Masselin, p
i. Masseliu, p. 31).
Le lendemain, IIJ février, eut lieu une réunion générale pour arriver à s'entendre sur cette grande question. Les princes s'étant transportés dans le lieu ordinaire des séances, le connétable prit la parole et exposa très nettement le débat. Les Ltats oflraient 'i ()()() lances * : les capitaines et les gens spéciaux trouvaient le eliilTre insuftlsant. A l'appui de cette opinion, le duc de |]()iiil)iin fit lire un tableau de répartition des garnis(lll^ du ruyainiie. et demanda que des capitaines fussent présents à la discussion, pour fournir à propos les explications nécessaires. Les États se rendaient peu compte des conditions du débat contradictoire dans une assemblée politique. A leurs yeux, leur indépendance eût été eonq^ntmise par la présence des gens de guerre. C'est ainsi qu'ils déclarèrent la délibération secrète, tout en ajoutant qu'ils ne refuseraient pas d'ouïr à d'.iulres moments les capitaines.
Dans l'après-midi, les sections s'assemblèrent; étant tombées d'accord, elles élurent, pour répondre au connétable. Jean Masselin, dont la parole indépendante devenait le naturel organe des États, lorsque ceux-ci montraient quelque courage -.
Le vendredi ^0, dans la séance du matin, l'orateur énuméra devant les princes, dans un langage simple et pn'M'is, qui contrastait singulièrement avec celui de Jean de Rély. les diverses dépenses auxquelles devait subvenir l'impi'it levi'- sur It^ peuple. Sebui lui, il n'y avait pas plus de (juatre ordres de dépenses
1. Masselin relève plus tard celte erreur : les Etats n'avaient pas indiqué de chitTre, mais simplement le nombre de lances qui existait sous Charles Vil,
2. Dans la séance de laprès-midi, eut lieu un plaidoyer contre Charles dArmaRnar, et les l-jtats donnèrent audience aux ambassadeurs de Flandre. — Masselin, p. 319.
VOTE DE L'iMrÙT, 21 FÉVRIER 1484 .{71
nécessaires : la maison du roi, le traitenienl (I(^s ofiiciers de justice, l'entretien des gens d'armes et les diverses pensions. « Ces matières se tiennent si étroi- Iriiiiiil. iuiiliuuait Masselin'. qu'on ne saurait en li'ailcr une sciilr à part: si l'on prodigue l'argent pour l'une d'i'llcs. les autres souffrent de rinsunisanee du 'rr(''sor. n Aussi les Etats demandaient-ils que ces (jualre points lussent examinés ens^Mnble; mais avant Idut ils réclamaient un état exact des recettes du (Iduiainr l'oyal et du produit des aides, en un iiiof. de tous les impùts, les députés tenant pour inipussiblc de fixer les dépenses sans connaître les recettes.
Quelques heures plus tard, le chancelier, après avoir pris \r temps de consulter les princes, revint au milieu des d(''|)utés. et leur tint le langage le plus conciliant. 11 soutint encore l'importance d'une grande armée et la nécessité de ne réduire aucune dépense, mais il annonça aux députés que le leudeinaiii les gens de linance leur remettraienl tous les r(iles de recettes, ainsi que la liste des pensionnaires-.
Le samedi 21, les six généraux et les six trésoriers se présentèrimt devant les États, produisirent les comptes et exposèrent successivement le budget des recettes et celui des dépenses. Pour la première fois, les députés réussissaient à tenir entre leurs mains les éléments précis de la situation linancière. C'était un innnense progrès qu'il avait été diflicile d'arracher aux conseillers du roi. Cette exigence des députés avait soulevé bien des murmures. « On voulait, disaiton aux Montils, examiner les secrets du roi, pour ainsi dire, les secrets de son cceur: b's l']tats généraux n'avaient jamais ose pousser si loin luudacc I Ou ne
i. Masselin, p. 331.