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rent et la baie de Passamaquoddy, qui figura désormais dans les cartes anglaises sous le nom de Nova Scotia. Le poète écossais reçut en même temps le droit de créer un ordre de baronets en Amérique, à l'instar de celui que Jacques [* venait de créer en Angleterre. Il tira un assez bean revenu de la vente de ses titres, mais ne vit jamais la Nouvelle-Ecosse et ne fit pas la moindre {entative pour la coloniser.
Le mariage de Charles E* avec Henrietie-Marie, fille de Henri IV, maintint pendant quelque temps la paix entre les deux puissances qui devaient se disputer le nord-est des États-Unis. Mais en 1627 la folie d’un Buckingham entraîna l'Angleterre dans un conflit, aussi futile que désastreux, avec la France, Peu heureux devant La Rochelle et à l'ile de Ré, les Anglais eurent plus de succès au delà de l'Océan. Port-Royal en Acadie tomba sans peine entre leurs mains; il n’y avait là, il est vrai, qu'une station de pèche. Dans le mème temps, un calviniste francais, au service de l'Angleterre, David Kirk de Dieppe, remonta le Saint-Laurent avec dix-huit navires et somma la garnison de Québec de se rendre. La garnison, qui comptait à peine cent hommes, n'avait ni vivres, ni munitions. Richelieu ne sut pas envoyer des renforts en temps opportun ‘ et Kirk, cent trente ans avant l'expédition de Wolfe, prit possession de Québec, c'est-àdire d'un rocher nu et de quelques huttes misérables. L'occupalion anglaise dura près de trois années; la paix avait été conclue deux mois avant la chute de Québec: mais ce fut en 1632 seulement, par le traité de Saint-Germain-en-Laye, que la place de Québec et le Canada, l'île du Cap-Breton et l'Acadie furent rendus à la France.
Champlain fut nommé gouverneur de la Nouvelle-France
«Les habitants se trouvèrent réduits à une ralion de sept onces de pain par jour el il n'y avait que cinquante livres de poudre dans les magasins; l'hiver fut long et rude; les colons eurent beaucoup à souffrir, Champlain restait inébrans lable, Des que la neige commenca à fondre, les pauvres gens s’en allèrent dans les bois cueillir des racines pour apaiser leur faim. On attendait des navires de France, el chaque jour les regards se tournaient vers le golfe, Soudain un eri de joie retentit dans la ville + une voile! une voile! Mais quel ne fut pas le désespoir de ces infortunés, quand ils s'aperçurent que ces navires n'étaient autres que ceux de Kirk, Toute résistance était impossible, I fallut se rendre (1629), après Fa tout le Canada tomba au pouvoir de l'Angleterre, » (Gaillet, Administration de Richelieu.)
(1633). IL revint à Québec avec une escadre et de nouveaux colons parmi lesquels plusieurs prêtres. Les fondations religieuses se multiplièrent. Un Jésuite, fils du marquis de Gamache, construisit un collège sur les pentes du cap Diamant. La duchesse d'Aiguilion fonda un hôpital et Mme de la Peltrie le couvent des Ursulines. En 1637 fut créé l'établissement de Silleri sur la rive gauche du Saint-Laurent; en 1632 s'élevrent les pri. mières maisons de Montréal !. Le fort Richelieu fut construit au confluent du Saint-Laurent et de la rivière Sorel. Champlain, le « père de la Nouvelle-France », était mort en 1635, laissant un nom que vénèrent les Canadiens et qui est reste cher aux Fran cais. Après lui, la colonie se développa peu à peu, bien lentement, ne suivant que de très loin l'exemple que donnaient dans le mème temps les colonies anglaises. Le Canada resta soumis, en effet, à un déplorable système économique et commercial. Les directeurs, précecupés de réaliser des bénéfices immédiats, négligeaieni l'agriculture pour s'adonner exclusivement au commerce des iourrures. Ce trafic était loin d'être toujours rémunérateur; les compagnies se ruinaient assez vite et se succédaient à de fréquents intervalles. De là, absence de toute politique suivie el prévoyante. Le résultat le plus net du monopole fut de favoriser, dans une large mesure, le commerce de contrebande avec les marchands anglais, qui achetaient plus cher les fourrures et vendaient à meilleur marché les liqueurs fortes dont les Indiens étaient etfroyablement avides, Une autre cause principale de lenteur dans les progrès de la colonie fut la prépondérance de l'esprit religieux dans la direction des affaires générales, Des
4. La ville Marie de Montréal eut pour fondateur en 1642 Paul de Chomedas, chevalier de Maisonneuve. Francis Parkman raconte, d'après les archives canadiennes, comment les choses se passèrent, C'est le 1S mai que débarqua Maisonneuve, [ se jeta aussitôt à genoux avec ses compagnons et ses serviteurs pour remercier Dieu, Pendant que l'on débarquait les armes, les tentes, les provisions, Mile Mance et Mme de la Peltrie, aidées d'une servante, Gharlotte Barre, élescrent un autel et l'ornèrent de fleurs, La compagnie fut réunie et le prêtre Vimont oflicia, Le bon curé déclara à ses fidèles qu'ils étaient comme un grain de senevé, que ce grain s'élèverait et croitrait jusqu'à ce que la terre fût couverte de ses branches, et que l'expédition avait été envoyée en Amérique pour fonder « le royaume de Dieu », Aujourd'hui encore les corporations religieuses possedent une grande partie de la ville de Montréal, qui compte 205 000 habitants, L'humoriste américain Mark Twain dit qu'à Montréal il est impossible de Janvcer une pierre dans les rues sans briser un vitrail d'église,
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grands seigneurs et des grandes dames de France ayant consacré des sommes considérables à la construction d'églises et à la fondation de couvents de divers ordres à Québec et à Montréal, l'influence du clergé devint exclusive; l'esprit d'initiative fut éloulté par les habitudes de dévotion soumise, implantées et développées par l’enseignement catholique. Cette prépondérance de l'Église provoqua d'incessantes querelles entre les gouverneurs de la Nouvelle-France, les ordres religieux et les conseils des compagnies en France.
