PRÉFACE. V
constants, et à qui je dois ce qu'il y a de bon dans ce livres je joignis tout ce que je pus trouver de documents originaux et de biographies, j'eus bientôt une bibliothèque assez considérable pour oser croire que rien d'essentiel ne m'était échappé, et que je pouvais remplir le premier devoir d'un professeur en apportant au public la vérité.
Uauditoire n'était pas nombreux , et le maître était bien novice; mais le sujet était si grand et les circonstances si sérieuses que ce cours fut suivi , ce me semble, avec un intérêt particulier. Pour moi, je m'y attachai avec passion; je ne sais ce qui m'instruisit le plus, ou de l'histoire des Colonies, ou de la Révolution, ou de la façon dont se fit cette Constitution admirable qui a donné aux États-Unis une prospérité sans exemple, et qui après soixante ans est plus jeune et plus populaire que jamais.
L'histoire des Colonies m'introduisit dans un monde nouveau. L'Amérique comprend la liberté tout autre*ment que ne fait la France : au fond c'est la liberté anglaise; mais comme aux Ëtats-Unis il n'y a ni aristocratie ni formes gothiques pour l'envelopper, on en voit mieux toute la simplidté et toute la grandeur.
En France on n'a mis la liberté que dans la charte; il a toujours semblé qu'avec deux Chambres, une loi
1. Je n'ai pas cité H. Bancroft aussi sonyent que j'aurais dû la fSsiire. Il eût fallu mettre sou nom à chaque page ; mais je n'avais paa toujours marqué les citations dans les notes qui ont servi à la rédaction de mon cours, et c'est ainsi que plus d'une fois il ne m'a pas été posdble de dire à qui J'empruntais le récit des événements. Je n*entends en rien méconnaître la grandeur de mes obligations, et Je répète que J'ai presque toujours suivi l'excellente Histoire de M. Bancroft. Le contrôle même auquel J'ai soumis ce livre ne m'en a qiie mieux démontré le mérite,
ou