‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 17 sur 147 · QUI · texte numérisé non relu

QUI

Carte do Zéne, dessinée vers 190, publiée en 155,

® Dénlandia, et le peuple aux sacrifices humains, les Indiens du Mexique, ou de la Louisiane, ou mème de la Floride.

| Une chronique du pays de Galles donne encore une tradition relative aux voyages en Amérique qui auraient précédé la découà verte de Colomb, Au xuf sitele, Madoe, prince gallois, quitta son N pays à la suite de dissensions domestiques provoquées par la <uccession de son père, Il fit voile vers l'ouest et découvrit une À terre extrèmement fertile, À son retour, il équipa une flotte de M (dix bâtiments et partit avee une nombreuse troupe d'hommes, © de femmes et d'enfants, pour s'établir dans le pays qui lavail lant séduit, On n'eut jamais aucune nouvelle de l'expédition, Or NS certains voyageurs assurent avoir rencontré en Amérique une

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Dakota) dont l'idiome possédait quelques mots ou quelques sons gallois. Humbotdt fait allusion aux Mandans et à cette tradition.

Citons pour mémoire le voyage d'un marin dieppois, Jean Cousin, qui aurait été porté des Açores au Brésil par un cou- ‘ant, en 1488, auatre ans avant l'arrivée de Colomb aux Antilles, Cette tradition ne repose sans doute que sur quelque récit inventé après coup sous l'impression si vive que le fait mème de la découverte réelle jroduisit sur l'imagination populaire. Quelque part de vérité que l’on puisse découvrir, enfouie sous un monceau de fables, dans les récits des Sagas et de l'Heimskringla, et dans les lettres des frères Zeni, il convient de continuer à faire dater la découverte du Nouveau Monde du jour (12 octobre 1492) où Rodrigo de Triana, du haut de la caravelle P'iata, aperçut la terre que Christophe Colomb appela San Salvador,

Christophe Colomb.

Colomb, né à Gènes en 1435 ou 1436 (Christophorus Columbus Genuensis}, fit son apprentissage de marin sur un navire armé en course contre les ennemis de cette république. Après avoir étudié la géographie, l'astronomie et la géométrie à l'école de Pavie, il fit de nombreux voyages dans l'Océan, sur la côte d'Afrique. En 1470 on le voit à Lisbonne où l'avait attiré la réputation des travaux du prince Henri qui avaient fait du Portugal le premier pays d'Europe pour l'étendue des connaissances géographiques et l'audace des explorations maritimes, L'esprit de Colomb se partae geait entre l'étude des cartes, où il cherchait le secret des mondes inconnus, et celle des prophéties de la Bible, Tantôt il révait de reconquérir le Saint-Sépulere, tantôt il voulait porter la vraie foi dans les régions lointaines de F'Extrème-Orient, mais par une voie nouvelle, en traversant l'océan Atlantique, au delà duquel il devait lrouver l'Asie puisque la lerre était ronde, comme toutes ses études géographiques lui en avaient inspiré l'absolue conviction !,

1, Cinq siècles av. 1.0, Anaximandre de Milet croyait que la terre était de forme cylindrique, Eratosthène, le savant bibliothécaire d'Alexandrie, et, quatre siècles plus lard, CI, Ptolémée, astronome de la même ville, affirmèrent la forme spherique de la terre, Pline évaluait à 31500 milles romains (un peu plus de 28000 milles

anglais) la circonférence terrestres los astronomes arabes sous le calife Alma:

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C'est pour cette dernière entreprise qu'il se décida. Il s’adressa au roi de Portugal, lui demandant une flotte pour l'accomplissement de son dessein; l'opposition jalouse du conseil maritime à Lisbonne fit rejeter sa requête ". Il envoya son frère Barthélemy en Angleterre pour demander l'aide du souverain de ce pays et alla l'y rejoindre lui-même en 1477. Il navigua jusqu'aux îles Feroe, peut-être jusqu’en Islande, où il dut entendre parler des terres de l'ouestet retrouver les souvenirs légendaires des anciennes expéditions. Tout, dans cette excursion en Scandinavie, dut le confirmer dans les idées que Toscanelli, trois années auparavant, lui avait déjà suggérées.

