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trouvés en très grande quantité sur le sol des États-Unis et qui
spécialement appelé l'attention du monde savant sur les mounds’
américains, c'est d’abord leur nombre vraiment extraordinaire et ensuite leurs dimensions et leurs formes. Il y en a plus de dix mille dans l'Ohio, autant peut-être dans l'Illinois; loute la vallée du Mississipi et de ses affluents en est couverte, En fait, la région des mounds s'étend des Montagnes Rocheuses aux monts Alleghanys et des Grands Lacs du nord-est au golfe du Mexique, ce qui ne veut pas dire que ces monuments curieux font lotalement défaut à l'est des Alleghanys et dans la région du Pacifique; ils y sont seulement moins nombreux. On a trouvé récemment encore des tumuli dans la vallée de la Rivière-Rouge du Nord, c'est-à-dire bien au delà de la limite que lon croyait avoir été atieinte dans cette direction par le peuple inconnu dont les mounds ont été l'œuvre el restent l'unique souvenir. Ces tertres sont construits avec une régularité géométrique. La forme la plus commune est celle d'un ou de plusieurs cônes tronqués, d'une hauteur variant de quelques pieds jusqu'à trente mètres, et entourés d'une enceinte construite de la mème façon, de dimensions très variables, ronde, carrée, ovale, rarement polygonale, parfois représentant avec plus ou moins de précision des figures d'animaux. Toutes les formes étant confondues et juxtaposées, on a multiplié les conjectures sur la destination de ces mounds, et l’on est convenu généralement de les répartir entre les trois genres suivants : sépultures, monuments religieux, forteresses. Les enceintes fortiliées sont plus nombreuses à l’est, à l’ouest et au nord que dans le centre et au sud. Il semble que le peuple des Moundbuilders ait eu longtemps à se défendre contre les attaques incessantes d'ennemis au milieu desquels il vivait ou qu'il avait refoulés en s'établissant dans la vallée du Mississipi.
L'existence des mounds semble avoir échappé à l'attention des premiers explorateurs européens. Cependant on trouve une allusion aux enceintes fortifiées dans l'histoire de la Floride de Garcilaso de la Vega et dans la chronique anonyme de l'expédition de Hernandez de Soto. De plus les observations faites par les voya-
geurs espagnols sur les mœurs des Indiens qui habitaient {a région du golfe et du bas Mississipi, sur leurs coutumes religieuses et notamment sur leur culte du soleil, ont permis d'établir entre quelques-unes des tribus indigènes du sud, comme les Natchez, et les Moundbuilders inconnus une relation dont les éléments font beaucoup plus défaut au nord entre les Peaux-Rouges actuels et leurs prédécesseurs dans l'occupation du sol.
Les mounds furent signalés au siècle dernier par Carver et Harte, puis au commencement du xix° par Brackenridge (Views of Louisiana, 181%). De 1845 à 1847 Squier et Devies firent des fouilles dans plus de deux cents mounds et adressèrent une description détaillée de ces ouvrages au Smithsonian Institute. Depuis cette époque, des fouilles ont été entreprises de tous côtés el d'innombrables travaux ont été publiés sur le sujet. Des milliers de tumuli ont été déjà détruits par les agriculteurs. L'emplacement de la ville de Saint-Louis en contenait un tel nombre que le nom de Mound City lui en avait été donné, Ils ont disparu presque tous aujourd'hui. Le bas Missouri parait avoir été un des centres principaux de population. Les formes des mounds sont en général moins étranges au nord de l'Ohio que dans le Far West où abondent les figurations de mammifères, d'oiseaux et de reptiles. Presque toujours ces constructions ont été élevées le long des cours d’eau, au confluent de deux rivières. Dans certaines fortifications on distingue encore des tranchées, des passages couverts, se prolongeant jusque sous le lit des rivières, des postes d'observation, des murailles concentriques.
Un groupe des plus remarquables est celui de Newark (vallée du Scioto, affluent de l'Ohio). Il comprend un octogone couvrant cinquante acres, un carré de vingt acres, deux cercles de vingt el de trente acres; les murs en terre ont quatre mèlres de haut sur douze de large à la base. La longueur totale de l'enceinte dépasse trois kilomètres. En decà des murs sont des mounds de forme étrange, l’un d'eux figurant une énorme patte d'oiseau. Dans certaines de ces constructions, que l’on suppose avoir eu une deslinalion religieuse, on a trouvé des dalles de pierres plates ou d'argile durcie au soleil, véritables autels sur lesquels étaient visibles encore des traces de feu.
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Parmi ies figures le plus souvent représentées se trouvent des tortues, des lézards, des oiseaux, des élans, des ours, des panthères, des hérons, des grenouilles. Dans la plupart des cas la ressemblance est vague, et la définition de l’animal figuré exige de la part de l'observateur beaucoup de bon vouloir. On cite toutefois, pour la précision relative des formes, l'alligator de Granville (Ohio), le lézard du comté de Licking, un singe de cent soixante pieds de long, le grand serpent de Brush Creek (Ohio) de sept cents pieds, qui parait avaler un œuf de proportion correspondante, une figure d'homme dans le nord du Wisconsin.
Les fouilles pratiquées sous ces mounds ont-elles livré le secret de leurs constructeurs? On a trouvé presque partout des débris de poterie attestant, dit M. de Nadaillac ', une supériorité incontestable de la céramique américaine sur celle de l'Europe dans. la
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mème période de développement. Elle était façonnée avec une argile grise, foncée, mélangée de sable. Les fragments découverts
remontent certainement à une é e reculée. Ils se rencontrent
très rarement avec des objets en métal, souvent avec des haches,
des couteaux ou des flèches en silex ressemblant à ceux de l’âge de pierre des régions européennes. La poterie du Missouri est supérieure à celle de l'Illinois ou de l'Ohio. Celle du Michigan est la plus grossière. D'autre part les fragments de poterie découverts sous les shellmounds d'Omory au Japon ont de frappantes analogies avec les poteries des mounds gmériçains. Les formes sont très variées ainsi que les couleurs, appliquées après la cuisson et s’effaçant rapidement à l'air : vases à goulot, marmites avec couvercle, terrines, lampes; dans les mounds servant de
. sépulture, des urnes pour renfermer les cendres après la crémation,
en usage chez ce peuple primitif. Des artisans habiles à pétrir l'argile ont façonné les goulots et les anses en figures de toute sorte, serpents, ours, poissons, grenouilles, hiboux, chouettes, canards, puis des têtes, des bustes, des corps entiers d'hommes et de femmes, les uns d'un type presque purement caucasique, d'autres de véritables caricatures.
Ces Moundbuilders étaient d'intrépides fumeurs. Les pipes
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