‹ Histoire des États-Unis d'Amérique depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 54 sur 82 · LE 4 JUILLET · texte numérisé non relu

LE 4 JUILLET

Ùéclaraiion faite par les représentants des États-Unis â/ Amérique assemblés en congrès,

Loisque dans le cours des événements de ce monde il devieht nécessaire pour un peuple de rompre les liens qui l'attachaient à un autre peuple, et de prendre, parmi les puissances de la .terre, la position indépeiidante et le rang d'égalité auquel, suivant les lois de Dieu et de la nature, il A droit, par le resp^t

qu'il doit aux opinions du genre humain, ce peuple se trouve appelé à déclarer les causes qui l'ont amené à cette séparation.

Nous considérons comme parfaitement claires et évidentes les vérités suivantes : que tous les hommes ont été créés égaux ; qu'ils sont doués par leur Créateur de certains droits inaliénables ; que, parmi ceux-ci, il faut ranger la vie, la liberté, et la recherche du bonheur;* qu'afin d'assurer ces droits, des gouvernements ont été établis parmi eux, recevant leur juste autorité du consentement des gouvernés ; que, lorsqu'une forme de gouvernement arrive à détruire ces vérités, il est du droit du peuple de la changer ou de l'abolir, et d'instituer un nouveau gouvernement, en fondant son établissement et en organisant ses pouvoirs dans telle forme qui lui semblera la plus propre à assurer sa sécurité et son bonheur. Toutefois, la prudence démontrera que des gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et il a été prouvé par l'expérience que le genre humain est plus enclin à souffrir, lorsque les maux sont supportables, qu'à se faire justice lui-môme en abolissant les formes de gouvernement auxquelles il est accoutumé.

Mais quand une longue suite d'abus et d'usurpations, ayant invariablement le môme but, témoigne l'intention arrêtée de le réduire sous un despotisme absolu, il est du bon droite du de^ voir de ce peuple, de renverser un pareil gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles garanties, à sa sécurité future. Telle a été la longue patience de ces colonies, et telle est maintenant la nécessité qui les contraint à changer les premières formes de leur gouvernement.

L'histoire du roi actuel de la Grande-Bretagne est une histoire composée d'usurpations et d'injustices répétées, tendant toutes à l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces États.

Afin de le prouver, que les faits soient soumis à l'appréciation du monde impartial.

— 11 a refusé son assentiment aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires pour le bien public.

— Il a défendu à ses gouverneurs de faire les lois d'importance immédiate et pressante, excepté quand ils se trouveraient entravés dans leurs actions, et même, dans ce cas, il a négligé complètement de s'occuper d'eux.

— 11 a refusé de faire d'autres lois pour le bien-être de grands districts, à moins que les populations de ces districts n'abandonnassent leur droit de représentation dans la législature ; droit inestimable pour elles, et redoutable aux tyrans seulement.

— 11 a convoqué les corps législatifs dans des lieux inaccoutumés, incommodes et éloignés du dépôt de leurs archives publiques, à seule fin de les fatiguer, pour les forcer à se sou* mettre à ses ordres.

— 11 a dissous plusieurs fois les chambres de représentants pour s^être opposées avec une grande fermeté à ses usurpations sur les droits du peuple.

— Il a refusé, longtemps après ces dissolutions, de permettre que d'autres chambres fussent élues ; par là, les pouvoirs législatifs, qui ne pouvaient être anéantis, sont revenus au peuple en entier, pour être exercés par lui; l'Etat demeurant, pendant ce temps, exposé à tous les dangers d'invasions du dehors ou de ^roubles à l'intérieur.

— Il a cherché à empêcher Taccroissement de la population de ces États, arrêtant, à cette fin, les lois concernant la naturalisation des étrangers, refusant d'en approuver d'autres qui encourageaient rémigration dans ces États, et élevant encore le prix et les conditions des nouvelles concessions et acquisitions

de terres.

— 11 a mis obstacle à l'administration de la justice en refusant son assentiment aux lois qui établissent les pouvoirs judiciaires.

— Il a institué des juges dépendant de sa seule volonté pour

434 DÉCLARATION DWDÉPENDANCE.

roccupaUPQ de lei^rs p}^pes, e); poi4r le chiure et le paiement de leurs honoraires.

— Il a foodé une foule de npuvelles charges, et en a investi un grp^pd nombre d'officiers pour harasser le peuple et épuijser ses moyens d'existence.

— il a entretenu au milieu de nous, en temps ^e paix, des arpiée^ régulières, sans le consentement de notre législature.

-rr II a pris à tâche de rendre le pouvoir militaire indépendant d^ pouvoir civil, et même supérieur à lui.

