‹ Histoire des États-GénérauxChapitre 71 sur 202 · Ord. do mars, art · texte numérisé non relu

Ord. do mars, art

lis ÉTATS DU ROI JEAN

leurs décisions ét.iirnt infirniros par Ir tribunal supérieur, il paraît que les jurés étaient condamnes à des amendes fixées arbitrairement par le juge d'appel. Cet usage, né du besoin d'intéresser les tribunaux inférieurs à la bonne administration de la justice, était excellent dans son principe; mais il eut pour effet de décourager les jurés et de retarder les affaires. Aussi l'ordonnance fixe-t-elle le chiffre total de l'amende à ()0 livres parisis à partager entre tous les juges convaincus d'un mauvais jugement, réservant des peines supérieures en cas de corruption '.

Enfin des mesures devaient être prises pour garantir l'indépendance de la justice. L'ordonnance ne faillit point à celte tâche, et elle s'efforça d'éloigner du magistrat l'esprit de gain, qui corrompt l'âme des juges, en substituant à la recherche de la vérité la poursuite des intérêts matériels. Les variations des monnaies, en même temps (pi'elles ruinaient le peuple, donnaient à certains commerçants le moyen de spéculer sur le prix des marchandises de première nécessité. A une époque où nul ne pouvait connaître exactement du jour au lendemain la valeur de la livre, il était aisé de réaliser des bénéfices énormes et de se créer en peu de temps une fortune scandaleuse. Les officiers (lu roi, instruits les premiers du changement des monnaies, n'avaient pas su résister à la tentation. Tous s'étaient jetés dans le conmierce. La passion du gain avait envahi les esprits, et, depuis le premier président du Parlement jusqu'aux derniers officiers, tous les titulaires d'une charge abusaient de leur autoi'ité pour peser sur les cours au profit de leurs spéculations personnelles : l'art. 24 de l'ordonnance de décembre déclara aux officiers qu'ils devaient opter

Page 1