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DÉBATS SUR LE DROIT DE TAXATION DU PARLEMENT

Patrick Henry en Virginie; James Otis dans le Massachusetts (1761-1763). Idées nouvelles et nouveaux sentiments dans les colonies, — Les successeurs de Pitt en Angleterre : petits hommes et petites vues. — Plaintes des gouverneurs sur l'insubordination des Assemblées. — La taxe du timbre. Le droit de taxation. — Taxes « extérieures ». Douanes et contrebande. Taxes « intérieures ».

Patrick Henry en Virginie; James Otis dans le Massachusetts (1761-1763). Idées nouvelles et nouveaux sentiments dans les colonies.

Le tabac servait encore en 1738 de monnaie courante en Virginie. Cette année-là, par suite d’une diminution de la production, la précieuse feuille valut six pence la livre. La détresse était générale, et l'Assemblée, pour venir en aide aux débiteurs, dut décréler que toutes les dettes stipulées payables en cette monnaie spéciale pourraient l'être en espèces, à raison de deux pence pour chaque livre de la plante. Ce fut un grand soulagement pour la masse de la population, mais certaines classes se trouvèrent moins satisfaites. Le clergé, dont les émoluments étaient payés en labac, eria à la spoliation. Les ministres de soixante-cinq paroisses adressèrent une protestation au roi d'Angleterre, le priant d'inlervenir par son veto. La requête fut admise à Londres et la décision de l’Assemblée virginienne déclarée nulle.

Forts du veto royal, les ministres du culte réclamaient devant les cours de comté le paiement de ce qui leur restait dû. Autant de ministres, autant de procès. Les choses trainèrent en longueur,

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la justice marchant d'un pas boiteux en Amérique autant et plus qu'ailleurs. Un de ces tribunaux (quelques années s'étaient déjà écoulées) ayant décidé le point de droit en faveur du plaignant, celui-ci fut renvoyé devant le jury pour la fixation de lindemnité. La question paraissait définitivement tranchée. Les receveurs du comté, abandonnés par leur conseil, eurent recours à un petit avocat complètement inconnu. Fils de parents honorablement posés dans la province, ce jeune homme, après avoir perdu plusieurs années à essayer infructueusement de plusieurs métiers, s'était jeté par dépit dans l'étude du droit ; il venait d’être admis au barreau après six mois de préparation. C'était Patrick Henrv, le grand orateur des débuts de la révolution américaine, le Mirabeau de la Virginie.

Une cause obscure et infime allait jeter les premiers fondements de cette grande réputation, et exciter dans l'âme des Viroiniens les premières révoltes contre le joug maladroit et tracassier de la mère patrie. Henry parut, devant les jurés, assez gauche et embarrassé d'abord; mais sa parole nette, vibrante, son accent passionné, ses yeux qui lançaient des éclairs, eurent bientôt fait oublier les dehors de l'homme et la mesquinerie de la cause. Il ne toucha mème pas au côté légal de l'affaire et s'en prit tout droit au velo royal. Un souverain qui annule des lois justes, déchire le pacte qui l’unit au peuple; ce roi n'est plus qu’un tyran. Le jurv soutiendra l'autorité des représentants du peuple, s’il ne veut river lui-même les chaines de la servitude. Du discours prononcé sur ce lieu commun d'école, qui se trouvait exactement en situation, il ne reste rien que le témoignage de l'impression très vive produite sur les auditeurs et plus tard, par action réflexe, sur toute l'Amérique. Henry fut porté hors du tribunal sur les épaules des assistants enthousiasmés et acclamé comme le chef nécessaire el naturel du parti populaire. Deux ans plus tard (1765) il fut élu membre de l'Assemblée de Virginie.

