‹ Histoire des États-Unis de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 48 sur 147 · NEW-HAMPSHIRE · texte numérisé non relu

NEW-HAMPSHIRE

Edward Winslow et Thomas Prince’, En 1643 la colonie de New- Plymouth comptait 3 000 habitants, répartis en huit communes (townships), qui s'étaient formées successivement le long de la côte. À partir de cette époque, elle devint membre de la Confédération de la Nouvelle-Angleterre et son histoire se confond avec celle de l'établissement de la baie de Massachusetts jusqu'à ce que la plus petite colonie soit définitivement absorbée par la plus grande (1692).

Le « Conseil de Plymouth ». Mason et Gorges.

Le New-Hampshire et le Maine (1620-1641).

L'ancienne compagnie de Plymouth ou compagnie de la Virsinie du Nord, fondée en 1607, et qui n'avait su tirer aucun parti de sa concession primitive, subit (1620) une transformation complète. De nouveaux associés y entrèrent et Jacques I" lui accorda une charte nouvelle appelée la Grande Patente, aux termes de laquelle il lui faisait don, en toute propriété, de la partie de l'Amérique septentrionale située entre le 39°30° et le 48° degré de latitude, c'est-à-dire entre l'embouchure du Delaware au sud et celle du Saint-Laurent au nord, avec les pouvoirs de gouvernement les plus étendus et un monopole commercial absolu. La concession était faite à quarante personnes, nobles, la plupart de l’ouest de l'Angleterre, réunies en corporation sous le nom de « Conseil de Plymouth pour la colonisation et le gouvernement de la Nouvelle- Angleterre ». La juridiction s’étendait vers l'ouest jusqu'aux limites extrêmes du continent *. C'était l'année où la congrégation du pasteur Robinson entreprenait sans patente, sans privilèges, sans concession d'aucune sorte, on peut ajouter presque sans ressources, de coloniser un point de la côte de cette Nouvelle-Angleterre dont la métropole disposait si pompeusement en faveur d'une grande compagnie. La congrégation réussit cependant, modeste-

1. William Bradford laissa en manuscrit une histoire de la congrégation et de la colonie depuis 1602 jusqu’en 1647. Elle servit à Prince et à Hutchinson dans la préparation de leurs Histoires. Le manuscrit fut perdu pendant la guerre révolulionnaire, Il a été retrouvé à Londres en 1855 et publié par Ch, Deane, Boston, 1856.

2. Les possessions du Conseil de Plymouth se trouvaient bornées au sud par la

même ligne de démarcation qui sépara plus tard les États libres des États à esclaves,

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ment, mais solidement, tandis que la puissante compagnie, le Conseil de Plymouth, dépensa durant dix ans son activite en infructueux essais. L'œuvre de colonisation ne fut sérieusement commencée au nord de l'enclave de New-Plymouth qu'en 1630. Des tentatives répétées du Conseil de Plymouth entre 1620 et 1630 sortit pourtant, avant même que les premiers colons puritains fussent établis sur la baie de Massachusetts, l'embryon des futurs États du New-Hampshire et du Maine.

Le monopole commercial de l'Amérique du Nord concédé au Conseil de Plymouth ne tarda pas à exciter de violentes proteslations contre la Chambre des communes. Le parti libéral dans cette assemblée revendiqua pour chaque habitant de l'Angleterre le droit de s'engager librement dans un genre d'entreprise qui avait été jusqu'alors une source de richesses pour les populations maritimes de l’ouest, c'est-à-dire la pêche sur les côtes américaines. La lutte fut vive entre les partisans de la liberté commerciale et les avocats de la prérogative rovale. Le Parlement fut dissous avant qu'un bill libéral eût pu être voté. Mais l'effet du débat avait été si grand que dès 1622 une flotte de trente-cinq navires allait pècher sur les rivages de la Nouvelle- Angleterre, en dépit de la « Grande Patente ».

La compagnie eut recours au roi, qui lança une proclamation interdisant l'approche de l'Amérique du Nord à tout bâtiment qui ne serait point muni d’une autorisation de la compagnie. C'était vouloir mettre les scellés à la moitié d'un continent. Les pêcheurs ne tinrent aucun compte de la proclamation. La compagnie se décida à se défendre elle-même. £lle envoya en Amérique un amiral de la Nouvelle-Angleterre, Francis West, un lieutenant général, Robert Gorges, et un ministre épiscopalien, Morell, Ces trois personnages élaient investis de tous les pouvoirs civils, militaires el religieux. Mais cet appareil imposant n'intimida pas plus les pêcheurs que ne l'avait fait la proclamation royale, En 1624 la question fut soulevée de nouveau au Parlement, « C'est un monopole sur le vent et le soleil que vous réclamez, dit sir Édouard Coke à Gorges, défenseur de la compagnie », et la Chambre vota en faveur de la liberté de la pêche un bill qui ne reçut pas, il est vrai, la sanction royale. La compagnie, découragée, cessa de lutter, Un

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