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L'œuvre des missionnaires.
Si l'œuvre proprement dite de la colonisation ne fit longtemps que d'insensibles progrès, il en fut tout autrement de l'œuvre de propagation de l'influence française dans l'ouest encore inconnu de l'Amérique du Nord, par les explorations, les découvertes et les créations des missionnaires. Avant la conquête de Kirk les franciscains avaient déjà poussé assez loin leurs courses dans la région du bassin supérieur du Saint-Laurent. Arrètés dans la direction du fleuve Hudson par l'hostilité implacable des Mohawks, ils s'étaient tournés vers l’ouest et avaient atteint les rivières qui se jettent dans le lac Huron. Tandis que la baie de Massachusetts commençait à peine à recevoir des colons (1632), le Canada était rendu aux Français, et les Jésuites, avant obtenu le monopole des missions de la Nouvelle-France, se mirent à l'euvre avec une infatigable énergie. Brébeuf et Daniel remonrent (1634) la rivière Ottawa, atteignirent le « Lake Iroquoise », aujourd'hui « Georgian Bay », et y établirent six missions au
, Milieu des Hurons qui habitaient les rives de cette baie et celles
du lac Simcoe, Raimbault et Jogues suivirent dans des canots d'écorce la rive nord du lac Huron (1641), et parvinrent au pays des Chippewas près de la chute de Ste-Marie. Les Iroquois empèchuent les missionnaires d'étendre leurs excursions du côté des lacs Ontario et Érié, Les Mohawks venaient les inquicter jusque sur le cours du Saint-Laurent. Une de leurs bandes s'empara de Jogues revenant du pays des Chippewas. Il eut à subir
d'affreuses tortures, et ne dut son salut qu’à l'intervention du commandant hollandais de Rensselaerswyk. Dreuillettes réorganisa la mission établie sur le Penobscot (1645), et dont la fondation était plus ancienne que les établissements du Massachussetts et même que Plymouth. Les Jésuites, dont l'ascétisme dépassait la rigidité puritaine des ministres de la Nouvelle-Angleterre leurs contemporains, étaient plus doux, plus conciliants dans leurs rela- : MEN | tions avec les Indiens. Ils exigeaient moins des nouveaux conver- 4 tot | tis, et savaient leur inspirer l’amour de la religion, qu'ils leur
4 enseignaient en la leur montrant clémente et non revèche. Aussi réussirent-ils admirablement là où les puritains échouèrent. Il y avait dans la Nouvelle-France quelques douzaines d’apôtres aussi zélés et plus entreprenants qu'un Eliot .
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Les ennemis les plus redoutables des Français Canadiens étaient :
Î les Iroquois, cette confédération si redoutée sous le nom des Cinq- ‘
nt, 4 Nations : Senecas, Cayugas, Onondagas, Onéidas et Mohawks. ra
[4 Ils habitaient, ou plutôt leurs femmes, leurs enfants et leurs |
A | vieillards habitaient des villages fortifiés sur les bords des lacs et î h] des rivières qui arrosent le nord et l’ouest de l'État de New-York Ds
et dont les noms sont tout ce qui reste de leurs anciens possesseurs. Quant aux guerriers, qui surpassaient en vaillance, en
‘fl énergie, en férocité toutes les tribus de race algonquine dont ils (W | A étaient entourés à l'ouest, au sud et à l'est, ils étaient constum- Ci | (| ment engagés dans de sanglantes expéditions contre les Hurons 4 Tr NF et les Wyandots, habitant les rives du Saint-Laurent et le pays h. co EN } au nord du lac Ontario, et parlant un dialecte de la langue des À qu RU Iroquois. Les Français avaient trouvé dans les Hurons et dans les É sal }: Wyandots de fidèles alliés, et encouru par suite la haine implacable Ë d'é A des Iroquois. De 1646 à 1654, les Mohawks, pourvus d'armes à ni | ! | feu par les Hollandais, firent une gucrre acharnée aux Indiens e Tri alliés de la Nouvelle-France. Plusieurs missionnaires périrent, les
| les Pères Jogues, Daniel, Brébeuf, Lallemand, Garnier. Les 1 du
i || Hurons, chassés de leur pays, cherchèrent un refuge à l’ouest des 4 cou
Lu lacs Érié et Huron, et les Iroquois, maitres du haut cours du ; lac
1: | Saint-Laurent, firent trembler les colons dans Québec. De 1654 D cui | À l'ou:
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