CHAPITRE XVII
Les Indiens : — CoLnen (Cadwallader), History of the Five Nations, New-York, 4747. — Anam, History of the American Indiuns (principalement ceux du sud), 4775. — GALLATIN (A.), Synopsis of the Indian tribes of North America (American à Antiquarian Society). — HEckEWELDER, History, Manners and Customs of the LÈ Indian Nations, new ed., New-York, 1876. — Invixc (J.-T.), Sketches of the Ame- + rican Indians, Londres, 1835. — Mackenney and Hazz, History of the Indian tribes, : À 3 vol., Washington, 1838-44. — Cain, North American Indian Portfolio, Lon- AE à dres, 1844; Die Indianer Nord Americas, Bruxelles, 1848 ; nouv. éd., Londres, 1876.
È — Drake, History of the Indians, 11e éd., Boston, 1852; Old Indian Chronicle. — ScHooLcRarT (H.-R.), History, Condition and Prospects of the Indian tribes of ihe United States, 6 vol., in-#, Washington, 1851-55. — MaLLeny, The former and present number of our Indians, 1877.
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Champlain. Québec. La Compagnie de 1627. — Progrès très lents de la colonisation.
- L'œuvre des missionnaires, — Marquette et Joliet découvrent le Mississipi (1673, — Cavelier de La Salle (1667-1683). — Guerre contre les Iroquois (1683- 1689), — Le Canada et les colonies anglaises entraînés dans les guerres euro-
péennes (1689-1713).
Champlain. Québec. La Compagnie de 1627.
La chaine de hauteurs qui forme la ligne de partage entre les
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eaux se dirigeant vers l’est et le bassin des grands lacs et du s Saint-Laurent, opposa aux explorations des Anglais une bar- À ricre regardée longtemps comme infranchissable. Adonnés à À l'agriculture, aux pêcheries, au commerce maritime, les colons
élaient faiblement stimulés à pénétrer dans l'intérieur du continent. Le peu qu'ils en savaient à la fin du xvu° siècle leur venait des Indiens ou des Français. Au nord et à l'ouest de cette région marilime, grandissait cependant une puissance rivale qui devait disputer pendant plus d’un demi-siècle à la colonisation anglaise D la suprématie de l'Amérique du Nord et mettre plus d'une fois o en péril l'existence mème de ses établissements. « Tandis que la colonisation anglaise, attachée d'uhord au seul littoral, se développait de proche en proche, gardant ses éléments constitutifs étroitement serrés l'un contre l'autre, n'occupant que les espaces qu'elle était capable de peupler, les Français, emportés par une ardeur de découverte et par une indocilité de caractère, irritée
plus que contenue par la rigueur de leur administration, semblaient dévorer l’espace, se disséminaient en peu d'années dans les profondeurs des solitudes, arboraient leur drapeau sur les sites les mieux choisis des grands lacs et des rivières tributaires du Mississipi ; mais, incapables d'étreindre ce que leur ambition généreuse avait embrassé, il leur fallut, après une lutte glorieuse, céder à l'organisation mieux entendue, au génie méthodique et à la persévérance réfléchie de leurs adversaires ', »
Samuel Champlain avait fondé Québec en 1608. Les couleurs françaises flottaient depuis quelques années déjà à Port-Royal : dans l’Acadie. Sous l'influence de Marie de Médicis et de la marquise de Guercheville, les Jésuites, au commencement du règne de Louis XIIT, obtinrent certains privilèges commerciaux et allirent catéchiser les indigènes de la rivière Saint-Croix, plus à l'ouest encore ceux du Penobscot et du Kennebec appartenant à la tribu des Abénaquis. De Biencourt et Biart furent accueillis avec faveur par les Peaux-Rouges. En 1613, ils avaient déjà fondé un petit établissement nommé Saint-Sauveur, autour de la mission catholique. Un certain nombre d’Indiens avaient reçu le baptème, «t vénéraient le Père Biart comme un dieu. Champlain revint d'Europe en Amérique (1615), amenant avec lui dans la Nouvelle- France, entre autres colons, des moines franciscains. Allié des Hurons, il fut blessé dans une de leurs expéditions contre les Iroquois. Vrai chevalier errant, il courait les bois et les déserts, portant partout, jusqu'au lac Nipissing, la religion, le langage et l'influence de son pays. Il reçut de Montmorency, vice-roi du Canada (1620), l'ordre de bâtir un fort à Québec. C'était un projet qu'il avait lui-même concu depuis son premier voyage de 1604. Le château de Saint-Louis fut donc construit, Un catholique enthousiaste, Henri de Levi, nommé vice-roi, envoya des Jésuites au Canada (1625), ce qui causa d'assez vives dissensions, les Jésuites et les Franciscains étant peu disposés à s'entendre,
