‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 16 sur 147 · RP HA TRES · texte numérisé non relu

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DÉCOUVERTE DU CONTONENT AMERICAIN. 59 des xut et xin siveles (manuscritsislandais, par exemple les Sagas d'Eric le Rouge et de Karlseine). L'ensemble de ces récils embrasse l'histoire, la religion, les coutumes, la vie des héros et des rois du Danemark, de la Suède, de la Norvège et de l'Islande ‘. Au commencement du xm° siècle, un Islandais lettré, Snorri Sturleson, se servit des Sagas pour composer, sous le nom de Heimskhringla, une chronique des rois de Norvège, fabuleux ou réels. On retrouve dans cet ouvrage les récits relatifs aux expéditions danoises et norvégiennes dans le Nouveau-Monde. Mais George Bancroft croit que ces passages mêmes de la chronique de Sturleson ne sont que des interpolaticis.

L'historiographe du Danemark et de la Norvège, Torfœus (Lorfeson), qui vécut de 1640 à 1719, fut chargé dans sa jeunesse (1662) de recueillir des manuscrits en Islande. Il y trouvu Îles Sagas primitives et Je livre de Sturleson, et en composa des paraphrases latines : Historia Vinlandie antiquæ (1705) et Groenlandia antiqua (1706). Le professeur Rafn ? (Charles-Christian), se:#ciaire de la Société royale des Antiquaires du Nord, publia à Copeahague (1837), en un gros in-quarto, les lextes islandais des légendes norses de Vinland, avec des versions latines et danoises et des abrégés anglais et français. Lorsque les Axtiquitates americanæ lirent leur apparition dans la bibliothèque de l'Université de Harvard, à Boston, plusieurs érudits et historiens américains, Bancroft notamment et Washington Irving, restèrent sceptiques. Aujourd'hui toutefois les faits principaux relatés dans ces récits sont admis, non seulement comme vraisemblables, mais comme exacts, et certains détails seuls sont réputés encore légendaires.

Voiei en quelques mots ce que racontent le: “agas.

Quelque temps après qu'Eric le Rouge, chassé de Norvège ou d'Islande pour meurtre, se fut établi sur la côte occidentale du Groenland, un Irlandais, Are Marsson, fut poussé à l’ouest vers une terre où il vit des hommes blares ei qu'il appela pour ce fail Hoitramannaland, Bjærn Asbrandson et Gudleifr Gudlaugsson

1, Un évêque danois, Müller, à réuni trois volumes de ces récits sous le nom de Bibliothèque des Sagas, 1817-20, Torfœus comple cent quatre-vingt-sept Sagas écrites du xne au xvue sivele,

2, Anliquilates americanæ, sive scriplores septentrionales rerum ante-columbianarum in America, Edidit Societas Antiquariorum septentrionalium. Hafniæ, 1837,

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aperçurent une partie quelconque de la côte septentrionale de l'Amérique. Bjorne, ou Biarne, fils d'Heriulf Bardson, un des compagnons d'Érie, ayant voulu rejoindre son père dans le Groenland, fut entrainé dans le brouillard à l'occident et vit une terre couverte de collines peu élevées et boisées. Il navigua deux jours au sud-ouest le long de ce rivage inconnu, qui ne pouvait ètre le Groenland puisqu'il ne s'y trouvait point de glace. Bjorne

lit ensuite voile vers l'est, retrouva son père et ne le quitta plus.

Le hasard avait porté Bjorne. Au contraire, Leif, fils d'Eric, ayant appris l'existence de cette terre occidentale, résolut délibérément de la chercher. Il acheta le bateau de Bjorne et navigua au sud-ouest (1001). IL aperçut une première terre couverte de rochers et l'appela ZZelluland, une autre boisée, qu'il nomma Markland, une autre enfin plus au sud qui lui parut si belle qu'il y passa l'hiver, près d’un lac, en un point auquel il donna le nom de Leifsbudir. Un Allemand de la compagnie ayant découvert un jour de la vigne sauvage, Leif appela le pays Vinland. À leur retour, Leif et ses compagnons firent de pompeux récits de ce qu'ils avaient découvert, Thorwald, frère de Leif, renouvela l'expédition. Avec trente compagnons, il passa deux hivers au mème lieu où avait campé Leif. Dans une excursion au nord, après avoir doublé le cap Kiliarnes (nez de navire), ils furent attaqués par des indigènes qu'ils appelèrent Skrällings, ou nains, et qui combattaient avec des flèches. Thorwald fut tué; ses compagnons retournèrent au Groenland, Un troisième voyage fut accompli par le Norvégien Thorfinn Karlsefne ! qui emmena soixante hommes et cinq femmes, et s'établit à l'embouchure d'une rivière, non loin d'un lac. On voulait, cette fois, fonder un établissement durable, mais les Skräüllings attaquèrent les étrangers et les obligèrent à se retirer, Une fille d'Eric, Freydisa, fit un quatrième essai de colonisation, dont sa cruauté empêècha le succès, Les aventuriers rentrèrent au Groenland. Ces quatre expéditions s'étaient effectuées dans le court espace de douze années, de 1001 à 1013, Depuis lors il n'y eut plus que de vagues infor-

4, Un fils de Karlsefne, Snorre, né dans le Vinland, retourna plus tard en Islande: le sculpteur Thorwaldsen serait un de ses descendants,

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DÉCOUVERTE DU CONTINENT AMÉRICAIN. 61 mations sur les relations entre le Vinland et le Groenland. , À partir de 1350 le silence est absolu.

