Grandes Clironiqiies, p
2. Voir la lettre du roi au clergé de Soissons pour hâter l'envoi de l'aide volée à Compiègne, lo juin i3y8, Ord., t. III, p. 692.
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de viio du pniivdif i-oyal, a un caraclrre (lu'il ne faut pas oublier. VA\e a su être, nialf^ré la réaction (|u'elle représente, profondément modérée. Prêtant son appui au dauphin afin de réagir contre les actes révolutionnaires de la capitale, elle a montré assez d'indépendance pour protester hautement contre les fraudes monétaires et les désordres financiers. La fidélité de ces députés et leur énergie loyale apprirent à Charles, qui devait être si effrayé des assemblées populaires, ce qu'on pouvait attendre parfois de leur sagesse.
A partir des Etats de Compiégne, une année se passe sans réunion nouvelle, mais pendant cet intervalle tout change dans le royaume.
A Paris, la commune, privée du régent, qu'elle dominait, et des États, qui étaient la base de son autorité, voyait augmenter chaque jour l'impopularité de son pouvoir. Le soulèvement des paysans, qui n'avaient pu supporter sans révolte les maux ([ui les accablaient, ni voir sans envie les tentatives des nobles et des bourgeois essayant d'arracher à leur souverain des concessions et des privilèges, avait offert au fougueux Marcel une alliance qu'il n'avait pas su repousser *, La révolution, déjà c(»mpromise, fut en un instant perdue. Le dauphin, avec les ressources fournies par les Etats de Compiégne, tint la campagne, écrasa la Jacquerie, investit Paris, et accrut, par les horreurs de la faim, l'irritation qui poursuivait Marcel. Dans la nuit du !'''■ août, le prévôt et (iue](pies-uns de ses compagnons l'iiirnt assaillis pai- les partisans du duc, et tués, au
1. Parmi les principaux griefs du dauphin contre Marcel et son parti, se place au premier rang le tort d'avoir «^ esmeu les « gens du plat pays de France, de iJcauvoisis, de Champaigne « et d'autres lieux contre les nobles dudit royaume, dont tant « de maulx sont venuz que nulz ne les doist ou piiet penser ». Lettre du dauphin au comte de Savoie pour lui exposer la rébellion. (Voir p. 79, note 2.)