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PRISE DE POSSESSION DE L'AMÉRIQUE DU NORD. 113 d'or. I perdit près de quatre mois dans ces tentatives et ne se décida à retourner en Angleterre que quand il eut rempli son navire d'une terre absolument dénuée du métal convoité, croyant rapporter des richesses miraculeuses,
Smith qui avait du bon sens, et que révoltaient loutes ces stupidités, put à peine obtenir du commandant du second navire qu'il remplit son bateau de bois de cèdre, de peaux et de fourrures. Au moins la compagnie recevrait-elle un premier envoi de quelque valeur. Les sociétaires à Londres ne furent point satisfaits des nouvelles que leur apportaient les mécontents de la colonie, Wingfield et autres, rentrés avec Newport. Aussi, lorsque celui-ci, à la fin de l'année 1608, arriva pour la troisième fois devant Jamestown avec soixante-dix émigrants dont deux femmes, remit-il à John Smith une lettre des directeurs de la compagnie où était exprimé le plus vif mécontentement de la faiblesse des résultats obtenus en relour de tant de dépenses déjà effectuées. Il était enjoint à Smith de se renseigner exactement au sujet d'un passage vers la mer du Sud, d'envoyer à Londres un morceau d'or réel (sans doute pour apaiser les plaintes des sociétaires), deret:ouver quelques traces de la colonie perdue de l’île de Roanoke, enfin de renvoyer des marchandises, en quantité et de valeur suffisantes pour payer les frais du dernier envoi, sous peine pour les colons de se voir abandonnés comme des « gens bannis ». Smith savait bien que la colonie ne pouvait encore se suffire et qu'il lui fallait compter sur les provisions envoyées d'Europe; il prit des mesures énergiques pour contenter la compagnie, Les colons étaient nourris sur un fonds commun de vivres dont le maïs fourni par les Indiens constituait le principal élément, Il fallut désormais travailler pour mériter de manger, Plus de vivres pour les fainéants. Smith mit des cognées aux mains des « gentlemen » et les exerça dans l'art d'abattre des arbres. En peu de temps il en fit des bûcherons passables. Malgré ces efforts, l'hiver (1609) imposa encore de rudes souffrances, Il fallait menacer les Indiens pour leur arracher une partie de leur récolte de grains. Smith dut mème disperser les colons et les mettre isolément en pension dans quelques tribus voisines, Puis il écrivit à la compagnie : « J'aimerais mieux avoir une trentaine de charpentiers, fermiers, jardiniers, pêcheurs, coupeurs de bois, T1 8
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forgerons et maçons, qu'un millier de gens comme ceux que vous avez envoyés jusqu'ici. »
Tels furent les débuts de la chétive et précaire colonie qui, se développant dès lors très lentement mais d’un progrès continu, devait devenir en l’espace d'un siècle et demi la puissante et glorieuse Virginie, le Old Dominion. Il ÿ eut encore pendant quelques années, de 1609 à 1615, et mème plus tard, de bien mauvais jours à passer, des épreuves terribles à traverser. La colonie fut à plusieurs reprises sur le point de disparaitre dans un anéantissement semblable à celui de la « plantation » de Roanoke. Mais elle échappa à la ruine. De la construction du fortin de Jamestown (1607) date réellement l'établissement des Anglais dans l'Amérique du Nord.
Champlain et Hudson.
Canada et Nouveaux Pays-Bas (1608-1626).
Dans cette mème année les Français avaient pris possession de l'Acadie, Poutrincourt s'étant de nouveau établi à Port-Royal, L'année suivante (1608), Samuel Champlain, associé pour le commerce des fourrures avec des marchands de Dieppe et de Saint- Malo, partit pour explorer le Saint-Laurent qu'il avait déjà remonté dans une précédente excursion jusqu’à l'île Hochelaga. Il avait remarqué en passant la belle situation commerciale qu'offrait le promontoire formé par le Saint-Laurent et un de ses affluents en face de l'ile d'Orléans. Il éleva sur cette pointe rocheuse quelques huttes, un comptoir et une église, et ce hameau s’appela Québec, la ville qui pendant cent cinquante ans appartint à la France et que se disputèrent pour y trouver le même jour leur tombeau ces deux héros, Wolfe et Montcalm : Québec, aujourd'hui encore une ville presque française, de 80000 habitants, et capitale d'une province où la population française constitue la majorité.
Quelques mois après avoir fondé ce poste, Champlain, désireux de parcourir les vastes régions qu'il espérait placer sous la domination de la France, se joignit à une bande d'Indiens Hurons ou Algonquins, dans une expédition contre les Iroquois qui dominaient au sud du Saint-Laurent. Il remonta la rivière Sorel ct pénétra dans le lac Champlain qui garde la mémoire de son nom.
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Tandis qu'il explorait les rivages de cette vaste nappe d'eau, un autre Européen, Hudson, marin anglais au service de la Hollande, remontait le fleuve magnifique qui arrose l'État de New-York et arrivait à peu près au point où s'élève aujourd'hui Albany. Ces deux hommes préludaient ainsi, à leur insu, aux luttes sanglantes dont l'étroit intervalle qui sépare le lac Champlain du cours supérieur du fleuve Hudson devait ètre si longtemps le théâtre entre deux nations rivales, résolues à ne point se supporter ensemble sur le même continent. Les Hollandais fondèrent sur la découverte d'Hudson leur prétention à la possession de la côte de l'Amérique septentrional® qui s'étend de la baie du Sud ou baie du Delaware jusqu'au delà du cap Cod, et à laquelle ils donnèrent le nom de « Nouveaux Pays-Bas ». Une Compagnie, après avoir fait quelques explorations dans les eaux voisines de l'embouchure de l'Iudson, obtint des États-Généraux (1614) un privilège exclusif de commerce dans la région. C'est seulement en 1626 que l'ile de Manhatlan fut achetée aux Indiens pour soixante florins (environ cent cinquante francs) et qu'un fort fut construit sur l'extrémité sud de l'ile, entouré d'une palissade de bois de cèdre, et nommé New- Amsterdam, centre d’un petit village qui s'accrut d'abord très lentement, mais qui avant la fin du xvu° siècle s'appellera déjà la ville de New-York.
Documents et ouvrages à consulter, (CUHAPITRES IV A VI)
Collections italiennes, espagnoles, anglaises et françaises des récits de vovages et expéditions aux Indes Occidentales et dans l'Amérique du Nord aux xvt et xvi sièeles, notamment : = PEren Mantrye of Anghiera, De novo orbe Decades, 1530, — Gnynæus, Novus orbis Regionum ac Insularum, Basilitw, 1592, —Hanuvsio (G.-B,), Navigationi e Viuggi, Venetia, 1554-1565, — Hakzuyr (Richard), The principal navigations, voyages, etc., London, 1599-1600, — Puncuas, His Pilgrims, London, 1625-26, — Bancs, Historiulores primitivos, Madrid, 1749, — Navannerre (Martin-Fernandez de), Coleccion de los Viajes y Descubrimientos…, Madrid, 1825-27, — Ténnaux-Coupans (HL), Voyages, relations et mémoires origincux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, Paris, 1837-41,
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