Grandes Chroniques, p
2. Nous analyserons successivement ces articles en traitant de l'inlhience exercée sur l'administration et la justice par les États du roi Jean. Voyez le tableau de l'ordonnauce de mars, p. 85.
3. Grandes Chroniques, p. H. Secousse (préface, p. lui) résume la session de ces Etats en citant l'auteur d'une chronique manuscrite. Biblioth. du roi. p. 737. — « Les trois Estais assemblez à Paris par le régent furent conduits par aucuns, obstinez, outrecuidez, qui vouloient que le duc se gouvernast du tout par eux, et qu'il muast tous les officiers et delivrast le roy de Navarre; ce qu'il ne voulut pas faire sans avoir le congié
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Dans (|ii('IIf' siiiialion allaient-ils trouver les provinces? Il est nécessaire de rindiquer pour apprécier rinlluence politi([ue des Etats généraux.
En convcxpiant les Etats de la Langue d'oïl à Paris pour le mois d'octobre, le dauphin avait mandé à Toulouse, pour la même épocpie, les Etats de la Langue d'oc. Il n'entre point dans notre plan de raconter les sessions d'Etats provinciaux. Mais (;ette assemblée sert à démontrer, et c'est là son honneur, quel progrès l'unité française avait fait au xiv^ siècle.
Il est hors de doute que le sentiment royaliste, si cette expression toute moderne nous est permise, l'tait plus ardent alors à Toulouse ([u"à Paris. Cinq mille hommes d'armes et un subside ' ne suffisant pas à leur enthousiasme, les députés prirent les résolutions les plus singulières pour donner au dauphin des preuves de leur vive douleur. Ils ordonnèrent pour un
de son père, et par son sens, les fit départir sans rien faire, l>our éviter leur importunité. ■>
1. I.a guerre ayant cessé bientùt après (trêve de mars), une grande partie de cet impôt extraordinaire fut mise à la disposition du roi et envoyé en Angleterre, où, grâce à cette ressource, une certaine abondance régna dans sa maison. Hist. dit Languedoc, par dom Vaissete. Paris, 1742. — Archives de la maison de Condé. Comptes de l'hôtel du roi Jean pendant la dernière année de sa captivité en Angleterre : « La muniticence affectueuse des habitants du Ijanguedoc ne s'était pas boruée à un sim[)le don d'argent; le roi avait re<:u aussi uu envoi considérable de vins... Cet approvisionnement excédant les besoins de la maison royale, Jean, tout fier chevalier qu'il était, lie dédaigna pas de faire le commerce...; il en vendit une grande partie, et l'opération ayant réussi, le roi se fit expédier de nouvelles cargaisons de vins achetés par son receveur à Toulouse. » Notes et doc. relatifs à Jean, roi de France, et à sa captivité, publiés par M. le duc d'Aumale, p. 42 et 43. — Ce vin était fort apprécié par l'aristocratie et les riches bourgeois de Londres. C'est sans doute une des premières traces du grand commerce de nos vins du Midi avec l'Angleterre.
an, si le roi n'était délivré, une sorte de deuil public '. Puis ils reproduisirent les principaux articles de la grande ordonnance de décembre ISSo, témoignant ainsi, par une s(jrte d'adhésion solennelle, de la communauté de leurs vœux : égalité de limpôt, perception par les députés, refonte des monnaies, droit reconnu aux États de se réunir f[uand ils le jugeraient à propos, tels sont les principes admis par les députés et sanctionnés plus tard par le lieutenant du roi.
Mais cet élan d'une i)r()vince ne changeait pas la situation générale : le subside offert à Paris ne pouvait suffire à la conduite de la guerre. Le dauphin le sentait bien, et, depuis la dissolution des États, il avait fait auprès des.échevins de Paris et de leur chef, pour obtenir des ressources, des tentatives inutiles, que la nécessité l'avait contraint de renouveler à son grand déplaisir. Les bourgeois de Paris comprenaient trop bien qu'on avait un besoin absolu de leur argent; ils se refusaient à tout arrangement, si le dauphin n'en revenait aux conditions posées par les Etats et ne les convoquait de nouveau. Comme de tous les partis c'était le dernier qu'il fût disposé à tenter, le duc de Normandie, recevant des provinces quelques nouvelles satisfaisantes -, imagina de s'adresser séparément aux
1. Pendant une année « homme ne femme ne porteroit or, argent ni perles, ni vair, ni gris, robes ne chaperons découpés, ne autres coiutises, et qu'aucuns ménestriers ne jongleurs ne joueroient de leur mestier ». Grandes Chroniques, p. 42. — Voyez en outre Secousse, préface des Ordonnances, p. tm.
2. Dans certaines provinces, les députés les plus exaltés avaient été fort mal reçus à leur retour de Paris. A Soissons, deux citoyens de la ville furent maltraités pour les paroles injurieuses qu'ils avaient dites dans les États ccsntre les conseillers du roi. — Voir les lettres de rémission obtenues par Jean le Gueux (un de ceux qui avaient ainsi maltraité les députés), juin 1359. Rcg. 90. Très, des chartes, n» 185.
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bonnes villes; il -se disait que l'audaee des meneurs avait sans doute intimidé à Paris le dévouement de certains députés, (ju'on retrouverait une ardeur sincère dans les villes pleines du prestige de la royauté, ou tout au moins émues de ses malheurs; c'est avec cette secrète espérance ipie Charles envoya plusieurs conseillers du roi dans les bailliages pour demander des subsides. Un grand nombre d'États provinciaux se tinrent donc à l'entrée de l'hiver; seul entre tous, le procès-verbal des Etats de Clermont en Auvergne s'est conservé jus(ju'à nous * ; il nous apprend que les demandes du daui^hin (un double subside et un double décime) avaient paru exorbitantes, et que les di'putés, les ayant refusées en partie, accordèrent un impôt modéré -, et liront sur plusieurs matières des règlements absolument conformes aux remontrances rédigées à Paris et rapportées soigneusement en Auvergne '. Tém.oignage précieux pour l'histoire, et qui démontre l'influence exercée sur la France entière par les délibérations des élus 1
Ainsi le dauphin pouvait réussii' au point de vue de l'impôt, mais chaque réunion d'États était évidemment le signal d'un nouvel échec de sa politique. En ce temps-là courait par toute la France, au centre comme aux extrémités du royaume, je ne sais quel souffle de réforme, qui entraînait dans le même courant toutes les assemblées. Au midi, on respectait
1. Compte de Robert de Riom, receveur général du subside. Proc.-verb. des États partie. d'Auvergne, cités par Secousse, préf., p. Lvi.
2. Il était voté pour un an, mais ne fut perru que deux mois, les États de février ayant établi à la place un impôt général. On leva en Auvergne 30 791 livres 9 sous 6 deniers, d'après le Compte de Robert de Riom. Secousse, préf., p. lxu. — Commencée le 29 décembre, cette session fut close le 3 janvier.