‹ Histoire des États-UnisChapitre 48 sur 119 · Bancrofty I · texte numérisé non relu

Bancrofty I

en 1636 avec ses adhérents dans la fertile vallée du Connecticut, où déjà étaient entrés quelques pionniers hollandais de Manhattan (aujourd'hui New-York).

Pour s'établir il fallut lutter contre les Indiens Pequod, et faire une guerre sanglante qui ne finit que par l'extermination des sauvages. Maîtres enfin de ce domaine qui appartenait en partie au Massachusetts, et en partie à lord Warwick , les émigrants , sans trop s'inquiéter du titre primitif, s'organisèrent comme la colonie de Plymouthet de-Rhode-ïsland, par une association volontaire , et un contrat^e gouvernement.

Cette constitution fut toute puritaine et toute démocratique; l'esprit de religion et l'esprit de liberté s'y déployèrent jusqu'à l'extrême.

Le droit électoral fut donné à tous les citoyens qui avaient prêté serment de fidélité à TÉtat. Les magistrats et la législature furent choisis annuellement au scrutin, et les représentants furent partagés entre les districts (towns) proportionnellement à la population.

C'était, comme on voit, une parfaite démocratie; aussi le Connecticut, comme Rhode-lsland, a-t-il attendu près de deux siècles avant de changer sa constitution , et encore les altérations qu'on y a introduites n'ont guère touché que la liberté religieuse; quant à la liberté politique, elle ét^it trop complète pour qu'on y pût rien ajouter.

En ce qui concerne Torganisation religieuse de la plantation, et la sévérité des mœurs et des idées puritaines, les lois de la colonie de New-llaven, établie à la

CONNECTICUT, NEW-HAVEN. j 175

même époque et dans le même pays, en diront plus que toutes les réflexions.

En 1638 une émigration puritaine alla fonder New- Haven sous la conduite de son pasteur John Davenport, et de l'excellent Théophile Eaton, qui pendant vingt ans, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, fut chaque année élu gouverneur par le respect de ses administrés.

Les colons tinrent leur première réunion sous un chôn«. Davenport leur fit un long sermon pour leur dire que, comme le Fils de l'homme, ils étaient conduits dan^ le désert pour y être tentés. Après un jour de jeûne et de prièrci ils établirent leur première forme de gouvernement par cette simple convention : qu*ils seraient gouvernés par les règles de l'Écriture. La charte du Connecticut portait également que le gouverneur et les assistants administreraient la justice suivant les lois établies dans la colonie » et à défaut de lois établies , suivant la règle instituée par la parole de Dieu*.

Quand un an plus tard la colonie voulut se donner une constitution plus complète, les fidèles serviteurs de celui qui était né dans une étable s'assemblèrent dans une grange ; là, par Tinfluence du ministre Davenport, il fut solennellement reconnu que TÉcriture était la règle parfaite d'un État; que la pureté de la foi et le maintien de la discipline étaient la grande fin de l'ordre civil , et que par conséquent les membres de TÉglise pouvaient seuls avoir le droit de cité.

On élut ensuite un comité de douze mejubres pour

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