Quelles parties de l'Amérique du Nord avaient pu visiter les Islandais établis au Groenland? Autant qu'on peut s'arrêter à une conclusion en matière aussi conjecturale, Helluland serait l'ile de » Terre-Neuve, Markland la côte du Massachusetts ou de la Nouvelle- Écosse; le Vinland peut ètre placé entre les deux baïes de Narragan-

sett et de Buzzard, à l'angle sudest de l'Etat de Rhode-Island, Les Skrällings sont les Esquimaux que

les tribus indiennes n'avaient pas encore chassés de ces parages

Sous les détails fantastiques dont

ces récits islandais sont surchargés, les particularités que l’on y trouve relativement aux Skrällings et au caractère des pays septentrionaux

Les Vikings en Amérique.

1. La publication de Rafn (1837) et le grand intérêt qu'elle excita dans le nouveau et dans l'ancien monde ont, entre autres résultats, provoqué la production dans la Nouvelle-Angleterre d'un énorme stock de littérature précolombienne, La fantaisie et une fausse science imaginèrent de nombreuses preuves de la découverte el de l'occupation des côtes du nord-est (Connecticut, Rhode-lsland et Massachusetts) par les Islandais du Groenland, Des travaux plus sérieux ont démontré l'inanité de ces preuves, Néanmoins jusqu'en ces ! derniers temps on admettait volontiers que SN les Northmen cussent visité et mème occupé pendant un espace de temps inconnu la région située au sudsouest du cap Cod,

Aujourd'hui le fait semble enucoup plus douteux, Un professeur norvégien, Gustav Slorm, à publié en 1887, sûus le litre : Éfudes sur les voyages «au Vintand, un ouvrage considéré comme apportant sur la question des conclusions positives d'après lesquelles Helluland serait le Labrador, Markland Vite de Terre-Neuve, Wineland où Vintand la Nouvelle-Écosse et l'ile du Cap-Breton, M, A.-M, Reeves, dans une très belle publication, en 1890, a raconté de nouveau l'histoire de la découverte { continent américain par les Islandais (The Finding of Wineland the Good.) M

ibstient de toute conclusion géographique,

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sont d'une remarquable exactitude. Il est impossible de ne pas admettre qu'un fond de réalité existe sous les souvenirs vagues, enveloppés de légendes, de ces anciennes expéditions. Les Vikings ont bien visité l'Amérique dans les premières années du x1° siècle, en passant de la Norvège à l'Écosse, de l'Écosse aux iles Feroe et à l'Islande, de l'Islande au Groenland, de là au Vinland, étapes vigantesques de plusieurs centaines de milles dans des mers violentes, à travers des brouillards glacés. Ils ont visité les côtes orientales de ce continent depuis les terres polaires jusqu'à l'embouchure de l'IHudson peut-être, au moins jusqu'à celle du Saint-Laurent. Mais sur aucun point il ne subsiste une seule trace, si faible soit-elle, du passage de ces explorateurs de hasard. Après eux l'Amérique restait bien véritablement encore à découvrir.

Les traditions scandinaves ne mentionnent l'existence dans la

Vinltandia d'aucune aulre race que celle des Skrällings. Il n'en

est pas de mème d'une relation publiée en 1558 de voyages extraordinaires qu'auraient faits un peu avant la fin du xiv° sièele deux Vénitiens, les frères Zeni, dans les pays jadis découverts par les Vikings d'Islande, Nicolo Zeno, gentilhomme vénitien, poussé / en 1380, par une lempète, sur les rivages de l'ile de Frisland (iles Feroe) y rencontra un prince Zichmni qui le prit à son service, el conquit avec son aide plusieurs iles de l'océan Atlantique, Estland, Grisland, Nicolo fil venir son frère Antonio et lui léguu, à sa mort en 1395, ses biens et la faveur du prince, Un pècheur frislandais, échappé à un naufrage et rentrant en son pays après vingt années d'aventures, raconta à Antonio Zeno et à Zichmni

qu'il avait vu dans l'ouest des terres merveilleuses, l'Engroveland (Groenland), puis une île, Estotiland, possédant de grandes villes relat et dont le roi avait une bibliothèque de livres latins, au sud une ai autre ile, Drogeo, où il avait vu beaucoup d'or, plus loin un pays “dat da habité par des sauvages nus, anthropophages, plus loin encore sis un pays très peuplé, rempli de grandes richesses et de temples side magnifiques où se faisaient des sacrifices humains, : «lix | Zichmni el Antonio, enthousiasmés, partirent avec une flotte pif à la recherche de ces terres, mais ne purent visiter que les iles tant Ledovo, Hofe et Tearia, L'expédition revint duns le Frisland rs (RALLE

Antonio écrivit à son frère Carlo, à Venise, les choses merveil

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Jeuses qu'il avait apprises et lui annonça qu'il allait revenir avec “une carte et des récits de la vie de son frère et de celle de À Zichmni. I rentra en effet à Venise et y mourut en 143. Ses - papiers restèrent enfouis dans les archives de la famille jusqu'en » 1558, époque où ils furent retrouvés et publiés. On peut supposer,

bien que l'hypothèse repose sur des témoignages de très faible

valeur, que l'ile Estotiland est Terre-Neuve, Drogeo l'ancienne

Gronlandia

S.Thomas = À Mare et terre

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