En 1761, à l’autre extrémité des établissements coloniaux, James Otis, un ex-avocat de la couronne celui-là, avait déjà débité devant un tribunal du Massachusetts une harangue non moins

passionnée contre l'autorité royale, et cette éloquenee indigène

avait eu dans la province et dans toute la Nouvelle-Angleterre

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MERE SUR LE DROIT DE TAXATION DU PARLEMENT. 447 un retentissement extraordinaire. Otis et Henry proclamai ainsi les premiers bien haut ce que beaucoup d’ Le se mengeont à penser tout bas ou plutôt à sortie a + 4 ee qe ne : métropole se faisait cou ne

de. En 4164 e 53 ce ne fut qu'un brusque éclair. L'histoi srossit l'importance de certains ere à AE | ae nements dont ils sont le prélude, alors qu'à l'épo ia ils ol duisirent, ils passèrent inaperçus. En 1764 nul on É re nous 26 disons pas à une rupture avec RAA ment à un conflit grave et surtout à une levée géiébols d'i die . lion contre le principe même de la suprématie de la ee vel Mais depuis le commencement du xvin° siècle, les ini . quens par leurs Assemblées, émanation disédté du . n résister aux perpétuelles tentatives des gouverneurs, re Fe : de la prérogative royale, pour ressaisir ou resserrer Laos dur domination qui s’échappait sans cesse. Maintenant, a sr le g se eHope victorieux fait contre les Français du Entads É | : Je établie sur le sol américain était assez one Lo. assez habituée à vivre de sa vie propre et à he . propres ressources, morales ou matérielles, pour se l'idée © . Hanqle à germer en elle qu'elle était müre pour la coté: en élat de tenter sérieusement, sans entrave extérieure d’ . sorte, l'expérience du sel/-government. | is

Les successeurs de Pitt en Angleterre : petits hommes et petites vues.

lant que Pitt fut au pouvoir, les Américains ne se sentirent point menacés dans leurs aspirations nouvelies, Hotame d'État vues larges et hautes, il parlait aux colons le langage qui ii le mieux leur convenir, évitant toutes era ie tous débats pointilleux. On l'a vu réussir, par la chaleur ne live de son patriotisme, à secouer l'indifférence apathique dont ka colons ne s'élaient pas départis durant les premiers temps de la lutte finale contre la France canadienne. Après lui, le ee ment anglais tomba entre les mains d'hommes poli liés épotés

se sa :s politiques, réputés intelligents chez eux, mais d'esprit étroit el mesquin, auxquels

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l'examen des choses d'Amérique, au lendemain des triomphes obtenus en commun contre un ennemi incommode et longtemps redouté, ne suggéra qu'une idée, bien ingénieuse il est vrai, c'est que l'Amérique n'était pas suffisamment gouvernée, que le moment était venu de la soumettre, d’une manière plus étroite, à l'autorité du parlement.

Erreur ne fait pas compte. Les ministres du roi George auraient pu reconnaître, à l'horreur singulière que les Américains professèrent pour leur politique de taxation, la gravité de la sottise qu'ils commettaient. Loin de venir à résipiscence, ils préfèrent s'obstiner dans leurs malheureuses innovations, mais en tâtonnant, avec de continuelles hésitations, en poliliques qui ne se sentaient assurés ni de leur droit ni de leur force, sans oser poursuivre l’application de leurs théories coloniales avec la rigueur et l'énergie qui peut-être, après tout, auraient pu pour un temps en assurer le succès.

Cet entètement aveugle exaspérera le mécontentement des colonies. Celles-ci passeront peu à peu de leur ancienne attitude de résistance légale à une attitude de résistance séditieuse; puis l'union des treize provinces transformera la révolte en révolution et conduira, par la guerre à la déclaration d'indépendance,

par la victoire à la fondation de la grande république américaine.

Il parut tout d'abord qu'il ne serait question entre l'Amérique et l'Angleterre que d’un règlement financier. Une dette formidable et par conséquent des charges accablantes pour la population, voilà ce qu'avait légué la guerre de Sept Ans à l'Angleterre, tels étaient le prix des triomphes de Pitt, la rançon de la conquête du Canada.

Tous les bénéfices, disait-on à Londres, étaient pour les colonies d'Amérique. La chute de Québec les avait délivrées d’un danger permanent. Elles n'avaient plus à craindre, les Français une fois expulsés du continent, de se voir confinées à tout jamais entre les monts Alleghanys et l'océan Atlantique. Elles pouvaient se développer librement dans les vallées de l'Ohio et du Mississipi, arrachées à la domination de la France. Ayant eu une si belle part dans les profits, ne devaient-elles pas participer dans une mesure équitable à la liquidation des frais? Sur cette question de compensation pour les sacrifices faits par l'Angleterre en faveur de l'Amé-

DÉBATS SUR LE DROIT DE TAXATION DU PARLEMENT. 449 s triomphes rique, on se serait entendu. Il eût suffi d’un peu de tact et de et longtemps

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