‹ Histoire des États-UnisChapitre 38 sur 119 · De la Démocratie en Amérique^ I, p · texte numérisé non relu

De la Démocratie en Amérique^ I, p

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plus éloigDés, et ont fini, si je puis m'exprimer ainsi, par pénétrer la. confédération entière. Ils exercent maintenant leur influence au delà de ces limites, sur tout le mfonde américain. La civilisation de la Nouvelle-Angleterre a été comme ces feux allumés sur les hauteurs, qui, après avoir répandu la chaleur autour d'eux, teignent encore de leur clarté les confins de Fborizoa. »

Une seule idée avait conduit ces émigrants dans le nouveau monde, celle de fonder une pure Église. Cette seule idée leur a suffi pour établir une colonie au milieu d'obstacles qui eussent glacé l'âme d'hommeâ ordinaires, malgré la faim, le froid, la maladie, les Indiens, les bêtes sauvages. S'ils ont conquis ce sol ingrat, s'ils ont ouvert la voie à ce vaste courant d'émigration qui ne s'est point arrêté depuis plus de deux siècles, c'est que la foi les a soutenus au milieu des périls et des ennuis de la solitude, et leur a donné cette force qui transporte les montagnes et féconde les déserts.

Ce sont eux, qui, sous le nom de religion, ont porté en Amérique, ont planté, fécondé ce germe de démocratie qui doit couvrir le monde de ses rameaux. Ils ont dû leur courage et leur vertu à la pensée qu'en usant leur vie sur ces rochers, ils travaillaient pour Dieu et pour la chrétienté.

« De grandes choses, disait Bradford, un des premiers gouverneurs, de grandes choses sont sorties de faibles commencements, et comme un petit flambeau en peut allumer des milliers d'autres, ainsi la lumière qui part d'ici luira pour un grand nombre d'hommçs, et peut-être pour toute notre nation. »

ce Frères, écrivaient aux pèlerins si rudement éprouvés les puritains qui étaient restés en Angleterre; frères, ne vous affligez pas d'avoir été des instruments pour rompre la glace devant les autres. L'honneur sera vôtre jusqu'à la fin du monde. » Us avaient raison. Tant que les États-Unis n'auront pas perdu la mémoire de leur origine, ils entoureront d'un respect filial le souvenir de ces apôtres de la civilisation, de ces héros chrétiens à qui leur patrie d'adoption doit sa prodigieuse fortune. Ce sont eux qui, au prix de mille souffrances , ont enraciné sur une terre ingrate des croyances sérieuses, des mœurs sévères , véritables fondements , conditions essentielles de la liberté et de la démocratie, car sans ces deux ancres modératrices, la liberté tourne à la licence, et le gouvernement populaire, dénaturé par les passions mauvaises, s'abîme enfin dans l'anarchie.

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