‹ Histoire des États-GénérauxChapitre 36 sur 202 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

mander au cumlc (i'Aiijftu ', frrre el lifiihMianl, du dauphin, le relrait, de l'ordonnance. N'ayant pas oliteiui de rcpf)nse, le prév(H y retourna le lendemain, escorté d'une foule d'iiabitants de ]*aris. Enfin, le troisième jour, le rassemblement fut si considérable que le jeune prince prit peur et sus[)endit l'exécutiiiii de l'ordonnance jusijuau retour de son frère'. Pour la première fois, Etienni; Marcel s'était fait appuyer par rémeute; pour la première fois, la foule avait imposé ses volontés au pouvoir; à partir de ce jour, nous voyons la résistance pacitique et légale se changer en une lutte violente.

Le dauphin revint le 14 janvier ^. Il trouvait Paris entre les mains d'Etienne Marcel, prêt à exécuter les menaces du prévôt des marchands et à soutenir ses projets. Charles comprit mal la situation : l'habileté n'était plus de mise; il n'y avait plus que deux partis possibles : la lutte ou les concessions. Il essaya d'abord d'envoyer au rendez-vous pris avec le prévôt des marchands quelques-uns de ses conseillers. Etienne Marcel s'y rendit suivi d'une foule de Parisiens en armes. Les envoyés du dauphin lui demandèrent de lever l'interdit dont il avait frappé au début la nouvelle monnaie; le prévôt et le peuple répondirent d'une seule voix « que rien n'en feroient ». Et les conseillers, en retournant au Louvre, purent entendre les ordres du prévôt commandant aux ouvriers de quitter leurs métiers, les cris de l'émeute appelant

1. Louis, second fils du roi Jean, né en 13:î9, plus fard duc d'Anjou et roi de Naples.

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