N'ayant rien obtenu en Angleterre, il revint en Espagne et passa quelques années à Porlo-Santo chez son beau-père. C'est seulement en 1484 qu'il s'adressa à la cour d'Espagne. Alors commencèrent pour lui sept années de perpétuelles alternatives d'espérance et de découragement, Il avait réussi à gagner à ses vues le grand cardinal à Cordoue, Mais il ne put convaincre les savants ecclésiastiques réunis au couvent de Saint-Étienne à Salamancea, où on lui opposa les opinions de saint Augustin et de Lactance sur l'absurdité de l’hypothèse des antipodes. Une légende le montre mendiant son pain avec son fils encore enfant, à la porte du couvent de Santa Maria de Rabida près de falos en Andalousie. Le prieur, qui élait un homme éclairé, s'intéressa aux visées enthousiastes de son hôte et s'entremit pour lui chtenir une audience à la cour. La reine fut conquise, et, après diverses péripéties, l'expédition fut décidée. C'était en avril 1492,

trois mois après que l'étendard de Castille et d'Aragon avait été |

moun (ix° siècle) assignèrent à celle circonférence une étendue égale à 39 000 de nos kilomètres, Sir John Mandeville, voyageur anglais du commencement du xive siècle, donne un chiffre moins élevé d'un sixième environs l'évaluation de Christophe Colomb était bien inférieure à celle de Mandeville, « L'expérience et l'intelligence, dit ce dernier, prouvent qu'un navire pourrail naviguer autour de terre dessus et dessongs fs le PPbe est si immense que ce navire ne pourrait jamais revenir au lieu d'où il serait parti, sauf par chance où par faveur divine, » Ce sont les astronomes arabes qui se rapprochaient le plus de la vérité, Les evaluations les plus anciennes allaient au delà, les plus récentes restaient en deçà. Si Colomb avait eu une notion plus exacte de la distance de l'Europe à l'Asie par l'ouest, peut-être n'eût-il pas tenté la traversée, (Anrncn Gizuan, À History of the unerican people.)

1, Le Portugal perdit, en cetle occasion, la gloire de la découverte du Nouveau- Monde, comme il devait perdre, quarante ans plus tard, en repoussant Magellan, “elle de la première circumnavigation du globe,

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enfin planté sur les murs de la capitale du royaume maure de visité

Grenade. ds ‘hristophe Colomb croyait arriver par l'ouest aux extrémités appar

orientales de pays merveilleux, connus surtout par les récits de con

Marco Polo et de Mandeville et où l'imagination ponulaire plaçait Chris!

le paradis terrestre. Le paradis de Dante était situé aux artipodes légen!

de Jérusalem (un point de l'océan Pacifique, près de Tahifi). Mondeville revenant de ses voyages dans l'est (4556) ss à qu'il avait visité les régions voisines du paradis, pleines de montagnes, de bètes féroces et de bruits effroyables, hérissées d'obstacles qui gardaient contre la curiosité des voyageurs la demeure de nos premiers parents. Il racontait aussi les richesses magnifines et la puissance du grand Khan, maître du royaume de Cathay et de la ville de Cambalu. Marco Polo, qui était allé plus loin que Mandeville, a décrit la magnifique île de Cipango (Japon), située, disait-il, à quiaze cents milles à l’est de la Chine.

| Christophe Colomb voulait atteindre l'ile de Cipango et le } | royaume de Cathay. Mais n’y avait-il pas d'autres terres sur l'immense mer de l'Ouest, entre l'Europe et les Indes? Les cartes du temps de Colomb portaient une « ile de Saint-Brandan » à six

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f cents’ milles à l'ouest des iles de Canaries et une « île des sept presser L cités » plus au nord’, D'après une vieille légende, Saint-Brandan, molifs | abbé écossais ou irlandais du vi° siècle, partit sur le grand océan l'existe

à la recherche d'une ile délicieuse habitée par des infidèles. Il trouva sur sa route une autre terre, et aperçut le corps d’un géant \ dans un tombeau. Il le ressuscita, le convertit et le baptisa. Le EN géant lui dit qu'il connaissait l'ile délicieuse et qu'il l'y condui-

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| furent entreprises pour découvrir la terre mystérieuse, Quant 4 Khan, c'e b à l'île des sept cités, appelée aussi Anti elle avait été peuplée 15 RE a | au vi siècle par sept évèques suivis d'un grand nombre de avait jam Ait chrétiens espagnols qui fuyaient leur pays conquis par les À nue Maures. Des marins racontèrent souvent qu'ils l'avaient visitée \ un Ê

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| 1. Voir le giobe de Martin Béhaim, de 1492, où se trouvent indiquées beaucoup: us je 1

hi d'autres iles, entre l'est et l'ouest de l'océan Atlantique, mais par

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visitée et firent des descriptions fantastiques des étranges habi- {ants qui y vivaient. L'île de Saint-Brandan et l'ile Antilla appartenaient au même monde que l'ile Atlantide de Platon et le continent occidental de Sénèque, au monde de l'imagination. Christophe Colomb, qui sans doute était familier avec toutes ces légendes, ne songeait qu'aux Indes Orientales; toutefois il laisse

Globus de Martin Behaim (1492).