— Il s'est alUé à d'autres pour nous soumettre à une juridic-? lion étrangère à notre constitution et non reconnue par nos lois; donnant son approbatiou à leurs actes et à leur prétendue législation :

— Pour loger chez nous de grands corps d'armée, pour les protéger, par des procès dérisoires, contre les punitions qu'iliai encpT^raientpour meurtre pommis sur les habitants de ces États ;

•m- Po^r détruire potrq commerce avec toutes les contées du monde ;

— Pour nous imposer des taxes sans notre assentiment ;

— Pour nous priver, dans beaucoup de cas, du bénéfice des j^gempnts par un jury;

— Pour nous transporter de Tautr^ pi^té 4es mers, afin de nous f^ire juger pour de préteudues offenses ;

— Pour abolir la libre pratique des lois anglaises dans une province voisine, en y établissant un gouvernement arbitraire et en élargissant ses frontières, afin d'en faire immédiatement uu expmple et l'instrument nécessaire pour introduire la même rôgle absolue dans ses colonies ;

TT- Pour nous enlever nos chartes, abolir nos lois les plus importantes, et saper par le fondement les pouvoirs de notre gouvernement ;

r- Pour interdire nos propres législatures, et se déclarer luimême investi du pouvoir de nous donner des lois dans toutes les circonstances*

Il a abdiqué tout gouvernement sur nousi en nous refusant sa protection et en nous faisant la guerre.

Il a mis au pillage nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et livré à la mort beaucoup de nos concitoyens. En ce moment, il fait transporter de grandes armées composées de mercenaires étrangers pour achever Toeuvre de mort, de désolation et de tyrannie déjà commencée avec une cruauté et une perfidie dont on ne pourrait citer d'exemples dans les époques les plus barbares, et complètement indignes du chef d'une nation civilisée.

Il a contraint nos concitoyens faits prisonniers en pleine mer à porter les armes contre leur pays; à devenir les meurtriers de leurs parents et de leurs amis, ou à être eux* mêmes frappés par eux*

Il a encouragé et excité les insurrections domestiques parmi nous, et a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les impitoyables et sauvages Indiens, dont la règle, bien connue dans la guerre, est de tuer tous ceux qu'ils rencontrent, sans distinction d'âge, de sexe et de condition.

A chaque degré d'oppression, nous avons sollicité des réformes de la manière la plus respectueuse ; nos pétitions réitérées n'ont recueilU que de nouvelles injustices. Un prince dont le caractère est marqué par tous les actes qui témoignent d'un tyran est incapable d'être chef d'un peuple libre.

11 ne sera pas dit, non plus, que nous avons manqué d'égards pour nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons avertis de temps en temps de la tendance que prenait leur parlement pour étendre une inexcusable juridiction sur nous. Nous laur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ce pays. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelles, et nous les avons conjurés, par les liens qui unissaient nos parents communs, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre^ nos relations et nos communications.

Eux aussi ont été sourds à la voix de la justice et de la parenté. Nous devons donc nous résoudre à la nécessité qui exige notre séparation, et les considérer, ainsi que le reste du genre humain, comme des ennemis en temps de guerre, et des amis pendant la paix.

En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d* Amérique, réunis en général, prenant le Juge suprême du monde à témoin de la droiture de nos intentions, au nom de Tautorité, du bon peuple de ces colonies, publions et déclarons solennellement que ces colonies unies sont et ont droit d'être des États libres et indépendants ; qu'elles sont affranchies de toute obéissance envers la couronne de la Grande-Bretagne, et que tout lien politique entre elles et le gouvernement do la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous, et que, comme États libres et indépendants, elles ont plein pouvoir de déclarer la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de régler leur commerce et d'accomplir tous les autres actes que les États indépendants ont le droit d'exercer. ■

Et pour le maintien de cette déclaration, pleins de confiance dans la protection de la Providence divine, nous engageons mutuellement au soutien de cette déclaration nos vies, nos fortunes et notre honneur sacré.

Suivent les noms des représentants des treize États insurgés :

John Hancock, président.

New-Hampshirb. — JosiahBartlett, William Whipple, Matthew

Thornton.

Ma.8saghu8Btts-Bay. — Samuel Adams, John A dams, Robert

Treat-Paine, Elbridge Gerry.

Rhode-Island. — Stephen Hopkins, William EUery. GoNNEGTiGUT. — Rogcr Shcrmau, Samuel Huntington, William

Williams, Oliver Wolcott.

New- York. — William Floyd, PhiUp Livingston, Francis

Lewis, Lewis Morris.

DISœURS DE WILLIAM PITT. 437

New-Jeijsey. — Richard Stockton, John Witherspoon, Francis

Hopkinson, John Hart, Abraham Clark.

Pennsylvanie. — Robert Morris, Benjamin Rush^ Benjamin

Franklin, John Morton, George Glymer, James Smith, George Taylor, James Wilson, George Ross.

Delaware. — Gœsar Rodney, George Read, Thomas M'Kean.

Maryland. — Samuel Chase, William Paca, Thomas Stone,

Charles Carroll de Carrollton.

Virginie. — George Wythe, Richard Henry Lee, Thomas Jef-

ferson, Benjamin Harrison, Thomas Nelson J»", Francis Lightfoot Lee, Carter Braxton.

Caroline du Nord. — William Hooper, Joseph Hewes, John

Penn.

Caroline du Sud. — Edward Rutledge, Thomas Hagward J', '

Thomas Lynch J»", Arthur Middleton.

Géorgie. — Button Gwinnett, Lyman Hall, George Walton.

discours PRONNCÉ par WILLIAM PITT (LORD CHATAM) A LA CHAMBRE DES COMMUNES, LE 14 JANVIER 1766, POUR DEMANDER LE RAPPEL

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