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Grandes Chroniques, p

JANVIER 13o8 , 73

Vdldiih' (lu |i:iys, résolurent, à la grande; joie du dauphin. (i"aj(un'ner au li janvier la suite de leurs tléliln'ralitins.

Dans l'idal où était le royaume, ee que les partisans de Marcel craignaient le plus, c'était une assemblée sérieuse, représentant conii)lètenient Fopinion nouvelle qui faisait de si rai)ides |ir(jgrès en France. C'est il cette crainte que nous sommes enclin à attribuer la réunion anticipée des Etats cpii se tinrent le :2 janvier : on évitait ainsi la présence des déput(''s des provinces convoqués pour le 14 K Aussi n'y eut-il aucun noble et peu de gens d'Eglise ^

Maigre ce calcul, les esprits étaient telleinent enilanimés que les députés ne parvenaient pas à s'entendre; las de ces divisions, ils s'ajournèrent encore une fois au 11 février. Mais, comme le trésor était vide et que ces prorogations continuelles néde remplissaient point, les députés, à bout de ressources, en vinrent à recourir au moyen le plus odieux, à celui qu'ils avaient jadis mis leur honneur à combattre : ils aft'aiblirent la monnaie, et décidèrent que le duc de Normandie toucherait le cinquième du prolit, les quatre autres cinquièmes demeurant afîectés à la défense du royaume. Cet expédient, tout provisoire qu'il parût être, fut désastreux. 11 sert à nous montrer que le pouvoir aljsolu, quelle que soit sa forme, qu'il soit aux mains d'un despote ou d'une assemblée populaire, arrive fata-

1. Plusieurs villes ne reçurent même que le 4 la convocation pour le 14 janvier. Voyez le Compte de llobert de Riom,. préf., Ord., t. m, p. LXx.

2. A l'ouverture des États, le 2 janvier, la noblesse n'était pas représentée; mais, dès le milieu du mois, les nobles, convoiiués pour le 14, étant arrivés, délibérèrent avec les autres ordres; ainsi peuvent s'accorder les Chroniques de Saint-Denis et l'ordonnance du 22 janvier, (jue Secousse trouve en contradiction formelle.

It'UH'iil, |)ar Tiibsencc m'^iiic d'un ci)ntre[M)i(ls, à pro- (luifc les maux qu'il s'était vante de guérir.

Sans doute, en se séparant, les députés furent charges de consulter les bailliages sur plusieurs points importants ', car nous trouvons dans un document authentique la ])r(ii\r (pi'une assemblée d'Etats de l'Auvergne eut lieu à Clermont le 8 février, « pouiouïr le rapport de ceux ([ui avoient été en France - ".

La sitn;ili(in ne cessait de s'aggraver. Depuis deux mois Paris avait été le théâtre des plus étranges scènes. L'entrée du roi de Navarre, ses discours pour émouvoir les bourgeois, puis, après son départ, l'énergie <lu dauphin, prenant lui-même la pai'ole aux halles et ramenant à lui la foule par son habileté, l'inquiétude de Marcel, faisant alors appel aux plus mauvaises passions populaires, loutes ces tentatives pour séduire ou entraîner le coin^in prouvent que le pouvoir, échappant aux échevins, était tombé entre les mains du plus bas peuple.

Le 11 février, plusieurs députés du clergé et des bonnes villes s'assemblèrent à Paris : ([uoique les nobles fussent de moins en moins nombreux, il pai-ait cependant (pie leur ordre fut représenté ■'. Après {dusieurs conférences, il fut décidé qu'un subside d'un demidixième serait payé par le clergé, (fue dans les villes un homme serait armé par 75 feux, dans les campagnes par 100 feux. C'est sans doute dans cette session que le duc de Normandie prit le titre de régent (jue nous

1. 11 faut bien remaniMor que les députés emportaient avec cnx, en se rendant aux États, un mandat souvent impératif et en tout cas fort limité, dont ils ne pouvaient se départir; aussi élaient-ils ohlisés de consulter leurs commettants.

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