‹ Histoire des États-UnisChapitre 49 sur 119 · I. Slory · texte numérisé non relu

I. Slory

176 fflSTOIRE DE LA FONDATION DES ÉTATS-UNIS. \

choisir sept personnes chargées d'organiser le gouvCTnement; Eaton, Davenport et cinq autres furent élus et nommés les sept piliers de la nouvelle maison de sagesse dans le désert.

En août 1639, les sept piliers y ayant achevé leur œuvre , convoquèrent en assemblée générale tous les membres de TÉglise , expliquèrent d'après les sacrés oracles quel était le caractère des magistrats civils et ordonnèrent des élections annuelles. La parole, de Dieu fut de nouveau proclamée la seule règle des affaires publiques. C'est ainsi que New-Haven fit son code de h Bible, et prit les saints pour électeurs.

Les villes qui s'établirent dans le voisinage s'organisèrent sur le même plan ; chacune d'elles fut une maison de sagesse, reposant sur ses sept piliers, et aspirant à être éclairée par la lumière éternelle . Les planteurs se préparaient pour la seconde venue du Messie qu'ils attendaient avec confiance, tout en étendant la colonisation dans le fertile pays où rien ne troublait leur progrès.

Cette organisation empruntée de la Bible et qui nous transporte à tant de siècles en arrière, est plus sensible dans les colonies naissantes de New-Haven et de Connecticut que dans l'État de Massachusetts; mais à Boston, comme à Hartford, comme à New-Haven, c'est le même esprit, le même sentiment religieux.

Dans les trois colonies, par exemple, on avait admis régale succession des fils, suivant la coutume anglaise des terres tenues en commun socage ou roturièrement, mais on donnait double part à l'aîné , non point par

CONNECTJCUT, NEW-HAVEN. 177

une iilc3 aristocratique, mais parce que la loi juive l'ordonnait ainsi.

En Massachusetts, comme à New-Haven, le droit criminel était emprunté littéralement du Lévitique et de l'Exode.

L'idolâtrie, la sorcellerie, le blasphème, la trahison, le meurtre, le faux témoignage, l'adultère, la révolte du fils en certains cas, étaient punis de mort, parce que Moïse l'avait ainsi ordonné; quant au vol, les lois de Massachusetts refusent de le considérer comme un crime capital, malgré les prescriptions des lois anglaises, par cette raison, est-il dit, que 7ious lisons autrement dans les saintes Écritures.

Dans une société où la Bible était la loi de l'État , où le magistrat et le prêtre se confondaient, c'était une conséquence toute naturelle que la morale , qu'on ne séparait point du culte, fût dans les attributions de Fautorité. De là une suite de règlements touchant la ▼ie privée qui nous étonnent par leur rigueur, et nous révoltent par leur cruauté.

U n'est point de péché que dans la Nouvelle-Angleterre on ne punît de la main du magistrat; on a vu que l'adultère emportait la mort. Ce châtiment , ce n'était pas seulement, comme dans nos lois, la vengeance de Fépoux outragé, c'était encore la punition du péché. L'historien de Massachusetts , Hutchinson, nous rapporte à la date de l'année 1643, un exemple singulier de cette confusion de la morale et du droit S

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