Grandes Chroniques, p. M et
3. Il comprenait si peu combien les têles étaient montées que Pierre de la Forest, cardinal depuis quelques jours à peine, l'ennemi déclaré des concessions et le plus impopulaire des conseillers du roi, l'accompagnait dans son entrée solennelle à Paris. {Grandes Chroniques, p. 48.)
Paris oux armes, et les menaces de mort contre les officiors du roi proscrits par les Etats. Cette fois, sous l'impression de la terreur, les yeux du dauphin s'ouvrirent : il vit que la lutte elle-même n'était plus possible; naguère il avait résisté aux députés des Cordeliers; mais au peuple, ignorant et furieux, il ne pouvait opposer ipie la force, et le Louvre était à peine gardé '. Le lendemain, iO janvier, dès la première heure, la prince se rendit au palais, où, de leur côté, s'étaient réunis le prévôt des marchands et les principaux bourgeois de Paris. Arrivé dans la chambre du Parlement, le lieutenant du roi leur dit « qu'il n'étoit point mécontent d'eux, qu'au besoin il leur pardonnoit tout le passé ; qu'il accordoit aux gens des trois Etats de se réunir quand ils voudroient; que comme premier gage de ces concessions, il destituoit et mettoit hors de son conseil les officiers du roi que les États lui avoient autrefois nommés ; que même il les feroit prendre s'il les pouvoit trouver, et emprisonner jusqu'au retour du roi, qui en feroit bonne justice. (Juant aux monnoies, quoique ce fût du droit du prince de les changer, Charles s'engageoit à ne plus émettre les nouvelles pièces. Descjuelles choses le prévôt des marchands requit lettres qui lui furent pctroyées ^. » Ainsi, pour la seconde fois en six se- "^maines, la puissance royale cédait devant la foule armée. Le dauphin nétait plus désormais que l'instrument d'une ville en insurrection. Exemple frappant des concessions faites trop tard : deux mois plus t(H, Charles régnait par les Etats; aujourd'hui il est contraint de s'humilier, non devant les députés des trois ordres, mais devant lémeutel
\.- Grandes Chroniques, p. 49.