$ pressentir dans un passage de son journal, en relatant quels

motifs ont déterminé son voyage, qu'il ne rejetait pas l’idée de l'existence de terres inconnues qu'il pourrait rencontrer dans

son parcours aventureux ', C'est le vendredi 12 octobre 1492 que EEE nee man À

1.« Très chrétiens, très hauts, très excellents el très puissants princes, roi el reine des Esvagnes et des îles de la mer, nos souverains, dans la présente année 1192, après que vos altesses ont eu mis fin à la guerre contre les Maures dans la grande ville de Grenade, où le 2 janvier j'ai vu les bannières royales de vos altesses placées par la force des armes sur les tours de l'Alhambra qui est la fortresse de cette ville... en ce mème mois, par suite de l'information que j'avais donnée à vos altesses des terres de l'Inde et d'un prince qui est appelé le grand Khan, c'est-à-dire, dans notre langage, roi des rois; combien de fois lui et ses prédécesseurs avaient envoyé à Rome pour demander que des docteurs en notre sainte foi vinssent lui enseigner la vraie religion, et que le saint Père ne lui en avait jamais envoyé et qu'ainsi tant de gens élaient perdus, croyant en des idolälries et imprégnés de doctrines funestes; en conséquence vos altesses, comme princes chrétiens et catholiques, promoteurs et souliens de la sainte toi chrétienne, et ennemis de la secte de Mahomet, de toutes les idolâtries et hérésies, ont déterminé de m'envoyer, moi, Christophe Colomb, aux dits pays de l'Inde, pour visiter les dits princes, leurs gens et leurs terres, découvrir leur nature et leurs mœurs etles moyens à prendre pour les convertir à la sainte foi, et ont ordonné que je n'y allasse point par terre vers l'est, par où c’est la coutume de s'y rendre, mais par un voyage vers l'ouest qui est une direction où jusqu'à présent nous n'avons point pour assuré que personne ait jamais élé, Vos allesses en consé-

Christophe Colomb, parti du port de Palos, le 3 août, avec trois caravelles, Santa-Maria, Pinta ei Nina, débarqua à Guanahani (San Salvador), une des îles Lucayes, et prit possession du pays au nom des souverains d'Espagne. Il aborda ensuite à Cuba (28 octobre), à Haïti (5 décembre) qui reçut le nom d'Hispaniola. Il ne croyait pas avoir découvert un nouveau monde et lorsqu'il entra :n triomphe à Palos (15 mars 1493), au milieu des acclamations d'un peuple enthousiaste qui pensait ne revoir jamais les téméraires voyageurs partis l'année précédente, les terres découvertes furent désignées sous l'appellation générale d'Indes Occidentales, comme si elles ne faisaient que continuer la chaîne des îles déjà connues à l’est de l'Asie sous le nom d'Indes Orientales ‘. Dans un second voyage, Colomb explora la plupart des Antilles. Dans une troisième expédition il toucha pour la première fois le continent américain (août 1498) et longea la côte de l'Amérique méridionale, depuis l'Orénoque jusqu'à Caracas. Dans l’exaltation mystique où ses pensées religieuses emportaient parfois son âme, il crut qu'il avait découvert la Rivière de la Vie coulant de l’Arbre de Vie au milieu du Paradis Terrestre. La haine envieuse des ennemis que sa gloire lui avait faits le précipita de ces illusions splendides dans une réalité cruelle. On l'avait calomnié près de Ferdinand et d'Isabelle, François de Bovadilla, envoyé par la cour pour diriger une enquête sur sa conduite, le fit arrêter, le dépouilla de tous ses biens et l’envoya MES de Ters en Espagne. La population espsgnole fut indignée

quence, ayant chassé tous les juifs de vos royaumes et terriloires, m'ont commandé dans le même mois de janvier de partir avec un armement suffisant pour les dits pays de linde; et pour ce dessein m'ont accordé de grandes faveurs, me faisant noble, avec le titre de Don, me nommant grand amiral de l'océan, vice-roi et gouverneur perpétuel de {ous les continents et iles que je pourrai découvrir et conquérir dans l'océan, mon fils aîné devant me suceèder dans ces titres et ainsi de génération en génération pour toujours. J'ai donc quitté la ville de Grenade, le samedi 12 mai de celle annèe 1192, pour me rendre au port de Palos où j'ai armé trois navires bien préparés pour un tel service, et j'ai fait voile de ce port, bien fourni de provisions et avec de nombreux marins le vendredi 3 août de la même année, une demi-heure avant le coucher du soleil, et j'ai fait route pour les iles Canaries, pour de là commencer mon voyage et naviguer jusqu'à ce que je parvinsse aux Indes, afin de m'acquitter de la mission de vos allesses pour ces princes et d'accomplir ee que vous m'aviez commandé, » Trad, d'après Gilman,

1. Lettre à Raphaël Sanxis (Sanchez), trésorier du roi, sur les îles récemment découvertes au delà du Gange, traduite en latin le troisième jour des calendes de mai (25 avril 1493), par Aliander de Cosco, — Harrisse,

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