‹ Histoire des États-Unis d'Amérique depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 42 sur 82 · CHAPITRE XXni · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXni

1776-lTn

ProclamatioD de l'indépendance. La Virginie fait la première proposition tendant k ce but. Commiasion nommée pODcla rédoclion de l'acte. Discussion du projet déposé par Jefferson. U eat voté par le congrès. NouTeau titre pria par cette assembléeet par sas membres.- Joie causée au peuple par la proclamation de l'indépeadaDce. Ed- Ihousiasme de l'armée. Irritation des whigs contre tes tories. Let Etats-Unis chercheot h se créer des alliances étrangères. Silai Deane Tient eo France comme agent politique et commercial des Etats-Unis. Il envoie des armes et des habillements en Amérique. Arrivée k Paris de trois commissaires américains. Ils échouent dans le but principal de leur mission. Lee part pour l'Espagne et obtient son aide. La France consent &. prêter deui millions de livres BU congrès. Vole de la Confédération. Drapenui dont les colonies se servirent pendant les premiers temps de leur rébellion. Drapeau définitif adopté par le congrès.

Depuis que le roi George III avait déclaré les Américains « rebelles, » l'opinion s'était partout répandue que leur seule ressource était dans la proclamation de leur liberté. Les écrits du temps publiés en Amérique favorisèrent encore cette surexcitation des esprits chez les habitants qui étaient prêts à appuyer de toutes leurs forces la proclamation de l'acte d'indépendance ; mais celui qui causa le plus de tort au parti anglais fut le livre intitulé < Le sens commun, > publié par Thomas Paine et auquel, d'après une opinion accrédi* tée, il y a lieu de supposer que le docteur Franklin collabora pour une grande partie. Ce livre, rempli

d'esprit sarcastique et dans lequel l'auteur s'était appliqué à flatter les préjugés ainsi qu'à exciter le ressentiment du peuple américain, produisit un effet extraordinaire et rallia, à la cause de l'indépendance, une foule de personnes qui, quelques mois auparavant, auraient rejeté cette proposition avec horreur. Le général Washington écrivait à ce propos au secrétaire Eeed : « Encore quelques-uns de ces arguments incen- « diaires, comme ceux qui ont été émis à Falmouth et « à Norfolk, ajoutés à la saine doctrine et au raison- « nement sans réplique contenus dans le livre « Sens € commun, » ne laisseront pas les masses dans l'em- € barras du choix. y>

La colonie de la Virginie étant en quelque sorte à la tête des autres colonies dans le mouvement révolutionnaire, on décida que la première proposition touchant la déclaration d'indépendance serait faite par elle* Dans la séance du congrès continental du 8 juin 1776, Henry Lee, député de la Virginie, après un discours entraînant, soumit à l'assemblée les résolutions suivantes : « Que ces colonies- unies sont et de droit doivent être des Etats libres et indépendants ; qu'elles sont exemptes de toute fidélité envers le gouvernement « de la Grande-Bretagne, et que toute relation poli- « tique entre elles et l'Etat de la Grande-Bretagne est « et doit être entièrement rompue.

« Qu'il est nécessaire de prendre sur-le-champ des « mesures efficaces pour contracter des alliances <c étrangères.

31» PROCLAUATION DE LINDËPBNDAHCB.

c Qu'un projet de confédération soit préparé et < transmis aux différentes colonies pour qu'elles l'étnc aient et y donnent leur approbation. »

Ces propositions furent soutenues avec chaleur par John Adams, député de Massachusetts. 'Si les premières discusâions prouvèrent que ta majorité des membres du congrès était en faveur de l'indépendance, on y vit aussi que plusieurs ne croyaient pas que le pays fCltmûr pour ce grand acte, et qu'ils appréhendaient les plus sérieuses difficultés de cette réunion, sous un seul gouvernement, de treize colonies accoutumées à vivre indépendantes les unes des autres et que les exactions injustes de la mère-patrie avaient seules et momentanément poussées à se liguer ensemble. Après ces débats préliminaires, le congrès résolut de remettre la discussion définitive au 1" juillet suivant, et nomma une commission composée de Thomas Jefferson, John Âdams, Benjamin Franklin, Roger Sherman et Bobert R. Livingston, pour rédiger la déclaration d'indépendance, si toutefois cet acte était voté dans la réunion qui venait d'être axée.

Pendant ce temps, les habitants des colonies tenaient de grandes assemblées, oii ils témoignaient de leur ardent désir de s'affranchir de toute domination et ils donnaient des instructions dans ce sens à leurs repré-

Aussi, le !•' juillet, dès que le congrès reprit la discussion de cet acte si important, les députés furentils d'avis, à l'exception toutefois du représentant de

New- York, de proclamer Tindépendance des colonies. Les débats ne portèrent plus alors que sur les termes mêmes dans lesquels serait faite cette déclaration, et trois jours durant, le modèle qui en avait été déposé par Thomas Jefferson, député de la Virginie, fut discuté mot par mot.

Tandis que la déclaration dont John Adams s'était fait le défenseur était soumise à des critiques souvent sévères, son auteur Thomas Jefferson demeurait silencieux au milieu de la discussion, et notait par écrit tous les incidents qui se produisaient : « Pendant le <r débat, dit-il dans son journal, j'étais assis à côté du <r docteur Franklin, qui remarqua que je souffrais des tt critiques acrimonieuses dirigées sur quelques points ' « de mon projet ; c'est à cette occasion, et pour me « donner du courage, qu'il me raconta l'histoire de € John Thompson, le chapelier, et de sa nouvelle « enseigne. » — Cette histoire se trouve dans Tautobiographie du docteur Franklin : il rapporte qu'un homme, ayant ouvert un magasin de chapellerie, voulut faire peindre une enseigne représentant un chapeau avec cette inscription :

Œ John Thompson, chapelier,

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