DELAWARE
Ton Teut du modèle anglais, et non pas du projet que Penn avait élaboré. Quant à la tolérance, lord Baltimore et Roger Williams l'avaient établie avant le quaker, et dans le même esprit de douceur ils avaient aussi respecté le titre indien.
Toutefois un homme ne marque pas ainsi dans l'histoire sans avoir quelque droit d'y laisser sa trace ; si Penn ne fut pas le premier à proclamer ces glorieux principes de justice et de liberté, il en fut certainement un des défenseurs les plus éclairés et les plus énergiques, n consacra à leur triomphe sa fortune et sa vie; fl fut l'apôtre de la tolérance et de la liberté; c'est un nom dont à juste titre l'Amérique peut se glorifier : heureux pays qui compte tant de héros pacifiques et pas un conquérant !
Guillaume Penn, né à Londres en 1644, était le fils unique du vice-amiral Guillaume Penn, brave marin qui, sous Cromwell, avait conquis la Jamaïque, et que plus tard Charles II fit chevalier pour le récompenser des succès qu'il avait remportés sur les Hollandais, notamment lors d'un combat livré en 166S sous les ordres du duc d'York. Élevé à Oxford, le jeune Penn avait dès sa première enfance été séduit par le sermon d'un quaker. '^Chassé de l'université et de la maison paternelle, c'était en France, à Saumur, qu'il était venu étudier les doctrines calvinistes ; mais , de retour en Angleterre, il s'était, au grand désespoir de sa famille, enrôlé paribi les quakers proscrits comme des infidèles; il avait partagé avec eux l'apostolat, les persécutions et la prison.
La mort de son père le rendit possesseur d'une fortune considérable, et créancier de la couronne pour une somme de seize mille livres sterling. A une époque où l'Amérique sans habitants était aussi sans valeur, où la province du Maine venait d'être vendue au Massachusetts pour un peu plus de mille livres , ce n'était point une ambition exagérée chez Penn que de demander au roi une concession de territoire comme payement d'une dette qu'on différait indéfiniment d'acquitter ; aussi le prodigue Charles II crut-il faire un marché d'or en cédant à Penn le territoire compris entre le Mavylaiod et le Delaware. La concession fut faite comiue d'une terre dépendant de Windsor, en frar^ et corn* mun saccage y et à charge de payer de^ux peaux de castor par an ^ Ce fut le roi qui donna à la nouvelle pro- WAce le nom de Pensylvanie, non pas en Thonneur du nouveau propriétaire, mais en l'honneur des grands mérites et fidèles services de l'ancien et fidèle serviteur de la couronne, l'amiral Penn.
Au bord du Delaware i^ y avait déjà une colonie de Suédois envoyés par le chancelier Oxenstiern, qui avait ainsi exécuté une des grandes pensées de Gustave- Adolphe. Mais la triste situation de la Suède avait laissé cette plantation sans défense ; les Hollandais l'avaient conquise en 1655 et réunie à la Nouvelle-fielgiqiie. Bepuis la soumission de la Nouvelle-Amsterdam à l'Angleterre, la colonie suédoise se trouvait donc comprise dMa& la charte du duc dTork. Pend obtint la conces«