‹ Histoire des États-UnisChapitre 71 sur 119 · NOUVELLE- JERSEY. 4. DELAWARE. 5« PEMSTLYANIE · texte numérisé non relu

NOUVELLE- JERSEY. 4. DELAWARE. 5« PEMSTLYANIE

Messieurs,

Nous avons vu dans la dernière leçon comment Charles II, s'appuyant sur la découverte de Cabot, concéda au duc d'York, son frère, le territoire occupé depuis plus de quarante ans par la colonie hollandaise de la Nouvelle-Belgique. Ce territoire était beaucoup plus considérable que celui de l'État de New- York; il s'étendait jusqu'au fleuve Delaware; mais, dès l'année même de la concession, c'est-à-dire en 1664 et avant l'expédition qui devait assurer ses droits, le duc d'York avait cédé le pays compris entre l'Hudson et le Delaware à deux seigneurs anglais que nous retrouverons parmi les propriétaires de la Caroline : lord Berkeley et à!t George Garteret. On nomma cette province la Nouvelle- Jersey (en latin Nova Cœsarea), en l'honneur de Carteret, gouverneur de Jersey pendant la guerre civile, et qui le dernier avait amené le drapeau royal; et ainsi la NouveUe-Belgique fut partagée en deux colonies â&

noms différents, celle de la Nouvelle-Tork et celle de la Nouvelle-Jersev.

Les propriétaires de cette dernière province, désireux de peupler le pays où déjà s'étaient répandus des Suédois et des Hollandais, se hâtèrent d'accorder la liberté de conscience et la liberté politique à tous ceux qui viendraient habiter la plantation. La liberté, c'était déjà Tappàt le plus puissant de la colonisation, et en effet il y eut un moment où les colons de New-York émigrèrent dans une proportion menaçante pour s'établir dans rÉtat nouveau où ils trouvaient les libertés que leur refusait le duc d'Tork.

En i676, les propriétaires se partagèrent la concession; la Nouvelle-Jersey fît deux États : celle de Test fut assignée à Garteret ; quant à celle de l'ouest, lord Berkeley la vendit pour mille livres sterUng à une compagnie de quakers, qui, eux aussi, demandaient à l'Amérique un abri pour leurs opinions persécutées. A la tête de cette compagnie était Guillaume Penn^ H y eut alors entre les quakers et lord Carteret une émulation des plus favorables à la liberté ; ce fut à qui renchérirait en fait de privilèges accordés aux planteurs. Par exemple, dans les deux colonies ce fut à l'assemblée qu'on remit toute l'autorité; la Nouvelle- Jersey fut dès l'origine une démocratie.

Cette division d'un même pays entre deux compa-

1. Pour attirer les colons, les qoakers propriétaires publlèreoi uoe description de la NouYcUe-Jersey et de ses avantages, qnl a été publiée dans Y Amérique anglaise de Richard Blome, traductioo flrançalie, à Amsterdam chez Wolfgang, 1688, in«12, p. 94 et raiT.

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gaies, les dîfâcultés que soulevait la concession faite par le duc dTork, la jalousie du roi qui voulait faire rentrer toutes les colonies sous son pouvoir direct, amenèrent en 1683 l'annexion de la Nouvelle- Jersey à New-York et à la Nouvelle-Angleterre. Quand la révolution de 1688 rendit la province aux concessionnaires, ils trouvèrent coûteux et difficile le gouvernement d'un pays haBitué à s'administrer soi-même et qui contestait même les droits seigneuriaux fort légers que, sous le nom de Quitrent, se réservaient les fondateurs ^ Ils rendirent donc tous leurs pouvoirs politiques à la reine Anne, en avril 1702, tout en se réservant leurs droits comme propriétaires du sol.

Depuis cette époque jusqu'à la révolution de 1776, la Nouvelle-Jersey fut une province royale, administrée par un gouverneur et un coiiseil nommés par la couronne, et par une assemblée générale nommée par les planteurs. La liberté de conscience fut garantie à tous les habitants, les catholiques exceptés comme toujours.

Peuplée en grande partie par des émigrants de la Nouvelle-Angleterre et des quakers, habituée de longue main à la démocratie, la Nouvelle-Jersey se fit toujours remarquer par son attachement jaloux à la liberté; aussi joua-t-elle un rôle des plus actifs et des plus énergiques dans la révolution. Elle fut une des premières à voter l'indépendance, une des premières à adopter la constitution fédérale.

On voit que l'histoire de cette plantation n'est pas

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