'envoyer aux Montils une députation, chargée en apparence de remercier les princes, mais en réalité de les sonder et de ('(iniiaîlre leur opinion sur la formation du cons(>il.

Dans laprès-diaée . douze députés furent admis dans la chambre du roi. Jean Masselin. chargé de porter la parole, remercia le roi de la communication du matin ; puis il se rendit chez le duc de Bourbon et chez le duc d'Orléans, qui affirmèrent que la volonté des princes était de laisser la plus entière liberté aux députés.

Le samedi 7, Masselin lit Ir récit de la mission (}ui lui avait été cunliée la veille, puis rassemblée reprit la délibération sur le conseil du roi '.

Le lundi î). la discussion atteignit des pr<iportions inattendues. Philippe Pot - prononça un grand dis-

1. C'est clans celte séance que fut prononcée la touchante harangue en faveur des enfants du duc de Nemours.

•2. Philippe Pot. seij^ueur do hi Roche, était né en 1428, en Bourgogne. Filleul et favori de Philippe le Bon, il avait été succt^ssivement chargé des missions diplnniatiques les plus importantes. 11 était doué d'une remarriuable éloquence, qui l'avait fait surnommer la boinhe de Cicéron. Quand la Bourgogne revint à la couronne, il entra au service de Louis XI.

DISCUSSION SUR LE CONSEIL, FÉVIUER Dli."»

cours, un l'dii li'uuvc rrsiiiii(''S dans un ma^iiifiquo laiii;ai^'i' !i'S pi'inci[)cs et Ifs idées de souveraineté nationali! qui ne devaient triompher que trois siècles plus tard. Malheureusement, les Parisiens firent repousser les sages mesures auxquelles l'accord de la N'ormandie et de la Bourgogne semblait donner les plus heureuses (diances.

.Malgré les hésitations qui retardaient cette grave affaire, on résolut de tenir la seconde séance royale. Les députés avaient accompli la première partie do leur œuvre. Ils avaient consigné, dans des cahiers que nous examinerons plus loin, les mcux de la France ;\ la fin du xv" siècle; ils avaient indiqué avec autant de luinièi-e (|ue d'indépendan(;e les principaux ahus àsu|jpi-iuier et les i'éforines que le pouvoir devait introduire.

Le mardi 10 février, le roi vint à Toui's, et l'assemblée s'étant réunie connue le premier jour, maître Jean de Rély ' eut la parole pour faire le grand discours en réponse à celui du chancelier.

Au milieu d'un amas confus de citations, après avoir opposé Aristote à Moïse, rapproché les poètes latins de l'Écriture sainte, cité l'exemple de tous les princes de l'antiquité et de tous les rois de France pour niulti|ilier les tlatteries dont il accablait le jeune

qui, en 1477. rétablit en sa faveur la charge de grand sénéchal de Bourgogne et lui donna de grands biens (voy. Catalogue des Archives, Monumeîiti^ historiques, n" 2."i68^. Nommé député aux États, il y joua un rôle considérable, fit partie du conseil de régence, et mourut, en 1494, gouverneur de la Bourgogne, où sa douceur et ses talents l'avaient fait adorer de la province. Voyez plus bas, t. 11, p. "i.

1. Jehan de Rély, chanoine de Paris et troisième député de cette ville, fut dans la suite confesseur de Charles VIII et évêque d'Angers. Ses discours, quoique médiocres, sont les seuls qui aient été conservés en français et imprimés peu de temps après la session des Klats.

roi. l'oralciir arriva aux grii-fs [jarlioiilirTs aux tniis ordrfs. L'obscurilé des expressions et la confusion des idées permettent à peine de saisir ce qu'il dit des violences des nobles et du relâchement des règles monastiques. Ces deux points longuement développés, il passa aux plaintes du tiers état, signala en courant la vénalité des offices, la corruption des juges, l'altribution des amendes et des confiscations aux magistrats, puis il résuma en quelques mots seulement les misères du peuple. Sarrètant alors, maître Jean de Rély céda la parole à maître Jean de Rheims, un des secrétaires, qui donna lecture des trois premiers chapitres relatifs aux trois ordres.

Le lendemain, mercredi 11, on sefîorça encore do s'entendre sur la question du conseil. Une réunion des sections eut lieu de grand matin : des envoyés du duc d'Orléans et du sire de Beaujeu ayant été successivement entendus, on tomba d'accord sur la garde du jeune roi. mais on ne put rien décider pour le choix des conseillers. Une réunion du soir, convoquée pour le mémo objet, fut aussi infructueuse que les précédentes.

Dès le matin du jeudi, les sections s'assemblèrent de nouveau. Le parti de la cour remporta une victoire presque complète : on donna aux anciens membres du conseil du roi le droit de choisir euxmêmes et de s'adjoindre douze députés. Les États se livraient au caprice des grands. Ainsi les intrigues des députés jointes à celles des princes firent échouer pour de misérables intérêts personnels la grande œuvre du bien public, dont un conseil élu aurait seul pu assurer le triomphe.

Dans l'après-midi eut lieu la séance royale. Maître Jean de Rély acheva son discours; on donna lecture des derniers cahiers sur la justice, sur le commerce,

CONFÉRENCE DES MONTILS, li FÉVRIER Mil

cl riiliii sur 11' conseil dti lui. I.c rlianccliiT [irit ai-ln d<'s (lélibrralions des Klals, les n'iiicrcia des services qu'ils vcnaii'ul de rendre à la nation, accepta au nom du iiij Ir syslrnic proposé pour la formation du consi'il '. l't annoiu'a qu'on s'occuperait de mettre à exécul ion l''S vœux des députés.

Cdl'- dernière promesse devait les toucher vivement. Tout récemment les États avaient réclamé des conférences avec le conseil lorsqu'il serait saisi do l'examen des cahiers. Ils avaient sollicité le droit d'élire une connnission à latjuellc on donnerait la charge de débattre au nom de Ions r( (rarr('lcr avec le conseil royal les futures ordonnances "-. Les États attendaient impatiemment la décision des princes, loisque, dans la matinée du samedi 14, ([ueUjues députés, ayant rencontré le président, apprirent de sa bouche que seize d'entre eux. désignés par le roi, étaient mandés pour le même jour aux Montils, afin de discuter avec le conseil r(pyal h'S vœux contenus dans le cahier. Ce choix arbitraire blessa d'autant plus les États que les députés appelés n'avaieiil ni la capacité ni l'indépendance qu'on eût cherché à rencontrer si chaque section avait nommé ses délégués. Les esprits les plus résolus proposèrent de S(; réunir sur-le-champ pour délibérer, mais la majorité'' jugea ce parti téméraire.

Les seize députés se rendin'ut aux Montils, où ils demeurèrent presque inoccupés les journées du samedi et du dimanche. Le lundi, sur les instances de quelques membres du conseil, Masselin, dont l'expérience en matière de finances était connue, fut mandé de Tours; mais on eut soin de l'écarter a])solunient de

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