Remontrances à la cour des aides
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KOUVEIiE-AHGLETERRE.
qu'aux senlimeuls de citoyen ; on a pour ainsi dire inteTdit la nalJoD entière, et oo lui a donné des tuteurs.
Ainsi , l'histoire et la raison s'accordent à prouver <jue, pour qu'un peuple soit libre et prospère, c'est dans les institutions communales qu'il faut enraciner la liberté. C'est là son véritable sol ; jusque-là tout est plus apparent que réel ; il y a des administrés, il n'y a pas de citoyens.
Une autre institution qui achève de caractériser k Nouvelle-Angleterre, c'est la place qu'on y a toujours donnée à l'éducation du peuple. C'est la gloire du protestantisme que ses auteurs reconnurent dès le premier jour l'importance et la sainteté de l'enseignement. Luther surtout comprit quelle est la force d'un pareil levier. Traduire la Bible, la mettre dans toutes les mains, élever jusqu'à ce livre sacré toutes les intelligences, ce fut pour lui une pensée constante, et la première condition de la réforme. Aussi a-t-il parlé de l'éducadon avec cette ardeur qu'il portait en toutes les choses qui touchaient à la religion.
Je voudrais, dit-il dans ses Propos de table, que personne ne pût être nommé prédicaleur avant d'avoir ilé maître d'école... Le travail est grand, quoique le monde ne l'estime guère... Si je n'étais point prédicateur, je ne connais point d'état que je préférasse; il ne faut point considérer comment le monde
I le paje et le considère, mab comment Dieu l'estime, et com-
, ment il le récompensera au dernier jour.
C'est Luther, c'est Mélanchthoa son disciple, qui, en Allemagne, ont été les vrais fondateurs de l'enseigne-
342 HISIDIRE DE Lk FOlTDATIOir DES fTAT^-UBlB.
meDt du peuple ; leur pensée tU encore dans les écoles et chez les gouvernements d'outre-Bhin.
Hais si la réforme a donné le branle à Téducation du peuple, la politique a complété cette œuvre; on a senti en Amérique que là où Findividu est souverain, le premier intérêt de la nation, c'est que le souverain soit éclairé.
Dès 1647, la cour générale du Massachusetts rendait une loi concernant l'éducation ; cette loi renferme les dispositions les plus libérales. Cette faveur est, du reste, concevable, car il ne faut pas oublier que la colonie se composait en général dlionmies instruits, et qui de plus s'étaient librement choisi leur religion, ce qui suppose une force de réflexion inséparable d'une éducatioo sérieuse.
Le préambule de la loi est singulier, mais il étonnera moins à présent qu*on sait que chez les puritains la religion était toujours l'enveloppe de la liberté.
Attendu, dit la loi, que Satan, l'ennemi du genre humain, trouve ses plus puissantes armes dans l'ignorance de6 hommes, et qu'il importe que la science ne soit pas entenée dans les tombeaux de nos pères; attendu que l'éducation des enfants est un des prenners intérêts de TÉtat : nous ordonnons, etc.
Suivent des dispositions qui enjoignent à toute commune réunissant cinquante feux d'établir un maître pour apprendre aux enfants la lecture et l'écriture. Chaque commune de cent feux doit entretenir une école de gi^ammaire , c'est-à-dire une école latine , avec un
maître assez instruit pour mettre les jeunes gens à même d'entrer à l'université.
Les magistrats municipaux doivent veiller à ce que les parents envoient leurs enfants aux écoles.
Aucun des frères, dit la loi^ ne doit souffrir qu'il y ait assez de barbarie dans une famille pour qu'on n'y apprenne pas aux enfants et aux apprentis à lire parfaitement la langue anglaise i.
Les magistrats ont le droit de prononcer des amendes contre la négligence , et si elle continue , la société , se mettant alors à la place de la famille, s'empare de l'enfant, et enlève au père le droit que la nature lui a donné, mais dont il ne veut pas ou ne sait pas user.
Et ils ont raison ces législateurs primitifs ! Je n'ai jamais compris l'opposition à l'éducation primaire obligatoire, j'entends par là, comme on le fait en Prusse, l'obligation imposée au père de famille d'envoyer son enfant dans une école gratuite. Il ne peut être permis à personne, dans la cité, de tenir un homme, un citoyen futur, dans Tignorance et la brutalité, et d'élever ainsi un ennemi pour la société^.
Le droit du père à F éducation de son fils est sacré sans doute ; mais c'est un droit de direction et rien de plus. Il est, on l'accorde, le maître d'élever son fils à