‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 115 sur 147 · LA È · texte numérisé non relu

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cipes et laissez l'Amérique se taxer elle-même, en vous contentant de la lier par des lois commerciales. Vous aviez toujours agi ainsi; que ce soit pour vous une raison suffisante de ne pas agir autrement. Organisez le gouvernement colonial sur les faits el l'expérience du passé et laissez la question de droit aux écoles. L'Amérique, depuis dix ans, ne vous demande rien de plus.» C'était là le langage d'un conservateur intelligent. La proposition fut rejetée à une grande majorité. Burke n'’entraina que quaranteneuf voix, le chiffre même de la minorité qui s'était opposée à l'acte du timbre.

Le 28 avril 1774 le cabinet présenta le second bill pénal, intitulé « bill pour le gouvernement du Massachusetts » : nomination des membres du Conseil enlevée à l’Assemblée et rendue au roi, qui nomme aussi les juges de la Cour suprême; le gouverneur disposant à son gré de tous les autres emplois, civils, militaires et judiciaires, les sheriffs nommés et révoqués par le gouverneur et composant arbitrairement le jury; toute réunion publique interdite sauf pour les élections des fonctionnaires municipaux. Le bill aurait pu dire d’un seul mot: abrogation de la Charte du Massachusetts. Il fut voté à une grande majorité.

Une autre loi porta que tout fonctionnaire, magistrat ou soldat anglais, ou toute personne qui se serait rendue coupable d'un meurtre dans le Massachusetts en défendant le gouvernement britannique, ne passerait pas en jugement dans la province, mais dans la Nouvelle-Écosse ou en Angleterre, Pour compléter ces mesures, le cabinet renvoya le général Gage en Amérique avec quatre régiments, qui devaient tenir garnison à Boston, Il joignait au titre de commandant en chef des troupes anglaises de l'Amérique du Nord celui de gouverneur civil du Massachusetts, et il avait l'ordre de s'emparer de la personne des principaux meneurs, surtout de Samuel Adams,

1, A la même époque fut votée, sous le nom de Quebec act, une loi dont l'objet élait d'empêcher la rébellion des colonies de gagner le Ganada, Elle rétablit sur des rives du Saint-Laurent, en matière civile, le vieux droit français (coutume de Paris) et garantit au clergé de l'Eglise catholique la jouissance de ses droits el privilèges, la possession de ses biens (comprenant environ un quart des anciennes concessions françaises) et la pleine liberté de l'exercice du culte, La réunion dune Assemblée fut indéfiniment ajournée, l'autorité législative déférée à un Conseil nommé par la couronne, le pouvoir exécutif confié à un gouverneur, Les fron-

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Le grand patriote de Boston était triomphant. Les ministres anglais, pensait-il, avaient choisi les mesures les plus propres à unir les colonies. En décembre 1773, il écrit dans ia Gazette de Boston : « Le cœur du roi s’est endurci contre les colons comme celui d’un Pharaon. Il n'y a plus qu'à s'unir pour la résistance, et l'union doit s'étendre de la Floride aux plaines glacées du Canada. [n'y a plus de temps à perdre pour la réunion d'un Congrès des États américains. » Cependant il voyait bien qu'il était en avance sur ses concitoyens; chargé par l’Assemblée de rédiger les dernières instructions à Franklin, agent de la colonie à Londres, il lui écrit en mars 177% : « Dès maintenant, toutes les communes du Massachusetts sont animées d’un même esprit de dévouement à la cause de la liberté, et les colonies commencent à correspondre régulièrement entre elles; avant peu, elles seront loutes unies dans la résistance aux mesures anticonstitutionnelles. L'ancienne affection pour la mère patrie n'est cependant pas entièrement effacée ; elle se ranimera sans peine si l'Angleterre revient à la modération et aux bons sentiments. Les colonies ne désirent rien de plus qu'une union permanente avec elle sur le pied d'une égale liberté. Voilà pourquoi elles luttent : rien autre ne les satisfera. »

tières du gouvernement de la province de Québec étaient portées jusqu’à l'Ohio et au Mississipi, et comprenaient par conséquent, outre le Canada, le territoire de cinq États actuels, Ohio, Indiana, Hlinois, Michigan et Wisconsin,

Les catholiques tenaient peu à une Assemblée représentative, Ils accueillirent favorablementau contraire une loi qui leur ouvrait l'accès aux emplois de la couronne, Les propriétaires fonciers furent également satisfaits de la restauration des lois francaises: enfin on espéra gagner la noblesse de la Nouvelle-France en lui offrant des grades dans une armée canadienne que l'on se proposait de former. Lorsque Carleton, qui avait conseillé ces mesures, arriva à Québec en qualité de gouverneur du Canada, il fut recu par l'évèque entouré de tout son clergé, et les protestations les plus vives de dévouement lui furent adressées. Cependant les Canadiens ne se montrèrent pas plus enclins à prendre fait et cause pour l'Angleterre qu'à se joindre aux colonies révoltées, Le Quebec act valut au moins à la Grande-Bretagne la neutralité et l’immobilité des populations françaises du Canada,

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