INFLUENCE DES KTATS DE TOURS
en gard.tiil d (•l)srrv;iiit h's libériez ot privilegos de ce royauiiir. cl (|ii(' les nouvolloloz, griefs et mauvaises inlioiluclioiis (|iii. p.ir r-y devant, puis rci'tain temps en ea, ont cslr t'aictcs. soient repaireez : et de ee supplient très humhleuu'nt le roy. nostre souverain seigneur ' ».
A ees demandes si énergiqueinent formulées, le eonseil i-épondit que « le roy estoit content que les eslaz se tinssent dedcns deux ans proudiainement venant et les manderoit ».
Cette promesse était fonncllc l'aile lut violée.
Un an s'rlail reoulé depuis la réunion des députés à Tours, lorsque le prinee qui devait être Louis XII, jaloux d'Anne de Beau jeu et cherchant à former contre elle une ligue puissante, se présenta avec le comte de Dunois devant la cour du Parlement. Il annonça qu'il était venu pour adresser aux magistrats des remontrances.
Le prince iit alm-s. par la ixtuchc de son chancelier. Denis le Mercier, le tableau de létat de la France : c'était à ses prières ((uavait été due la convocation des États de Tours; cette assemblée « avoit été fort empeschée par aucuns qui vouloient. comme encore veulent avoir, le gouvernement du loyaume et de la personne du roi », mais heureusement « elle estoit arrivée à faire de grandes, belles et protitables conclusions, ainsi que chacun scait ": mais depuis Madame de Beaujeu s'était emparée du gouvernement, et « quoique les sommes des tailles octroyées à Tours aient été spécifiées et déclarées, et que Ion ne peust ni deust asseoir sur les peuples autres ni plus grandes sommes que celles qui avoient été octroyées et accordées ». (( néant moins la despense de Tannée passée
\. Mnsselin, p. l'il.
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(■xii;iT,i une cnic de 1:2(I0()()() livres. Aussi <( scroil-il liicii iitilr(|uc le roy (isl asscmbhMMlcrcclipf les osl;tts (le sou royaunip. pour, par leur conseil, donner sur lout l)on ordre el provision. »
La V'acquerie, |)reniit'r ])r(''sidenl du l'arlemi'id, répondit ([ue l'union des princes devait t'ire le premier bien de l'Étal, que la cour était « instituée par le roy pour administrer justice et (pi'idle navoit point l'administration de guerre, de linances. ni du fait et gouvernement du roy ni di'<: .yi'ands pritK-es ». Le comte de Dunois prit alors la parole pour insister sur la nécessité de convoquer les Ltats: mais ses eftbrts n'aboutirent point. H était trop facile de deviner l'intérêt jjersonnel dei'rière le masque du bien public dont se couvraient les princes. Le Parlement, et après lui l'Université, ne s"y laissèrent pas tromper. Loin de hâter la réunion des députés, les entreprises du duc d'Orléans n'eurent d'autre etlet ((ue d'efîrayer ceux qui auraient été tentés de demander l'année suivante la convocation promise des États Généraux, eu leur révélant le parti ({u'en pouvaient tirer les intrigues des princes et les impatiences de l'héritier de la couronne '. (Voir plus bas, Addition C, page 403.)
Tel fut l'échec qm^ subit la |)Iiis sérieuse tentative qui ait été faite au xv'' siècle pour assurer la périodicité des assemblées nationales, l^es Étals de Tours la voulaient sincèrement, et ils étaient capables de l'obtenir, s'ils avaient compris que du choix des conseillers du jeune roi pendant sa minorité devait dépendre le succès de tous leurs vteux.
1. Registres du i^arlement du lundi 17 janvier 1483 (a. s.), publiés par Michaud, ^f^ série, t. V, p. 573, et par Godefrov, Hixt. do Charles. VIII. in-folio. IGS'f, p. 460.
ADUITION A