La colonie ne prospérait pas. Les marchands, actionnaires de la compagnie qui avait fondé Québec, n'avaient qu'un but,
1. Ad. de Circourt, Conclusions historiques (Wraduelion du volume X de G. Bancroft), 2, Plus tard Annapolis,
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vendre le plus cher possible des produits de qualité inférieure aux rares colons qu'ils transportèrent au Canada, et leur acheter des pelleteries au plus bas prix possible. Champlain, qui voulait fonder un empire, luttait contre cet esprit étroit; mais ses efforts étaient vains et ses protestations stériles. Peu de culture, peu de colons, quelque trafic avec les sauvages, une petite garnison dans un petit fort, voilà ce qu'était alors le Canada.
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ê " | À SAANIOCS TE [ON S riens Les établissements francais de 1608 à 1790,
Une compagnie nouvelle cependant fut formée en 1627. Richelieu el le maréchal d'Effiat en étaient les chefs, Parmi les associés, au nombre de cent sept, se trouvaient Champlain et le viceamiral de Rozilly, La déclaration autorisant les statuts de la compagnie est datée du camp de La Rochelle, mai 1628. La compagnie recevait en don du roi le Canada, Québec et toute la côte américaine, depuis le cercle arctique jusqu'à la Floride, avec deux navires de guerre et quatre coulevrines, et le monopole lu commerce des pelleteries et autres marchandises, pendant quinze ans, entre la métropole et la Nouvelle-France, En retour,
la compagnie s'engageait à transporter dans la colonie, la première année, trois cents personnes de tous les métiers, et quatre mille dans les quinze années suivantes. Elle devait nourrir les habitants de la Nouvelle-France pendant trois ans, et, ce temps écoulé, leur délivrer la quantité de terres défrichées nécessaire à leur subsistance. Un autre avantage réservé aux colons était que tout artisan obtenait la maitrise après un séjour de six ans dans la colonie. ?s nobles pouvaient entrer dans la compagnie sans déroger, et ie roi se réservait d'anoblir douze des associés. Un article qui indique suffisamment la date de la rédaction des statuts stipulait que tous les colons seraient catholiques et que la compagnie devrait entretenir trois missionnaires, pendant quinze années, sur chaque point qu'elle occuperait. Une clause, enfin, dont l'insertion fut due sans doute à l'initiative de Champlain, portait que les descendants des Français qui habiteraient le dit pays, et les sauvages qui seraient amenés à la connaissance de là foi et en feraient profession, seraient désormais censés et réputés naturels français ct, comme tels, pourraient venir séjourner en France comme bon leur semblerait « et y acquérir, tester, succéder, accepter donations et legs, tout ainsi que les vrais regnicoles et naturels français, sans être tenus de prendre aucune lettre de déclaration ni de naturalité ! »,
Ces statuts promettaient à la compagnie un avenir prospère. Malheureusement, quand tout était encore à l'état de promesse, la colonie tomba brusquement aux mains des Anglais.
Progrès très lents de la colonisation.
Exception faite de la petite station de Saint-Sauveur, la riviere Saint-Croix marquait la limite méridionale des établissements formés par les Français sous les noms de Nouvelle-France et d'Acadie, En dépit des droits antérieurs de la France sur ces territoires, Jacques 1" n'avait pas hésité à concéder en 1621 à un de ses favoris, sir William Alexander, gentilhomme écossais, auteur de tragédies pompeuses, tout le pays entre le Naint-Lau-