Ordonnance du 22 octobre, t. III, p
MONNAIES l.HO
C'est (le la soi'lc (|ii(! le i-oi ex(''ciit;iit 1rs solennelles l>romesses dn mois de (h'ceinbrc. Les députés étaient décidés cette fois à ne i)lus se contenter de serments. Kn offrant au dauphin une aide considérable, ils peit;naieut dans leurs remontrances l'effroyaliie désordre des monnaies. « Si l'on recourt à de tels moyens pour l'aire la iiuen-e, disaient-ils, ou arrivera à la deslruc- /ion du toyauitif' cl on neferapas même réussirlaguerre, car les gens d'armes ne se contenteront pas de leurs gages, si on les paye en faible monnaie : aussi, dans une telle conjoncture, est-il bon ([iie le dauphin apprenne, iùnsi que ses Conseillers, coml)ien le f;iit des monnaies <'sl déplaisant (,'t dommageable à tout le peuple '. »
1/article 15 de la grande ordonnance de mars l3o7 n'est que la couséijnence de ces |)laintes : le nom, le lilre et le cours îles monnaies sont désormais soumis pour un an à la réglementation des Etats généraux; les coins eux-mêmes paraissent, d'après Froissart ^, avoir été saisis et mis sous l'autorité des députés, l/ordounance institue des olFiciers (pii seront choisis par les États et (jui dirigeront le fait de la monnaie, après avoir prêté serment devant les réformateurs généraux. Tous les conseillers du prince, comme tous ceux qui s'occupent des monnaies, devront respecter cette autorité absolue des Etatsjusqu'au 1<='' mars 1358, et pour que cette partie de l'ordonnance soit connue de tous, elle sera pul)liée et criée dans Paris, ainsi que dans les autres villes du royaume.
Contraste étrange qui accompagne toutes les révolutions! c'étaient ces mêmes députés qui devaient, dix mois plus tard, demander à l'affaiblissement du titre les ressources qui leur échappaient.
1. Proc.-verb. Remontrances. Ane. lois franc, IV, 19\,pafsh)i.