‹ Histoire des États-UnisChapitre 104 sur 119 · Hildreth, t. U, p · texte numérisé non relu

Hildreth, t. U, p

2. Il en était autrement dans les colonies françaises, espagnoles, portugaises, races moins Gères, moins rudes, mais plus chrétiennes, et qui considéraient comme une bas>esse et comme une cruauté qu'on pût laisser ses enfants dans la servitude.

378 HISTOIRE DE LA FONDATION DES iTATS-DNIS.

Que dis-je? chrétien. Les planteurs de la Caroline furent tourmentés de la crainte que le baptême n'affranchit l'esclave, et, par conséquent, ils furent partagés entre leur avarice et leur scrupule religieux. Un acte législatif de 1712 calma leur inquiétude; voici la conclusion hypocrite de cette loi, où la religion n'est que dans les mots :

« Gomme la charité et la religion chrétienne que nous professons (il serait difficile de le croire en lisant cet acte, car les mahométans sont bien autrement doux pour leurs esclaves que n'étaient ces pieux Américains) nous oblige à désirer le bien des âmes humaines, et afin que la religion ne serve pas de prétexte pour attaquer le droit et la propriété de personne, et en môme temps pour que personne ne néglige de baptiser ses nègres ou ses esclaves, dans la crainte que ce baptême n'emporte afi'ranchissement et liberté, il est dès à présent déclaré licite à tout nègre ou esclave de recevoir et de professer la foi chrétienne, et d*ôtre baptisé; mais le baptême et la profession de foi chrétienne ne feront point que Tesclave soit affranchi ou mis en liberté *. »

Il y a loin de cette doctrine à la doctrine chrétienne, si nettement formulée par saint Paul :

K II n'y a ni Juifs, ni Gentils, ni esclave, ni libre, ni homme, ni femme, mais vous n'êtes tous qu'un en Jésus-Christ. »

Sans doute saint Paul, venu au milieu d'une société remphe d'esclaves, n'appelait point ces malheureux à l'insurrection, il renvoyait à Philémon un esclave fugitif*, en lui recommandant de recevoir Onésime comme

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