I. B^ûcroft, II
douze guinées acquérir cent arpents de tvès-bonne terre; et dans ces cent arpents on est véritablement roi, car on est libre, on est citoyen. Vous ne pouvez faire de mal à personne et personne ne peut vous en faire; vous pensez ce, qu'il vous plaît et vous le dites sans que personne vous persécute ; vous iie connaissez point le fafdeau des impôts continuellement redoublés; vous n*avez point de cour à faire; vous ne redoutez point rinsolence d'un subalterne méprisante »
Dès que la nouvelle se répandit en Europe que Guillaume Penn, le quaker, avait ouvert un asile aux pauvres et aux opprimés de toute nation*, dès qu'on y connut les conditions libérales du concessionnaire, il se fit une émigration considérable de TAngleterre, de rÉcosse, de l'Irlande et surtout des bords du Rhin, où Penn lui-même avait répandu par sa prédication la doctrine des Amis. Cette dernière émigration fut assez nombreuse pour qu'en i7S0 on se demandât laquelle des deux races l'emporterait dans la colonie, et si depuis cinquante ans l'Ouest a détourné le courant de l'émigration, il n'en est pas moins resté à la Pensylvanie un caractère germanique des plus prononcés.
Avec une pareille affluence, les progrès de la colonie furent autrement rapides que ceux de la Nouvelle-Angleterre ou l'intolérance effrayait l'émigration. Philadelphie ou la ville do la fraternité, dont Penn avait luimême fixé la situation pour en faire ime grande ville