Édit. Siuiéon Luce, t. V, p
Iiill ÉTATS DU lu II JEAN
En effet, le 11 janvier l.'{58, les Etats, dans une assemblée qui ne comprenait guère que les députés des villes, ordonnèrent que le dauphin ferait provisoirement frapper une nouvelle monnaie plus faible, et que, sur le profit, un cinquième serait réservé au prince, les quatre autres cinquièmes devant fournir à la guerre.
Les députés de la noblesse et des provinces, ipii n'étaient point entraînés par le courant d'une révolution, montrèrent à Compiègne une probité plus sévère que les partisans de Marcel à Paris. Par l'art, l" de l'ordonnance du 14 mai 1358, ils obtinrent (jue, pendant un an, le régent maintînt la monnaie à un cours fixe, « sans icelle muer, croistrc ou abaisser en quelque manière ». Le marc d'argent, qui valait treize livres dix sols, fut mis à six li\res ([uinze sols '; mais cette réforme fut bien éphémère; le dauphin le confesse franchement quelques mois plus tard ^, dans un mandement où il déclare qu'à la prière et à la << rcqueste des Estais, en espérance d'avoir les plus grans et bonnes finances ({ue l'on pourroit bonnement par fouages, impositions, subsides ou autrement », il avait ordonné une forte monnaie, « désirant de tout son cœur, pour le bien et profit de tout le peuple, icelle ordonnance longuement maintenir en icelluy Estât » ; mais comme il n'a pu trouver de l'argent par d'autres voies, il reconnaît (pi'il a été obligé de revenir à l'ancien système, en aflfublissant graduellement les monnaies, ce qui désuie le ])euple. Malgré un exposé si sincère, le docunuMit d'uù nnus extrayons ce passage n'a d'autre but (|ui' d'urdunner un nouvel avilissement.