Grandes Clvoniqws, p. Gl et
2. A peine rentré dans Paris, le malheureux dauphin était retombé sous le joug du prévôt. Marcel avait encore une telle autorité, malgré la désalTection qui commençait à poindre, qu'il envoya, indépendamment du dauphin, des lettres de convocation pour les États. 11 contraignit même le prince à rappeler l'évèque de.Laon, qui était retourné dans son diocèse au moment où le dauphin s'éloignait de Paris; Robert le Coq, qui cherchait à se faire valoir, fit mine de ne pas vouloir revenir à Paris, mais le 7 novembre il était à la tète du clergé. [Grandes Chroniques, p. 62.)
Les trois Etats, beaucoup moins nombreux qu'aux précédentes sessions, s'assemblèrent au jour fixé et tinrent plusieurs conférences aux Cordeliers; il parait ([u'ils avaient déjà rendu un assez grand nombre de décisions, lorsqu'un grave événement, la délivrance du roi de Navarre, échappé de sa prison, vint jeter le trouble dans leurs délibérations. Le parti d'Etienne Marcel et de l'évoque de Laon, découvrant ses secrètes espérances, applaudit à cette nouvelle et reprit courage : on apprit aussitôt que la mise en liberté de ce prince était leur œuvre. Le chef de la noblesse, Jean de Picquigny, celiu qui s'était montré le plus ardent dans les dernières délibérations, avait exécuté leur ordre en amenant triomphalement dans Amiens, le 8 novembre, le prisonnier, enlevé de nuit du château d'Arleux, où il était renfermé i.
Pendant que le dauphin, sous la pression de sa famille, des Parisiens et de leur prévôt, délivrait un sauf-conduit au roi de Navarre, les États généraux, déjà amoindris, voyaient partir les députés de la Champagne, de la Bourgogne et de plusieurs bonnes villes, ne voulant ni assister à l'entrée du roi de Navarre dans Paris, ni accepter la responsabilité des actes que Tatlitude des meneurs leur faisait prévoir -. Ainsi, le caractère des députés se dessine de plus en plus nettement : disposés aux réformes, mais ennemis des révolutions, ils n'hésitèrent pas à se retirer quand ils découvrirent (ju'on cherchait à ébranler la monarchie.
Le roi de Navarre fit son entrée dans Paris le 3 décembre; les États, désorganisés, ne représentant, ni par le nombre des députés, ni par leurs mandats, la