‹ Histoire des États-UnisChapitre 11 sur 119 · dollan (5,000 itMCè) dans l'État de NewXotk · texte numérisé non relu

dollan (5,000 itMCè) dans l'État de NewXotk

diate du juge, et garantit à tout accusé un prompt interrogatoire qui facilite ou sa mise en accusation, ou sa . mise en liberté.

Hormis les crimes capitaux avérés, la liberté sous caution est de droit, et, d'après la constitution, cette caution ne doit pas être excessive. Aux États-Unis, on n'a point le triste exemple de ces emprisonnements préventifs qui dépassent en durée la peine même qu'encourrait l'accusé s'il était reconnu coupable. Par ces rigueurs inutiles, par cette torture préparatoire, la justice chez nous n'est plus la justice, c'est une vengeance ; aussi, quand arrive le jour du jugement, tout l'intérêt se porte-t-il sur le coupable qui vient s'asseoir sur les bancs de la cour d'assises, pâle, épuisé, et comme ayant déjà expié sa faute et payé sa dette à la société par les souffrances d'un long emprisonnement.

C'est ainsi qu'en exagérant les moyens on dépasse le but ; on énerve la répression en croyant la fortijQier . Et cette vérité même que nous poursuivons, combien n'en rendons-nous pas la découverte difflcile, en terrifiant l'accusé, en le séquestrant, en le séparant de ses conseils, de ses amis, de ses papiers, en le forçant à fuir pour éviter la prison, en le contraignant d'attendre à l'étranger, pendant des années entières, les résultats douteux d'une instruction sans contradicteur, quand sa présence eût souvent en peu de mots désarmé l'accusation et peut-être confondu la calomnie !

De pareils exemples ne sont pas rares *, il serait facile de mettre un nom sous chacune de ces allégations; et si les partis, en arrivant au pouvoir, n'oubliaient point

CONSTITUTION AMERICAINE, UTILITÉ DE SON ETUDE. i3

le passé, ou songeaient à Tavenir, il y a longtemps qu'en des temps de révolution comme les nôtres, on eût, ne fût-ce que par prudence, emprunté ces pra- '• tiques libérales à l'Angleterre et à l'Amérique.

Je ne vous parle point de la liberté industrielle, de la liberté du travail, plus considérable, mieux entendue aux États-Unis qu'en France. Quoique l'économie politique rentre dans notre domaine, par la part chaque jour plus grande qu'elle prend dans la législation, je ne veux pas empiéter sur le ressort d'un homme qui honore cette chaire par son courage et son talent. C'est à M. Michel Chevalier qu'il appartient de vous dire comment la liberté est une puissance économique non moins qu^une force politique, et comment, dans des conditions naturelles qui ne seront pas trop inégales, le pays le plus libre deviendra nécessairement le plus riche. Mais, parmi les sujets de réflexion que nous présentent les États-Unis, j'en choisirai encore un d'un intérêt actuel^ la liberté des cultes.

Aux États-Unis, la liberté des cultes est absolue. On n'a pas seulement séparé comme chez nous, ou plutôt essayé de séparer le spirituel du temporel. L'État ne connaît pas l'Église; ce sont les fidèles de chaque communion qui payent le culte et le pasteur. On tient que c'est une tyrannie de contraindre un homme à soutenir de son argent une croyance qui n'est point la sienne -, car c'est le rendre complice malgré lui de l'erreur et de la superstition.

Cette séparation absolue date de la révolution américaine; elle est considérée comme une covi<^^^ ^^^

14 mSTOIRS DE LA FONDATION DES ÉTATS-UNIS»

moins précieuse que celle de riodépendance ; et Jefferson qui en fut un des plus ardents promoteurs, Jefferson deux fois président, demandait qu'on mit sur son tombeau, pour illustrer sa mémoire, non pas le titre des places qu'il avait occupées, mais Tinscription suivante qui retraçait les plus grands actes de sa vie, les ^ plus grands, en effet, pour qui considère le résultat : \

GI-OIT THOMAS JBFFSBfiON>

AUTEUR DB'LA DÉCLARATION DE l'iNDÉPENDANGE AKÉRIGAINB»

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