Discours de Masselin, p
YOTi: DE l"1MP('iT, 21 FÉVRIER 1484 'M'.i
Co discours, si cur'ifux à riiidicr. ikmis fail ix'^in'lrrr dans II' si'iiliiiuMit iiiliim' drs \'J:\\< : un y drcuuvro tout Cl' que contenait de sens pralicjue et d'habitude des afTaires l'intelligence de ces députés, sortis de leurs chapitres, do leurs villes ou de leurs châteaux, pour venir discuter les intérêts généraux du pays. Six semaines de travaux communs et de luttes journalières les avaient unis par des liens étroits; ils se connaissent, marchent du même pas, et comprennent ce ([ui peut seul assurer dans l'avenir le triomphe de leur patrioticpie fermeté. Continuons ce récit : nous aurons plus d'iiiii' l'ois occasion, en analysant plus loin l'auivre des l^lats, de revenir sur ce niagnilique résumé.
En présence d'une telle manifestation, la réponse du chancelier u'('tait pas facile. Depuis le commencciiiciit (If f(''vricr, les tètes s'étaient peu à peu échauffées : en constatant les résistances et en mesurant les obstacles, les plus intelligents avaient perdu la confiance na'ive des premiers jours; mais ils avaient péniblement acquis, en échange, un peu de cette expérience qui est le génie des assemblées. Autour de ce groupe ferme et modéré, les uns se sentaient envahis par le découragement habituel aux âmes faibles mises en présence de la lutte, les autres ressentaient une irritation excessive qui leur enlevait toute force et toute influence. L'attitude du conseil du roi s'était également modifiée : pleins d'espoir au début dans la convocation des États parce qu'ils en espéraient fort peu de besogne et beaucoup d'éclat, les seigneurs n'avaient pas tardé à reconnaître toute l'étendue de leur erreur. Ceux qui avaient invoqué le souvenir des États du roi .Ican et prédit le péril au-devant duquel courait l'autorité royale ne manquèrent pas de s'enorgueillir de leurs prévisions. Les princes eux-
iiit''inos. ((ui avaient llattr Ifs Hlats ol fiiloiin'' Ir-. d»''[)ul(''s (le leurs caresses, sentirent ieui-zèle se changer en hésitation, de sorte quun mois après l'ouverlure des États, lalliance conclue en phrases sonores pour le bien puhlir s'était évanouie, pour faire place ù une lutte sourde que chaque incident allait rendre j)lus évident!'.
Telle était la situation lorsque Massclin avait oU'ert, au nom de ses collègues, de voter pour deux ans l'impôt et les troupes au taux admis sous Charles VII, à la condition que le gouvernement indiquerait dès lors pour ce terme une nouvelle session d'États généraux. C'est en présence de cette déclaration formelle que se trouvait placé le conseil du roi. Trois jours de longues délibérations n'ayant abouti à aucun résultat, on appela, le 25 février, quelques députés, auxquels on fit connaître les obstacles qui s'opposaient à une réduction des dépenses. On convint avec eux dune séance générale, qui se tint le lendemain 26. Le chancelier ne prit pas la peine de cacher son mécontentement : il lit le tableau des dangers qui menaçaient 11- royaume au dedans et au dehors, sous une minorité, démontra la ni'cessité d'une nombreuse armée et conclut en i-éelamant en plus 300 000 livres '. Ce discours fut assez mal accueilli ; des murmures éclatèrent dans tous les points de la salle lorsque le chancelier demanda qu'on se réunît sur-le-champ, « non point, dit-il. pour y délibérer, mais pour remercier le roy des grâces qu'il vous a fait-'».
Loin d'obéir à cette impérieuse injonction, les