‹ Histoire des États-UnisChapitre 78 sur 119 · Banerofl, II · texte numérisé non relu

Banerofl, II

pensables de la législation coloniale, on peut dire que la Pensylvanie fut dès le premier jour une démocratie représentative* .

Au Maryland, le Conseil était nommé par lord Baltimore, en Pensylvanie il était élu par le peuple. Au Maryland, le choix des magistrats et des moindres fonctionnaires appartenait aux propriétaires; en Pensylvanie, Penn ne pouvait élire ni un juge ni un constable; le gouverneur seul était à sa nomination, mais ce gouverneur ne pouvait rien faire sans le Conseil élu par le peuple ; enfin lord Baltimore avait un droit person-

!• Penn rayait bien entendo ainsi, car dans les instraeUooi rédigées par Furly, son agent en Hollande, pour être répandues en Earope, on trouve le passage suivant (|e garde la.TieiUe tradueUoiifriBçaise) :

« Les émigrants seront regardés comme vrais habitants ; ils «iiOBt droit de suffrage, non-seulemeut pour Télection des magistrats du liM où ils demeureront, mais aussi pour celles des membres du coniefl de b province et de l'assemblée générale, lesquels deux coUéges, eu^oli* tement avec le gouverneur, font la souveraineté. Et ce qui est bien di- Tantage, ils pourront être élus pour exercer quelque charge, sila eom* munauté du lieu où ils résideront les en Juge capables, etoela deqoelfW nation ou religion qu'ils puissent être.

« Les magistrats de ces deux souverains collèges, savoir le eomett d'État et rassemblée générale qui se fera tous les ans à Jour préflx«nii qu'il soit nécessaire pour cela d'aucun mandement spécial du gouvep» neur, seront élus par les communautés tant des bourgeois des viOei que des habitants de la campagne, ce qui se fera par ballotes (6*08(4dire au scrutin secret], de sorte que les habitants de cette colonie ne pourront avoir aucuns souverains magistrats que ceux mêmes qa*ili auront choisis, et cela d'une certaine manière que, tant les élus que les exclus, ne pourront point savoir ce qui aura été fait en leur Ikvsar ou contre eux, afln d*obvier par là aux hahies et animosités qui m pourraient naître. Et si quelqu'un se comporte mal pendant l'année de son administration, on en peut choisir un meilleur l'année suivante. • (Ce dernier paragraphe est le premier chapitre de la consUtntion de PcDs^lvanle,)

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nel sur Texportation du tabac, et la colonie était grevée d'impôts, tandis que Penn refusa un semblable revenu, et qu'on ne connut point de percepteurs dans sa province.

Tel fut le gouvernement de la Pensylvanie. « Il est très-beau, disait près d'un siècle plus tard le grand Frédéric, il est très-beau, pourvu, ajouta- t-il et non peut-être sans quelque ironie, pourvu qu'il dure K y> ^

Voltaire avait plus de confiance, et dans ses Lettres philosophiques^ publiées en 1727 à son retour d'Angleterre, il parle avec éloges des quakers de la Pensylvanie. On sent un admirateur sincère sous ce masque sardonique qui cache une âme passionnée pour la tolérance et la liberté!

« J'aime les quakers. Oui, si la mer ne me faisait pas un mal insupportable, ce serait dans ton sein, ô Pensylvanie I que j'irais finir le reste de ma carrière, s*il y a du reste. Tu es située au 4o« degré, dans le climat le plus doux et le plus favorable , tes campagnes sont fertiles, tes maisons commodément bâties, tes habitants industrieux , tes manufactures en honneur. Une paix éternelle règne parmi tes citoyens ; les crimes y sont presque inconnus, et il n*y a qu'un seul exemple d'un homme banni du pays : il le méritait bien, c'était un prêtre anglican qui, s'étant fait quaker, fut indigne de l'être. Ce malheureux fut sans doute possédé du diable, car il osa prêcher Tintolérance ; il s'appelait Georges; Keitb. On le chassa ; je ne sais pas où il est allé, mais puissent tous les intolérants aller avec lui !

a Aussi, de trois cent mille habitants qui vivent heureux chez toi, il y a deux cent miUe étrangers. On peut pour

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