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L'AMÉRIQUE DU NORD AVANT L'ARRIVÉE DES EUROPÉENS. 37 nous, êtres chétifs, dit modestement Franklin, comme un vaste désert où le regard errant n’aperçoit pas le plus humble buisson où se reposer.
Cette planète est très vieille, ajouta le philosophe. Comme les œuvres d'Homère et d'Hésiode, qui peut dire par combien d'éditions elle a passé dans l'immensité des âges? Les déchirures des continents, les détroits, les golfes, les iles, les plateaux dans l'océan, ne sont que de vastes fragments sur lesquels, comme sur les planches de quelque vaisseau naufragé, les hommes des générations primitives qui avaient échappé à ces commotions, ont donné naissance à des populations nouvelles. Le temps, si précieux pour nous, créatures d'un moment, n'est rien pour la nature. Qui pourrait dire à quelle époque la terre subira de nouveau ces catastrophes auxquelles, je pense, elle est aussi exposée, dans ses révolutions annuelles, que les navires qui traversent les mers sont exposés à se briser sur un récif inconnu”.
Franklin aborda alors la troisième question : « Je vous soumeltrai quelques réflexions qui me sont venues à l'esprit à la lecture de mémoires récemment présentés à notre Société philosophique par les généraux Varnum et Parsons et par les capitaines Hart et Serjeant, concernant les camps retranchés et autres traces d'une population ancienne dont la tradition n'a transmis aucun souvenir à notre population indigène, En parcourant les parties de cet État (la Pennsylvanie) au delà des monts Alleghanys, nous lrouvons souvent sur les terrains élevés, près des rivières, des vestiges de parapets et de fossés couverts de grands arbres, Presque toute la presqu'ile de Muskingum ! est occupée par un vaste camp fortifié composé de trois enceintes carrées, dont l'une est en communication avec un ancien lit de la rivière. Les parapets sont en terre, on n'y a trouvé ni pierres taillées ni briques, Le centre est occupé par des élévations coniques dont le diamètre et la hauteur varient, »
Franklin se ralliait à l'opinion que ces enceintes étaient des cimetières; les ossements que l'on y a découverts sont convertis en matière calcaire, el le sol végétal qui couvre ces fortifications,