LES INDIENS A L’EST DU MISSISSIPI
Les environs de Québec peuvent encore montrer aujourd'hui quelques types de cette population primitive. D’autres, principalement des Wyandots, avaient émigré dans le pays des Chippewas, et de là s'étaient étendus peu à peu sur la rive méridionale du lac Érié. Le reste était venu se fondre par adoption dans les rangs de la nation victorieuse. Les Iroquois, depuis cette époque maitres incontestés du pays, avaient étendu leurs conquêtes ou plutôt leur influence dans toutes les directions. Organisés politiquement en confédération des Cing-Nations (Mohawks, Oneidas, Onondagas, Cayugas et Senecas), auxquelles vint se joindre au commencement du xvu‘ siècle une sixième nation, chassée de la Caroline du Nord, les Tuscaroras, ils étaient redoutés partout comme les plus vaillants et les plus habiles guerriers de la race indienne. Ils portaient leurs armes et leurs ravages jusque dans le New-Hampshire à l'est, jusqu'à la Virginie occidentale et au Kentucky au sud, et jusqu’à l'Illinois dans l’ouest. Ils réclamaient toute la péninsule du haut Canada, au nord des lacs, comme un terrain de chasse dont le droit de la guerre les avait institués seuls possesseurs. Pendant la lutte entre les Français et les Anglais sur le Saint-Laurent et l'Ohio, on les verra presque constamment prendre parti pour les derniers, et leur fidélité à cette alliance avec les colonies britanniques ne contribuera pas peu à l'affaiblissement et à la chute des établissements français sur le Saint-Laurent. On n'estime pas cependant à plus de 15 000 âmes le chiffre total de la population des Iroquois et à plus de 3 000 le nombre des guerriers que pouvait envoyer au combat cette célèbre confédération.
A l'ouest du Mississipi, la grande famille des Sioux ou Dakotas s'étendait des rives du Saskatchawan au nord à celles de l’Arkansas au sud, et détachait quelques rameaux à l’est du Mississipi. Leurs wigwams furent découverts dès le milieu du xvu' siècle par des trappeurs français et visités à plusieurs reprises à partir de cette époque par des Jésuites et tout d'abord par le père Hennepin. Ce n'est que depuis un demi-siècle que les Sioux ou Indiens du Far- West ont subi le contact des Européens. L'armée régulière des États-Unis a presque exclusivement pour raison d'être la nécessité de contenir leurs tribus ainsi que celles des Etats ou Terri-
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loires du Pacifique. Le chapitre des guerres indiennes, ouvert il y a deux cents ans, n’est pas encore complètement fermé aujourd'hui !.
Cherokees et Creeks.
Nous avons passé en revue jusqu'ici les tribus principales appartenant aux grandes familles indiennes de la partie septentrionale du continent anglo-américain, Algonquins, Hurons-[roquois et Sioux. Les deux grandes familles du sud sont les Cherokees et les Creeks-Muskogees. Les Cherokees habitaient la vallée supérieure de la rivière Tennessee et les hautes terres des Carolines, de la Géorgie et de l'Alabama, c’est-à-dire tout le massif montagneux qui termine du côté du sud la chaine des monts Appalaches ou Alleghanys et dont les eaux se dirigent vers le sud-est et le sud depuis le cap Fear jusqu'au delta du Mississipi. Les Cherokees, que l'on pourrait appeler les Suisses de l'Amérique du Nord, étaient d’ailleurs peu nombreux, comptant à peine de 12 à 15 000 âmes; leurs villes (assemblage de quelques huttes grossières), au nombre d'une cinquantaine, étaient disséminées dans les vallées innombrables de cette région, une des plus pittoresques et des plus salubres à l’est du Mississipi. De toutes les tribus indiennes, les Cherokees ont été les plus accessibles à la civilisation; plutôt cultivateurs que chasseurs, ils avaient un attachement profond pour leur pays; il fallut de longs efforts pour les en déloger et les reléguer sur le Territoire Indien, dans le Far West, où on les retrouve de nos jours. Au sud-est des Cherokees, habitaient les Uchees entre le Savannah et le Chattahoochee (nord de l’État de Géorgie). Ils se vantaient d'être les plus anciens habitants du pays; c'était une famille distincte dans la confédération creek, remarquable par son langage dur et guttural. Les Natchez vivaient sur la rive orientale du Mississipi, à quelque distance de son embouchure (sud-ouest de l'État du Mississipi). Le langage les distinguait comme les Uchees de toutes
1. Le chef sioux Sitting Bull est mort en 1890, dans les Black Hills (Dakota) comme le roi Philippe de Mount Hope était mort en 1676 aux portes de Boston et de Providence, pour la défense de ses terrains de chasse contre l'invasion des blancs.
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LES INDIENS A L ESW DU MISSISSEPI. 247 les tribus voisines, leur dialectem à aueune affinité étymologique avec les autres idiomes indiens. « Ce fait, dit Baneroft, a enflammé les imaginations et suggéré de nombreuses théories. On a fait venir les Natchez du Mexique et du Pérou. L'histoire ne les connait que comme une faible tribu oeeupant un étroit territoire autour du tertre où l’église chrétienne et les demeures des émiurants d'Europe ou d'Afrique ont déplacé le temple grossier de leur dieu Soleil et la hutte où s’abritaient les gardiens du feu sacré, »
En dehors des Uchees et des Natchez, tout le sud-est, le sud et l'ouest du pays environnant les Cherokees, c'est-à-dire le torriloire de la Géorgie, de la Floride, de l'Alabama, du Mississipi et du Tennessee, appartenait à la grande famille de nations parlant le langage mobilien (la langue muskogee-chocta de Gallatin), famille divisée en trois grandes confédérations qui existent encor: et dont la population s’est mème accrue : 1° les Chickas?s, dans l'ouest du Kentucky et du Tennessee et au nord de l'Etut du Mississipi; 2° les Choctas, à l'est du fleuve Mississipi et dans la vallée du Tombighee; 3° les Creeks ou Muskogees, occupant tout le sud-est du continent de l'Amérique du Nord, limitrophes des Choctas, des Chickasas, des Cherokees et des Anglais. Les Chickasas furent plutôt les alliés des Américains blancs, les Choctas des Français de la Louisiane, et les Creeks des Espagnols de la Floride. Aucune de ces confédérations ne comptait probablement plus de quatre mille guerriers. La plupart des tribus qui les composaient étaient adonnées à l’agriculture. Les Creeks passaient pour la nation la plus puissante. Ils secueillaient volonliers les fugitifs des tribus voisines et furer:i our les Américains de redoutables ennemis. Les Séminoles, que Jackson devait dompter, étaient une nation creek de la Fioride, plus sauvage que les autres, vivant de la chasse plutôt que de la culture du sol. Les Yamassees de la rivière Savannah étaient aussi des Ureeks,.
denrées :
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Documents et ouvrages à consulter.