Mafsclin, p. 301, note
2. Masseiin, p. 389. Celle plu'ase. qui termine la liarau^'ue du Chancelier, esl rapportée d'après la plus ancienne édilioa (1484), qui donne ce discours eu français.
VOTE DR l'impôt, 21 l'KVRIER li-8i- :!7:;
(l.piiti's se i-rlirrroiil (l;ins les l)Ui"o;iii\ ' Li's propositions du cliaiicflicr avaient soulevé rindigiiation générale. Ou eompi'il alors cjuon s'était li'op pressé (II- voler riiiip(M : iii;ii<. dipiii-^ idiisicurs jours, les d(''pnti''s .ivaicul une telle hâte de lei-miiier la session, (pi'ils étaient disposés à accueillir tuut ce qui pouvait, sans trahir leur conseience, hâter leur départ. La perspective d'une revision liénérale des lomptes les {plaçait deUVoi. On |)roposa dans les sections, et ce parti était le [)lus safi;e, de donner à cha(pu' province la l'ei'nie des aides et du domaine: puis, après une louuue d(''li!)(''ration. on se contenta de répondre pai' un relus formel du suppli''ment de 300 000 livres ré(dam('' pai- le chanceliei-. tant son langage avait blessé la liberté du peu|)le -.
L'irritation gagnait peu à peu les di'pulf's. Masselin, dont nous avons remarqué le courage et discerné depuis le prenner jour resi)rit polit iipie. lut désigné par acclamation [»oui' parler de nouveau au nom des Klats. Ainsi cet orateur, mécontent et délaissé au début de la session, devenait l'ùme des résolutions depuis que les exigences des princes avaient provo(pié la l'ésistance de lasscnublée.
Il «levait |ir(Mioncer son discours le vendrcMli :27 février, mais la s(''ance g(''ni''r;de fut subitennuil ajourn(''e. Ouand le conseil du roi avait appiis (pie les d(''|)utes, loin de cé(|er. sall'ermissaient dans leur opinion, il avait été résolu (|ue (diacun des princes ti'uterait un dernier (dl'ort aupi'ès de ceux que la communauté (rinti'n'ds on la r<'couuaissance mettaient plus particidièrenieul à sa disi-rétion. Aussi, dans la matinée <lu vendredi, les «b'qiutés les plus in-
1. Voyez plus i)as. tome K : États de Tours : Or/janisation financière.
2. Prssertim (jwmI lihertatem pojtuli /j'deret. Masseliu, p. 40i.
llufiils (les sections furent-ils mandés individuollcmenl aux hôtels des princes. Dans ces réunions, on mit tout en œuvre pour faire plier leur courage : ils furent circonvenus, flattés et menacés tour à tour avec l'autorité que donne une situation élevée dans l'État. Rien ne peint mieux la disposition des esprit.; que ces conversations familières, dans lesqucllos aucun appareil ne retenait la pensée : toutes les opinions se faisaient jour avec une entière liberté. Masselin, qui nous les rapporte, se trouvait aux prises, ainsi que ses collègues de la Normandie, avec les seigneurs de Dunois, de Torcy ', de Genlis -, et avec les évêques d'Albi ^ et de Coutances ^. « La section de Normandie passait pour la plus violente, leur disaiton. Le roi lui en garderait une rancune éternelle, si elle ne s'empressait de rentrer sous lobéissance. Il fallait se hâter de saisir le moment opportun : encore quelque acte d'entêtement, il serait trop tard, et les députés s'en repentiraient. C'est à ceux qui ont été les premiers à résister à revenir les premiers quand la résistance devient séditieuse. »
A ce langage menaçant, les députés répondaient que « personne ne devait être surpris ou irrité de ce quayant reçu un mandat du peuple, s'étant chargés de sa cause et ayant juré de la so\itenir. ils la défen-
1. Jean dEstouteville, seigneur de Torcy, fjrand niiître des arbalestriers de France; mort en 1404. (I^ Anselme, VIII, 87, 88.
2. Jacques de Hangest, seigneur de Genlis, conseiller et chanbellan de Charles VIII: mort en 1:H4. (P. Anselme, VI, 746.)
.3. Louis d'Amboise, évèque d'Albi, avait été en 1480 lieutenant général pour le roi en Bourgogne: mort en IciO.ï. {P. Anselme, VII, 124. j
4. Herbert, seigneur de Verger, évèque de Coutances en 14"8 II mourut en I.jIO. après avoir fondé 14 bourses au collège. d'Harcourt, pour {"éducation de jeunes gens pauvres, [(iall. Chrixt., XI, 897.)
RÉSISTANCE DES DÉPUTKS, 27 FÉVRIER \ Wt .{77
dissent (le lonif's leurs forces, nlor-s snrtnul (pi'il
s"as^'iss;iil île !;i liei'pr'l llili'' Hes l;iilles. oilieilses ;"i l;i
nation. Ils i',i|)|)elaienl avec loree (ju'ils étaient avant tout les ma ndal aires du peuple ', et (|u"ils porteraient le poids dune terril)le responsabilité, s'ils désertaient sa cause, en réprimant le cri de leur propre conscience. »
Les seigneurs tournaient alors en di'-rision leurs scrupules. « On voyait bien, disaient-ils. (jiie le seul l)ul des Klals était de diunnin'i- l'autorité royale; leur prétention était sans doute d'écrire^ la constitution d'une monar(diie imaginaire <'l d'aixdir les ancienn.es lois; le peuple, dont ils parlaient tant, serait enchanté de la réduction offerte par le l'oi.... D'ailleurs, sa joie ou sa peine leur était Indill'i'Tente. l'n roi était fait pour gouverner, et |)ouvait prendre, suivant les besoins du royaume, tous les Ijiens de ses sujets.» Étranges maximes, que plusieurs siècles de progrès ont pu à peine déraciner, et que couronne l'apostrophe violente d'un des seigneurs, s'écrianl : « Moi, je connais les vilains et les manants! ils ne doivent j}as entrevoir la liberté : il leur faut le joug ^. »
« Ce n'est point ici le lieu de discuter, répliquèrent froidement les députés, et nous ne le ferons pas. Le jour où il plaira au roi de nous recevoir, nos orateurs seront assez éloqvu^nts pour battre nos adversaires avec les armes de la raison, et pour rendre évident à t(tus (|u'il n'est point pernds au roi de prendre les biens de ses sujets contre l'avis commun des Ktats. »
Qu(dques heures après ces débats, les sections se réunissaient. On s'apercevait sans peine que les solli-