Remontrances, art. 7. Ane. lois fra., t. IV, p
niin (in'ils n'iiiiilcnl pas la iwf^Yi'^am'C, de leurs pirdccesseurs, (|iii « venaient tari en bcsoigne, et, quand ils y estoicnt venus, petitement l)es()if>n()içnt * », l'ordounancc leur enjoint (pie « chacun jour, dès soleil levant, ils viengnent » au lieu inditpu; « pour conseiller ce qui sera à faire et dépescher pour la journée, en prenant, entendant et expiMlianl les jdus grosses et pesants bcs( lignes - ».
On leur constitue de l)ons gages, en d(''cidant « f[ue celui ([ui deiïaudra de venir bien matin audit conseil et à l'heure dessus dite, il perdra les gages entièrement de lacdilc journée; et si il est accoustumé de ce faire, il sera privez et ostez dudit Grand Conseil ^ ».
Le Grand Conseil, ainsi constitué sous l'influence des États généraux et composé des plus ardents, allait devenir le centre et comme le pivot de la réforme ; aux membres expulsés avaient succédé les députés les plus influents; l'esprit des États animait le Conseil *. Cela ne suffisait pas à assurer la rapide exécution des
1. « ... Et estoit heure tierce aiuçois que on commencast à besonsner, et puis tantost ailoit on rlisner, les disnées desdits officiers estoicnt longs, et faisoit l'on peu après disner les choses proflitajjles, et ainsi estoicnt les délivrances si très longues et si dommageables aux ponrsuivans qu'il/, s'en aboient courroucez et dommagez.... » (Remontr., art. 13.)
2. L'ordre des travaux est même réglé par l'ordonnance : « Quand ils auront une besoigne entreprise ou encommi'uciéo, tiu'ils la délivrent et mettent du tout à fin, avant ({u'ils eu voient à une nouvelle. » (Art. i2.)
:i. Ord. de mars, art. 43. — Remontrances, art. 3.
't. D'après Froissart, nous avions cru, avec tous les historiens, que le conseil avait été renouvelé par les Etals et composé de 36 membres. Cette indication est fausse aussi bien que celle de M. Douët d'Arcq attribuant au conseil le nombre de 34. Voir la savante dissertation de M. Noël Valois qui démontre qu'en nommant, le 10 mars, six ou sept des leurs au conseil, les Etats en changèrent à leur profit la majorité. lijid.,
mesures : une commission de généi-aux réfoi^ntateursi pour tout le\royaunie fut instituf-e par le dauphin ', Leur autorité était sans limites; dès le premier jour, ils dominércnl le daupliin et lui dictèrent ses résolutions; ils résidaient à Paris, avec le droit d'instituer, sous le couvert du duc, des réformateurs provinciaux ^
La Chambre des comptes était désignée la première à leur examen; le nombre excessif des conseillers, leurs énormes profits et l'expédition cha([ue jour plus lente des affaires rendaient nécessaire une réorganisation complète. La grande ordonnance indique les termes de cette réforme : un certain nombre de gens sages, loyaux et experts, pourvus de gages suffisants, obligés de venir à la Chambre des comptes chaque matin au soleil levant, prêts à expédier les affaires rapidement, dans leur ordre, « sans faire aucunement muser les partie» », tel était le programme ^. D'autres articles concernent le Parlement*, les maîtres des re- (juétes de l'hôtel ^ et les autres officiers de justice; ils ne semblent donner aux réformateurs que le droit de fixer le nombre des gens qui occuperont ces diverses charges, mais les Grandes Chroniques nous apprennent que ces officiers agirent pour le Parlement aussi radicalement que pour la Chambre des
1. Arch. Nat., J. J. 89, n" 150. .M. Siméon Luce a donné la liste (le ces neuf réformateurs cinq ders, deux chevaliers et deux bourgeois), dans ses notes sur Froissart, t. V, p. xix.
2. L'ordonnance n'insiste pas sur leurs fonctions et sur leur autorité, qui sont mieux définies dans les remontrances (art.iO). -Mais les réformateurs généraux n'en ont pas moins existé et exercé leur pouvoir; les Grande.^ C/ironii/iies en témoignent à plusieurs reprises, et les ordonnances postérieures, qui font allusion à leurs réformes, ne laissent aucun doute sur ce point.
3. Remontrances, art. 9. Ord. de mars, art. i'.i. i. Remontrances, art. 9. Ord. de mars, art. ii. 0. Reoioutrances, art. 6. Ord. de mars, art. 46.
RÉFORMATION GÉNKRALE 93
(■(im|il('s, suspendant tous les m a .mistrals pour épurer plus lacilement ces grandes coni|)agnies '.
Ce travail ne suffisait pas à leur ardent désir de réformes : nous avons vu eoinnu ut ils avaient demandé tout d'abord Farrestatidii et la mise en jugement de sept ou huit conseillers du ml et du dauphin. De toutes les requêtes présentées au duc, ce fut la [)lus difficile à obtenir. Ce jeune jirince, d'humeur douce, ne pouvait sans révolte se sentir privé des seuls appuis ([ui lui fussent restés fidèles an milieu des orages po- |)ulaires. On devine l'explosion de fureur qui éclata .uildui- du dauphin. Les officiers poursuivis par la haine des États ne parlaient de rien moins que de chasser les députés, et, pour exciter contre eux l'opinion des honnêtes gens, on répandait toutes sortes de calfuiinies : juger les accusés sans les entendre, les mettre à mort, confisquer leurs biens, tels étaient les projets qu'on attribuait aux Etats. Dans les remontrances lues le 3 novembre, les députés se défendent d'avoir jamais conçu une telle pensée. « Les Etats, disent-ils, ne sont point assemblés pour accuser, mais pour donner bon conseil à Monsieur le duc (jui les a demandés pour le salut et gouvernement du royaume ; leur seule pensée a été de mettre les anciens conseillers hors d'état de nuire désormais à la chose publique : ils ont perdu le royaume quand il étoit puissant ; quel mal ne feroient-ils pas aujourd'hui qu'il est entamé, amoindri et foulé par les ennemis? Seuls, ils approchoient le roi, ils ont négligé de l'avertir : quand ils ont parlé de remède, les choses étoient déjà perdues. N'y eût-il que ce dernier grief, c'en seroit assez pour les priver de tout office ou administration ^ »